Ivan Bagryany : chasseur de tigres ukrainiens

Ivan Bagryany : chasseur de tigres ukrainiens
le 06 octobre 2016.

Les Ukrainiens n’ont commencé à lire Ivan Bagriany, écrivain, essayiste et dramaturge qu’à partir de 1991, soit 28 ans après son décès. Bagriany est devenu écrivain lors de la renaissance ukrainienne des années 1920. Dès 1926, il publiait ses poésies et poèmes. À cette année il a rejoint le MARS (Atelier de l’art révolutionnaire), un cercle littéraire indépendant qui a par la suite été dissout par le gouvernement soviétique et dont les membres ont été persécutés. Une fois libéré, il a déménagé en Galicie, puis ensuite en Allemagne.

Son œuvre la plus célèbre « Chasseurs de tigres » est étudiée dans les écoles. Mais cet écrivain qui a rédigé des œuvres puissantes et remarquables sur les camps de travail soviétiques et a édité un journal ukrainien en Allemagne reste encore peu connu du grand public.

L’année 2016 représente le 110ème anniversaire de la naissance d’Ivan Bagriany. La télévision Hromadske a publié un article réunissant 11 faits importants sur sa vie d’écrivain.  L’UCMC a raccourci et traduit cet article.

1) Son vrai nom est Ivan Pavlovytch Lozoviaga. Il est né le 2 octobre 1906 à Okhtyrka, aujourd’hui dans la région de Sumy. Hormis le pseudo Bagryany, il utilisait également d’autres pseudos : «Ivan Polyarny» et «Quarante –quarante».

2)Sa première activité artistique était la peinture. En 1926 il est entré à l’Institut des beaux-arts de Kiev, mais on ne l’a pas laissé défendre son mémoire à cause de son de «manque de fiabilité politique».

3)En 1932, Bagriany a été arrêté et emprisonné car ses poèmes étaient jugés «contre révolutionnaires ». Il purgé sa peine au BAMLAG (camp de travail pénitentiaire de Baїkal et Amoursk).

4)Il a réussi à s’échapper et a vécu pendant deux ans à Zeleny Klyn, territoire peuplé d’ukrainiens situé en Extrême-Orient. Ses souvenirs de cette période de sa vie ont été décrit dans son roman «Chasseurs de tigres » qu’il a rédigé en deux semaines.

5)Lors de la Seconde Guerre mondiale, Ivan Bagriany a coopéré avec l’Organisation des nationalistes ukrainiens (ONU) et l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Il a établi des relations avec l’ONU depuis Okhtyrka. Après avoir déménagé dans la région de Lviv en 1943, il a produit des dépliants antifascistes, des affiches peintes et a écrit des chansons satiriques.

6)En 1944 il a émigré en Allemagne. L’une des raisons de cette émigration est un désaccord avec la direction de l’UPA. Il vivait alors dans un camp pour personnes déplacées à Neu-Ulm.

7)En 1946 il a fondé en Allemagne le journal «Oukrainski vists » ( Nouvelles ukrainiennes), dont il a été le rédacteur en chef de 1946 à 1963. Il a également diffusé quelques publications aux éditions (« Ukraine, Prometheus»), qui ont publié de la littérature interdite en URSS ainsi que des traductions d’œuvres littéraires ukrainiennes en langues étrangères.

8)En 1950, il a édité en France son roman «Gethsémani». Dans cette œuvre il décrit en détail les interrogatoires et les tortures utilisées par le NKVD, ainsi que son quotidien dans les camps de travail. Le célèbre « Archipelag Goulag » n’a vu le jour que 23 ans plus tard.

9)Il était parmi les fondateurs de trois organisations ukrainiennes à l’étranger. Il s’agit du parti Ukrainien Démocratique Révolutionnaire (URDP), de l’Union de la jeunesse démocratique ukrainienne (ODUM) et Mouvement Ukrainien Artistique (MUR). Ce dernier s’est transformé en Union des écrivains ukrainiens « Parle » aux États-Unis.

10)Ivan Bagriany était l’un des premiers à déclarer ouvertement que les divisions ukrainiennes se sont battues au côté de l’Allemagne nazie. Dans son roman « Ronde de fer », il a décrit une bataille sous Brody durant laquelle l’armée soviétique a affronté les unités ukrainiennes faisant partie de l’armée allemande.

11) Il est mort en 1963 et a été enterré à Neu Ulm (Allemagne). Sur sa pierre tombale sont gravées les paroles de son poème « Porteurs d’épée » : « Nous sommes. Étions. Et nous serons ! Et notre Patrie est avec nous».

photos:www.ukrlib.com.ua

Partager sur les réseaux sociaux

Вконтакте Twitter