Le prix du blocus. Qu’est-ce que l’Ukraine a à perdre?

Le prix du blocus. Qu’est-ce que l’Ukraine a à perdre?

Le blocus du Donbass dure depuis presque 2 mois, mais aujourdhui, cela est surtout devenu la politique officielle de l’État. Auparavant, le principe qui consistait à imposer un blocus du transport de la marchandise sur les territoires occupés était la position des anciens combattants dAydar, appuyée par certains députés de «Samopomitch ». Désormais, cest au tour de Petro Porochenko de proposer au Conseil de la sécurité nationale et de la défense dintroduire larrêt total du transport. Le Conseil de la sécurité nationale et de la défense a approuvé cette proposition.

Quel est le prix du blocus pour lUkraine? Quel est limpact dun pareil dispositif sur l’économie? Comment lUkraine fait-elle pour se passer du charbon issu du territoire non-contrôlé? LUCMC essaie de trouver des réponses à ces questions.

Combien est-ce que nous perdons : les déclarations. Les fonctionnaires ukrainiens ont exprimés leur opposition au blocus et ont assurés que le dispositif coûtait cher à l’économie ukrainienne. À titre d’exemple, Volodymyr Groisman, Premier ministre de l’Ukraine a déclaré : «Nous perdons entre 2 et 4 milliards de hrynias tous les mois. C’est le prix des dommages causés par le blocus ». Les médias ont même mentionnés des sommes supérieures, évoquant jusqu’à 36 milliards de hryvnias. Selon les experts, cette dernière somme ne correspond cependant pas à la réalité.

Des impôts perdus. Les dommages principaux engendrés le blocus sont des impôts perdus, car le contribuable principal des impôts sur le territoire non-contrôlé est le groupe SKM de Rinat Akhmetov, oligarque ukrainien. Le blocus était aussi un prétexte que les leaders des LDNR ont utilisé pour commencer la «nationalisation » des toutes les entreprises ukrainiennes se trouvant sur le territoire occupé à partir du 1er mars. Le 2 mars, ils ont publié la liste de toutes les entreprises «nationalisées », dont la plupart appartenaient à Rinat Akhmetov.

Selon le service de presse du SKM,  en 2016, les entreprises du groupe étant restées sur le territoire non-contrôlé ont payé 3,5 milliards de hryvnias au budget ukrainien. Cela ne fait que 10% du montant total des impôts payés par SKM en 2016. Donc, le sujet des impôts est un peu exagéré : la plupart des entreprises d’Akhmetov continuent de payer les impôts sur le territoire ukrainien.

Les chaînes industrielles rompues. Une autre source de perte importante provoquée par le blocus est la rupture de plusieurs chaines industrielles, qui peuvent conduire à la dégradation de l’industrie métallurgique. Il existe un certain nombre de marchandises industrielles que l’Ukraine achetait sur les territoires non-contrôlé et qui sont d’une importance cruciale pour l’industrie. Selon les données d’Ukrzalyznytsya, en 2016 le transport ferroviaire a acheminé 13 424,7 tonnes de cargaison du territoire contrôlé par l’Ukraine sur le territoire non-contrôlé. Sur le territoire non-contrôlé on transporte le minerai de fer (45,5%) et le charbon (44,5%). Sur le territoire contrôlé, on transporte 19 422,4 tonnes de cargaison : charbon (61,6%), les métaux ferreux (20%), le coke (7,8%). Les entreprises métallurgiques sur le territoire non-contrôlé sont un membre à part entière des entreprises intégrées verticalement telles que SKM. Elles ne peuvent fonctionner toutes seules. Les capacités du SKM ne sont pas suffisantes pour la rupture des chaînes industrielles. Les experts soulignent : même si elles trouvent des matières premières et résoudront le problème avec des moyens logistiques, elles perdront tout leur avantage du prix, ainsi que leur compétitivité, conduisant de facto à une très grande baisse de la production.

Les recettes en devises étrangères et la stabilité de la hryvnia. Est-ce que situation aura un impact sur les recettes en devises étrangères ? Selon Olexandre Parachtchiy, expert de l’entreprise Concorde Capital, les dommages généraux subis par l’Ukraine dans la balance commerciale ne dépassent pas 5% des recettes en devises et s’élèvent à 150-170 millions de dollars par mois. Si le prix de l’acier et du minerai de fer ne chute pas, alors l’Ukraine a une chance d’augmenter les exportations en 2017, de près près de 10% – estime l’expert.

Pour résumer la situation est désagréable pour l’économie, mais il n’y aura pas d’effondrement. Selon les pronostiques les plus pessimistes, le maintien du blocus pourrait ralentir la croissance économique à 1,5% en 2017.

La dépendance du charbon danthracite : le trou noir à prévoir? Environ 15% de l’énergie ukrainienne est produite par les centrales thermiques anthracite. Selon le ministère de l’Énergie, le 3 février les centrales ont brûlé tous les jours 37,8 mille tonnes d’anthracite et 54,8 mille tonnes de gaz de charbon. Avec cette consommation sur la période du blocus,les réserves d’anthracite auraient dû être réduites presque à zéro, mais cela ne s’est pas produit. Pourquoi?

Cela a été possible grâce à plusieurs facteurs.

  1. Réduction de la consommation quotidienne. La consommation quotidienne d’électricité a diminué de 11,3%. Ce résultat a été rendu possible par l’augmentation des heures de jour.
  2. La production de l’énergie nucléaire a augmenté de 12% – de 258 millions de kWh à 291 millions de kWh. Le 18 Février a en outre été un record – près de 302 millions de kWh d’électricité produite.
  3. Une plus grande productivité des centrales hydroélectriques en comparaison avec 2016. En 2017 ils produisaient 32,8 millions de kWh en moyenne par jour, tandis qu’en 2016 seulement 18,8 millions de kWh. Le 24 février 2014 ils ont produit 35,3 millions de kWh.

En conséquence, la part de la production thermique dans le solde quotidien du système énergétique a chuté de 39% en periode du 26 Janvier au 24 Février Cela a réduit la consommation d’anthracite de 59%: de 37,8 mille tonnes 3 février à 15,4 mille tonnes le 24 février, le gaz de houille – 37%: de 54,8 milliers de tonnes à 34,7 mille tonnes. Ainsi, au début du mois de mars, les réserves de charbon anthracite et de gaz de houille ont  diminué, mais pas beaucoup, de 12% et 3% respectivement.

Ainsi, malgré les intimidations du gouvernement, la plupart des Ukrainiens n’ont pas été confrontés aux conséquences du blocus : ni les pannes de ventilateur promises, ni les  taux de change instable. Selon les experts, la question du blocus est davantage associée à des intérêts privés et politiques des individus plutôt qu’à l’économie du pays.


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