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Ukraine/Autriche, Sociologie/Familles des militaires, Radio Vesti/Analyse, Anticorruption/NABU

Ukraine/Autriche, Sociologie/Familles des militaires, Radio Vesti/Analyse, Anticorruption/NABU
Kiev, le 13 février 2018.

La situation dans la zone du conflit

Les mercenaires russes continuent d’employer des armes interdites par les Accords de Minsk : tous les jours, ils utilisent des mortiers de calibre 82 et 120mm, le 7 février, ils ont utilisé des missiles anti chars et le 8 février – l’artillerie de calibre 122mm et chars. Le 9 février, les garde-frontières ukrainiens se sont retrouvés sous les tirs d’armes de chasse en provenance du territoire de Russie.
L’OSCE. La semaine dernière, la mission de l’OSCE a enregistré une augmentation  de 30% des violations du régime du cessez-le-feu comparativement à la période précédente. La mission a également enregistré 91 cas d’utilisation d’armes interdites par les Accords de Minsk, 56 unités d’armes placées avec violation de la ligne de démarcation, dont 49 sur les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien. Le drone de l’OSCE a filmé 7 systèmes de canons d’artillerie situés parmi les habitations de  Makiyivka contrôlée par les combattants pro-russes. L’OSCE a également confirmé l’information concernant 3 enfants blessés à Krasnogorivka le 6 février.


«La Garde céleste»: ce que les proches des militaires morts à la guerre pensent de la situation dans le pays 

«Dzerkalo tyzhdnya», édition influente russe et un projet caritatif «La Garde céleste» ont initié un sondage sur plus de 1000 familles de militaires tués sur le front. Le sondage a été réalisé par KMIC.
Selon les résultats, 60% des répondants font porter la responsabilité du décès de leurs proches sur les autorités : 34% sur les autorités russes, 13% sur les autorités ukrainiennes, 13% sur les commandants et 5% sur ceux qui se battent aux côtés des Républiques séparatistes autoproclamées.
La plupart des répondants (75%) estiment que le décès de leurs proches n’a pas été vain. Environ 60% des répondants estiment que ceux qui se sont battus contre les militaires ukrainiens ne méritent pas de pardon, tout autant que les chefs des Républiques autoproclamées. La majorité absolue veut que les organisateurs du référendum soient punis.
Par ailleurs, 75% estiment qu’après sa libération, le Donbass devrait avoir les mêmes droits et les mêmes pouvoirs que toutes les autres régions ukrainiennes et 58% pensent qu’en mars 2014, l’Ukraine aurait dû commencer à se battre pour reprendre la Crimée. Seuls 4%  pensent que la guerre dans le Donbass est une guerre civile.


La diplomatie au bal: que signifie la visite de Petro Porochenko en Autriche? 

La semaine dernière, Petro Porochenko, Président ukrainien, s’est rendu à Vienne, capitale de l’Autriche.  Certains médias ukrainiens ont ironiquement écrit sur l’événement, qualifiant les visites de «bal» d’insignifiantes et de divertissantes. Certains ont vu dans l’évasion du président de vrais problèmes dans le pays. L’ambassadeur d’Ukraine en Autriche, Olexandre Scherba, a donné une explication, publiée dans l’édition en ligne de «Oukrainska Pravda».

Le bal comme une prolongation de la politique et de la diplomatie. Le bal de Vienne n’est pas vraiment un bal, mais la suite de la politique et de la diplomatie, affirme l’ambassadeur. Selon les règles de la cérémonie, le chef de l’État autrichien n’a le droit d’inviter qu’un seul chef d’un autre État. Le chef du gouvernement ne peut inviter qu’un seul chef d’un gouvernement étranger et il en est de même pour le ministre des Affaires Étrangères de l’Autriche. Être un invité du Président autrichien est un grand honneur. Donc, cette visite signifie beaucoup pour l’Ukraine.

