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UCMC/4 ans, Porochenko/Conférence de presse, Poutine/Discours belliqueux, Nouvelles guerres du gaz

UCMC/4 ans, Porochenko/Conférence de presse, Poutine/Discours belliqueux, Nouvelles guerres du gaz
Kiev, le 06 mars 2018.

L’UCMC a 4 ans!

Pendant quatre ans, le centre de presse de l’UCMC a réalisé plus de 5 300 conférences de presse et tables rondes avec  la participation de plus 13 000 conférenciers.  Plus de 14 000 journalistes sont passés à l’UCMC et 12 300 communiqués de presse ont été publiés. Environ 12 000 journalistes, politiciens et leaders d’opinion ont souscrits à la newsletter de l’UCMC. Plus de 7500 communiqués de presse sont traduits en anglais, français, allemand, espagnol ou portugais. Les relations internationales de l’UCMC s’étendent à plus de 30 pays et 300 journalistes étrangers ont reçu des informations ou un soutien logistique de la part de l’UCMC. Entre outre, 9 voyages pour la presse internationale ont été organisés pour une cinquantaine de journalistes venus de 8 pays.

La situation dans la zone du conflit

L’OSCE. La semaine dernière, la mission spéciale de suivi de l’OSCE a enregistré plus de 8000 violations du cessez-le dans l’est de l’Ukraine. Dans plus de 90% des cas, l’utilisation d’armes prohibées par les Accords de Minsk ont été avérées près de Popasna et Pervomaysk.

«Les affrontements les plus intenses ont eu lieu là où l’armée ukrainienne et les occupants se sont rapproché», a déclaré Alexander Hug, Premier chef adjoint de la mission spéciale de suivi de l’OSCE en Ukraine, lors d’une conférence de presse à l’Ukraine Crisis Média Center. La semaine dernière, les observateurs de l’OSCE ont enregistré 52 unités d’armes lourdes,basées en violation des marques de la ligne de démarcation, dont 46 se trouvaient dans la zone non-contrôlée par le gouvernement ukrainien. Un drone de la mission a enregistré quatre systèmes de lance-roquettes multiples près de Mioussynsk, non-contrôlé par le gouvernement ukrainien.


La conférence de presse de Porochenko: des réponses partielles à des questions délicates

Le 28 février, le Président Petro Porochenko a tenu une conférence de presse. Une telle conférence avec des journalistes remonte à mai 2017, juste après l’annonce officielle de l’introduction par l’UE d’un régime sans visas avec l’Ukraine. Nous publions les questions clés et les réponses du Président.

Pourquoi le président d’un pays pauvre devient-il de plus en plus riche? Interrogé par une  journaliste : « Qu’est-ce que cela fait d’être un président-oligarque dans un pays où les gens survivent dans une situation proche de celle d’une catastrophe humanitaire?». Le Président a répondu que sa «vie n’est pas du sucre» et lui a proposé  de passer une journée avec lui. «Je tiens à souligner qu’avant d’être élu président, ma fortune était beaucoup plus importante que maintenant. Je suis le seul président à avoir cette dynamique», a-t-il déclaré. Rappelons que Porochenko est critiqué pour ne pas vendre son entreprise, comme promis en période pré-électorale, et de transférer à la place la soi-disant «blind trust».

A propos des relations avec le FMI et la Cour anticorruption. Le projet de loi présidentiel concernant le tribunal anti-corruption a été critiqué à la fois par la société civile en Ukraine et par les partenaires occidentaux. Le sort des prochaines tranches  du FMI dépend de l’adoption de la loi. Suite à la question tranchante du journaliste: «Pourquoi l’administration présidentielle qui, au début de son mandat, a suivii inconditionnellement les recommandations du FMI, les ignore-t-il maintenant?”; le Président a répondu: «Je ne suis pas impliqué dans le processus de négociations avecle FMI, mais j’ai des  réunions assez régulières avec nos grands amis, les directeurs du FMI et la Banque mondiale. En tant que Président, je n’ai jamais permis et je ne permettrai pas que quelqu’un nous dicte quoi que ce soit. Tout cela est une question de compromis. Je tiens à souligner que j’ai fait appel au Parlement pour que le projet de loi concernant la Cour anti-corruption soit envoyé à la Commission de Venise. Le Parlement a la possibilité d’accepter tout changement au cours de la discussion lors d’une deuxième lecture.

A propos de  Saakachvili.  À la question est-ce que  Porochenko regrette d’avoir donné en 2015 et retiré en 2017 un passeport ukrainien à Mikheïl Saakachvili, le Président a déclaré: «J’ai essayé de lui offrir toutes les possibilités. Il était gouverneur de la région d’Odessa, il a fixé des objectifs clairs pour lutter contre la corruption et la réforme du gouvernement. Il a eu la possibilité de nommer le chef de la police d’Odessa (…) et du procureur de la région d’Odessa … Personne n’a eu autant d’occasions pour obtenir des résultats. Mais nous avons tous  vus: il n’y a pas de résultats. Quand j’ai reçu la soumission des autorités compétentes concernant les irrégularités dans l’octroi de la citoyenneté, je n’avais pas d’autres choix  pour agir, sauf  mettre fin à sa citoyenneté en vertu de la Constitution … La seule chose que je peux souligner : la question de la réadmission en Pologne, après la violation de la loi commise par Saakachvili  et ses partisans, est légalement parfaite»,  a déclaré Porochenko.

