«J’aide des personnes sans-abri et j’en suis heureuse», Vita Prokopchuk, fondatrice de l’initiative «Puisque nous comprenons».

«J’aide des personnes sans-abri et j’en suis heureuse», Vita Prokopchuk, fondatrice de l’initiative «Puisque nous comprenons».

Vita Prokopchuk, fondatrice de l’initiative artistique «FreeUkrainka» a lancé, il y a un an, un projet caritatif «Puisque nous comprenons» qui a pour but de préparer des repas pour les sans-abri. Tous les samedis, avec ses amis, elle prépare des repas individuels et les offre aux sans-abri dans les rues de Kyiv. Pour l’édition spéciale «Les bénévoles» de l’UCMC, Vita a accepté de donner une interview.

Comment est née l’initiative caritative «Puisque nous comprenons »  et comment fonctionne-t-elle?

L’objectif de cette initiative est de nourrir des sans-abri. Mes amis et moi préparons des repas chauds à base de céréales ou de pommes de terre avec des légumes et quelques sucreries. Comme nous ne savons pas depuis combien de temps, ils n’ont rien mangé , nous essayons de faire des repas complets, sans viande ni poisson.  Nous utilisons des assiettes jetables, les fermons avec un emballage alimentaire et leur apportons dans la rue.

Je ne donne jamais d’argent, car je ne peux pas savoir ce que cette personne s’achètera: des cigarettes, de l’alcool ou un couteau pour voler les gens ? Je ne fais qu’offrir des repas à ceux qui ont faim.

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D’où vient le nom de votre initiative «Puisque nous comprenons» ?

Parce que nous comprenons ces gens-là, parce que nous comprennons leur tristesse et leur douleur.

Pourquoi avez-vous choisi d’aider des sans-abri ? Vos proches et vos amis vous soutiennent-ils ou bien vous critiquent-ils ?

J’ai décidé d’aider des sans-abri il y a un an. À cette époque-là, je vivais une période très difficile. Quand j’ai commencé à aider, je me suis rendue compte qu’aucun bien matériel ne pouvait offrir un tel plaisir et une telle satisfaction que le remerciement des personnes à qui j’offrais à manger. J’ai compris qu’il fallait continuer. Je fais tout par moi-même, j’achète des produits, je les fais cuire, je mets les repas préparés dans des assiettes, comme je le fais pour ma famille et mes proches. Il faut aussi trouver des sans-abri qui ont faim et savoir les approcher. Certaines personnes ont peur de venir les voir, mais croyez-moi, il ne faut pas avoir peur. Maintenant, les sans-abri me connaissent et m’attendent. Je donne aussi à ceux qui ne sont pas des sans-abri, mais qui ont peu de moyens et ne peuvent pas toujours s’acheter à manger.

Je pense qu’on peut aider n’importe qui et rendre, à sa façon, le monde un peu meilleur. Par exemple, si vous êtes de mauvaise humeur, allez nettoyer le bas de votre immeuble et vous vous sentirez mieux tout de suite. Je veux que les gens n’oublient pas qu’il ne faut pas cracher dans la rue, qu’il ne faut pas être indifférent mais qu’ il faut être bon, charitable, se respecter et respecter le pays où l’on habite et si possible, aider aussi ceux qui en ont besoin.

Quant aux critiques, mes proches et mes amis ne m’en font pas. Cependant, si j’entends une critique, je réponds : « Oui, j’aide des personnes sans-abri et j’en suis heureuse».  De toute façon, nous ne pouvons pas critiquer ces gens-là, car nous ne savons pas pour quelles raisons elles se sont retrouvées dans la rue. Tout le monde a le droit d’être soutenu et respecté.

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Et ceux que vous aidez ? Comment réagissent-ils à votre action ?

Quand j’offre à manger à ces gens-là, je n’arrête pas de pleurer. Si vous voyiez leur réaction, leur émotion, leur bonheur et leur façon de me remercier…Au début, ils n’arrivaient même pas à croire que cela était pour eux et que cela était gratuit. C’est un vrai cadeau pour eux. Certains me disent : «Je voulais tellement manger, j’étais vraiment mort de faim ». Quand je les regarde manger les repas que j’ai préparés, j’ai beaucoup de plaisir. Rien n’est comparable à cela. Je ressens une vraie bouffée d’énergie. Je sais qu’ils ont besoin de moi.

Je veux dire qu’aider les autres est une source de développement personnel, bien plus importante que d’acheter des bijoux ou des produits de beauté. Quand nous aidons les autres, nous leurs offrons du bonheur et nous devenons plus heureux aussi. Être heureux dans la vie ne dépend que de nous.

Vous dirigez aussi un projet artistique «FreeUkrainka». Pourriez-vous en parler davantage s’il vous plait?

Oui, ceci est aussi mon projet personnel qui a pour but d’offrir une possibilité à de jeunes artistes talentueux de se faire connaître. Nous soutenons ces artistes qui ont vraiment du talent, mais qui n’ont pas les moyens de se payer les services d’un manager professionnel.  Donc, nous leur proposons une plateforme pour leur performance et nous organisons des événements différents pour que ces artistes puissent se faire connaître auprès du grand public.


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Tout le monde peut se joindre à l’initiative «Puisque nous COMPRENONS» pour aider les personnes sans domicile fixe. Des actions pour aider les personnes sans domicile fixe «Puisque nous COMPRENONS » ont régulièrement lieu à Kiev.

 

 

 

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