Ce qui a été convenu. Alexander Van der Bellen, Président autrichien, se rendra en Ukraine à la mi-mars pour une visite officielle. Lors de cette visite, l’Ukraine et l’Autriche vont signer un Accord sur la coopération dans les domaines de la culture et de l’enseignement et sur la création d’un Institut ukrainien à Vienne. Le président autrichien viendra en Ukraine, accompagné d’une délégation du monde des affaires, pour participer à un Forum économique à Kyiv.

Ce que Porochenko a dit. L’Ukraine est satisfaite du développement de ses relations avec l’Autriche et espère le soutien de Vienne en ce qui concerne le règlement de la situation dans le Donbass. «Nous avons eu des entretiens fructueux et utiles avec M. le Président, nous avons discuté et célébré le 25ème anniversaire du renouvellement des relations diplomatiques entre nos pays et l’expansion de la coopération économique», a déclaré Porochenko lors d’une conférence de presse commune avec son homologue autrichien. Selon le Président ukrainien, le commerce entre les deux pays a augmenté de 17% depuis l’année dernière.

Ce qu’a dit Sebastien Kurz, chancelier autrichien. Sebastien Kurz, chancelier autrichien  a évoqué son soutien à l’idée de l’introduction d’une mission de paix dans le Donbass et la participation probable de l’Autriche dans ce projet. « Le gouvernement autrichien va soutenir cette idée. Je me rends compte qu’il faudra de longues négociations et plusieurs pas à faire pour arriver à réaliser cette idée », a-t-il déclaré.


La lutte contre la corruption. Le NABU et le Bureau du Procureur: la trêve ou la fin du conflit? 


Ce que dit le NABU. Le 8 février, Artyom Sytnik, directeur du Bureau national de lutte contre la corruption a donné une conférence de presse sans préciser pourtant, s’il y avait des enquêtes ouvertes relatives aux  personnes de l’entourage de Porochenko. Il a aussi déclaré qu’actuellement, le Bureau n’est plus en  conflit avec le Bureau du Procureur général, mais ne l’exclut pas à l’avenir. « Je ne suis pas certain que ce qui s’est passé au mois de décembre ne se répétera pas. J’espère que les politiciens seront plus équilibrés dans leurs convoitises et prudents dans leurs déclarations. Et alors tout ira bien, il n’y aura pas de conflits », a déclaré M. Sytnik, ajoutant que le NABU« n’entrait jamais en conflit avec qui que ce soit».

Ce que dit le Bureau du Procureur général de l’Ukraine. Yuriy Loutsenko, Procureur général de l’Ukraine, a déclaré que sa confrontation avec le NABU était une erreur qui ne devrait plus se reproduire. Les sources diplomatiques confirment que les politiciens ont tiré des conclusions des événements de décembre 2017.


Le blocus de «Radio Vesti»:  le retour de l’intimidation des médias?

Le 8 février, le local de « Radio Vesti », radio ukrainienne, a été bloqué et les journalistes n’ont pas pu rentrer. «Radio Vesti» et le journal «Vesti» font partie de la même entreprise, sauf que la radio a la réputation d’un média objectif et équilibré. D’ailleurs, «Radio Vesti» employait  Pavlo Cheremeta, journaliste bélarusse, tué à Kyiv en 2016.

Les déclarations à propos de la pression sur les médias. Les journalistes déclarent qu’il s’agit d’interférences dans leur activité professionnelle. Oksana Omeltchenko, rédactrice en chef de la radio, a déclaré que le matin, les employés ne pouvaient pas accéder à leurs bureaux et les avocats ne pouvaient pas accéder aux lieux de perquisition.  Depuis quelques années, l’entreprise «Vesti» a eu beaucoup de problèmes financiers et réglementaires, notamment sa licence, qui n’a pas été  prolongée.  La rédaction de «Vesti» a déclaré à plusieurs reprises que toutes les prétentions à son égard ont un caractère politique et incarnent un exemple de pression sur les médias indépendants. L’OSCE a également déclaré que la pression sur les médias étaitintolérable.

