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Une nouvelle confrontation avec la Pologne: «la loi anti-Bandera»

Une nouvelle confrontation avec la Pologne: «la loi anti-Bandera»
Kiev, le 06 février 2018.

Quel est le sens de la nouvelle loi? Dans la nuit du 1er février, le Sénat polonais a approuvé une nouvelle version de la loi sur «l’Institut de la mémoire nationale». Selon cette nouvelle version, évoquer les «camps de concentration polonais» ou nier «les crimes des nationalistes ukrainiens» peut entraîner une responsabilité pénale. La loi doit encore être signée par le président polonais Andrzej Duda: il a 21 jours pour le faire.

Comment la loi fonctionnera-t-elle? En vertu de la loi, ceux qui emploient publiquement l’expression «camps de concentration polonais» et reconnaissent la complicité de la Pologne ou des Polonais dans l’Holocauste pourront être poursuivis en justice. La punition prévoit un emprisonnement d’une durée de trois ans et la responsabilité peut également être exercée contre ceux qui ne sont pas en Pologne.

Réaction internationale: Israël. Une fois la loi adoptée, Israël a annulé la visite du président du Bureau de la sécurité nationale à Jérusalem. Les médias ont également annoncé que le pays avait l’intention de prendre la décision de rappeler son ambassadeur de Pologne.

La réaction de Porochenko: «partialité». Le président Petro Porochenko a souligné que le projet de loi n’était pas conforme aux principes du partenariat stratégique entre l’Ukraine et la Pologne et a appelé la partie polonaise «à l’objectivité et au dialogue».

La réaction du ministre des Affaires étrangères Klimkine: «pour un dialogue égal». «Nous avons toujours parlé et préconisé un dialogue égal et un partenariat stratégique avec la Pologne, mais nous n’acceptons pas le langage des interdictions et des restrictions», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Pavlo Klimkine. Il a également remarqué que l’idée de reconnaître une nation comme criminelle ne mènerait nulle part.

La réaction du directeur de l’Institut de la mémoire nationale: une menace pour les Ukrainiens en Pologne. Le directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, Volodymyr Viatrovitch, a noté que cette loi polonaise était principalement dirigée contre les Ukrainiens qui vivent en Pologne et qu’elle était soutenue par les forces pro-russes.

La «préoccupation» de l’OSCE. L’OSCE également est préoccupée par l’adoption en Pologne de la loi sur l’Institut de la mémoire nationale. «L’histoire est une question de recherche scientifique indépendante et de libre discussion, pas une décision judiciaire. La loi doit être rejetée comme une restriction disproportionnée de la liberté d’expression. Ce n’est que lorsque les déclarations sont une incitation à la violence ou à la discrimination qu’elles peuvent être criminalisées», a déclaré Harlem Désir, représentant de la liberté de parole de l’OSCE.

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