A qui appartient «Radio Vesti»? L’entreprise médiatique est associée à l’ancien ministère des Revenus de l’époque de la présidence de Yanoukovitch, Olexandre Klymenko. Depuis 2014, Olexandre Klymenko vit à l’étranger, bien qu’il ait tenté de participer à la politique ukrainienne, en créant le parti Ouspichna Kraina. L’ancien ministre nie toutes relations avec cette entreprise, en dépit du fait qu’elle soit dirigée par sa compagne Olga Sementchenko.

Des médias objectifs ou instruments politiques? Il est difficile d’accuser «Radio Vesti» d’idéologie ou de négligence. Le média emploie de nombreux journalistes professionnels qui disent ne pas être confrontés au harcèlement, à la censure ou  à la pression d’un propriétaire qui ne s’implique pas dans des positions éditoriales. En même temps, le journal «Vesti», qui est également tenu par cette entreprise, affiche  des caractéristiques totalement différentes. A partir de 2013, il est souvent accusé de propagande, de manipulation de faits et d’unilatéralisme. Par conséquent, deux médias de la même entreprise ont deux stratégies opposées. La radiodiffusion peut faire partie du jeu et être un outil pour gagner la confiance du public. A la veille du début de la campagne prévue pour 2019, c’est encore plus important.

La position du bureau du procureur militaire. L’argument principal du ministère public est que l’attaque n’est pas dirigée contre les médias, mais contre le propriétaire et ses actifs. L’an dernier, en commentant au cours de l’enquête, le financement des médias, le procureur militaire Anatoly Matios a déclaré que l’entreprise avait été financée par l’argent détourné par Olexandre Klymenko. Selon lui, l’enquête a déterminé qu’en 2010-2013, Klymenko a créé plusieurs comptes off-shore aux îles Vierges britanniques, à  Chypre et au Liechtenstein, pour une somme d’environ 800 millions de dollars.


L’Ukraine et ses voisins: l’aggravation des relations avec la Pologne et le blocus de la Hongrie 

La Pologne. Andrzej  Duda, Président polonais, signera des amendements à la loi sur l’Institut de la  mémoire nationale et la Commission d’enquête des crimes contre le peuple polonais qui prévoit, entre outre, une
punition «pour les crimes des nationalistes ukrainiens», et l’enverra à la Cour constitutionnelle du pays. Le Président affirme que ce n’est pas une nouvelle loi et qu’elle a été discutée lors d’une visite de Duda en Israël. Andrzej Duda a souligné que les bonnes relations entre Israël et la Pologne étaient très importantes pour lui. Le Parlement ukrainien a voté une déclaration pour exprimer sa déception et son inquiétude face à la nouvelle loi polonaise. Hanna Hopko, chef du comité parlementaire des questions des affaires étrangères, a déclaré que cette loi pourrait être utilisée comme un levier de pression sur la communauté ukrainienne en Pologne.

La Hongrie. L’Ukraine et la Hongrie ont réussi à se mettre d’accord sur plusieurs positions concernant des questions bilatérales. Selon Vassyl Bodnar, adjoint du ministre des Affaires Étrangères de l’Ukraine :  Avec un optimisme prudent, nous pouvons dire que les négociations avec la partie hongroise se sont soldées par un accord sur des positions clés: la question linguistique, la mise en place du contrôle frontalier commun, etc.»
Parallèlement, la réunion Ukraine-OTAN ne figure pas sur l’agenda des ministres de l’Alliance. Initialement prévue pour les 14-15 février, la réunion a été bloquée par la Hongrie. Le ministère des Affaires Étrangères de la Hongrie déclare que l’accord sur la question linguistique n’a pas encore été trouvé et que le gouvernement hongrois bloquera le rapprochement entre l’Ukraine et l’OTAN, tant  que la diaspora hongroise en Ukraine ne confirmera pas les accords trouvés sur chaque détail de la loi. Iryna Friz, députée ukrainienne, a déclaré que la position de la Hongrie n’était qu’une tentative de chantage qui affaibli le système de sécurité en Europe.

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