La lutte contre les oligarques, Akhmetov et Rotterdam +. Interrogé sur la lutte contre les oligarques et en particulier contre Rinat Akhmetov, Porochenko a répondu: «Pour la première fois dans l’histoire de l’Ukraine indépendante, les oligarques n’ont aucune influence sur la décision du Président. Les autorités de l’État ne peuvent pas lutter avec quelqu’un en particulier. Je ne vais pas le faire et je ne soutiendrai pas quelqu’un qui le ferait, peu importe la personne: Kolomoisky, Akhmetov, Firtash, Kurchenko. Où sont-ils tous maintenant? Est-ce que la position de Firtash s’est améliorée de manière significative? Firtash est-il  arrivé en Ukraine? Firtash ou Kolomoisky gèrent-ils aujourd’hui le Parlement, le Président, le gouvernement? Est-ce qu’il y a eu des changements pour Ukrnafta ou pour PrivatBank?», a déclaré Porochenko. Cependant, il n’a pas parlé en détails d’Akhmetov


Bonjour les armes! Le discours belliqueux de Poutine

Le Président russe Vladimir Poutine s’est adressé à l’Assemblée fédérale. Le discours a duré deux heures au cours desquelles le Président a évoqué  les pensions, l’économie et les nouvelles armes. Mais la partie principale du discours a porté sur les armes et la place de la Russie dans l’arène internationale.
Discours militaire. Selon la BBC, cette fois ce fut un  discours «sans précédent», belliqueux.  La plus grande partie du message a été consacrée aux problèmes  internationaux. Poutine a accusé les Etats-Unis d’avoir violé le Traité de Défense antimissiles, d’avoir  diffusé des vidéos russes sur des missiles balistiques intercontinentaux, des missiles de croisière et d’autres armes.

Menaces ouvertes. «Les systèmes que nous avons créés n’existent dans aucun pays du monde. Nous n’avons pas tenu nos plans secrets, pour encourager la négociation. Mais personne n’a  vraiment voulu discuter avec nous. Personne ne nous a écoutés. Alors, écoutez maintenant … J’espère que tout ce qui a été dit aujourd’hui va dissuader  tout agresseur potentiel, et tout mouvement hostile envers la Russie,  comme le déploiement du système de Défense antimissiles, l’approche de l’infrastructure de l’OTAN à nos frontières, etc. D’un point de vue militaire, cela deviendrait inefficace, très coûteux du point de vue financier et tout simplement dérisoire pour ceux qui l’initieraient et le feraient», a déclaré le président russe.

La réaction des experts. La plupart des experts ont noté que la rhétorique de Poutine tente un retour à  l’époque de la course aux armements. En même temps, la faiblesse économique de la Fédération de Russie, l’approche de la campagne électorale et la communication inefficace avec l’Occident donnent à penser  que le discours de  Poutine est plus susceptible d’être un bluff, plus centré sur le public russe,  qu’une menace réelle.

Contre-arguments avant les menaces de la Fédération de Russie: les actifs de la Fédération de Russie en Occident. «La dissuasion n’est pas seulement une arme nucléaire», a déclaré le vice-président du Centre d’analyse des politiques européennes, Edward Lucas, en commentant la déclaration de Poutine: «Nous, en Occident, avons 800 milliards de dollars d’actifs russes. Poutine n’infligera pas une attaque nucléaire sur ses actifs. S’il agit mal, nous pouvons geler et saisir ces «otages financiers».

Exagération de la perfection technique des nouvelles armes. L’historien russe, Andrei Zoubov, estime que “les missiles russes ne décollent pas toujours et n’atteignent pas toujours leur but, même les missiles ordinaires. Un pays arriéré n’est pas performant en technologie».  À son avis, il y a une grande distance entre les menaces et l’action.

Le spectacle pour  l’électorat. «Les paroles de Poutine à propos des armes nucléaires témoignent du fait que Poutine se trouve dans une situation très difficile (…). Ici, on peut également se rappeler l’ingérence dans les élections américaines, le trafic de drogue récemment exposé au monde entier, le terrorisme, le bombardement en Syrie et beaucoup plus. Avant les élections, il doit se réhabiliter, en quelque sorte, en leader mondial fort capable d’influencer quelque chose dans ce monde. Mais il veut se réhabiliter aux yeux de ses électeurs potentiels (…) Poutine a exagéré la menace réelle de ses armes pour l’Occident et ses déclarations sont principalement conçues pour le consommateur russe », a déclaré Andrei Zoubov.

Chantage envers l’Occident. En plus des messages internes pour le public, dans son discours, Poutine cherche encore à faire du chantage et effrayer les Etats-Unis et les pays occidentaux. «En Russie, l’hystérie de guerre règne, le régime tente de convaincre les Russes qu’ils sont presque au bord de la troisième guerre mondiale, que les sanctions ne sont pas perçues comme une punition pour la Russie, et  que le désir de freiner l’essor de la Russie est évident», explique Galia Ackerman, historienne et journaliste. «Il est clair que la Russie est armée jusqu’aux dents et, grâce à son avantage militaire, elle veut devenir un acteur majeur sur la scène internationale. Strictement parlant, l’opération en Syrie est exactement ce qu’elle a montré (…) Ces déclarations montrent que la Russie devient un acteur plus dangereux sur la scène internationale. En fait, il y a une sorte de chantage à l’égard  de l’Occident».


Les nouvelles guerres du gaz entre l’Ukraine et la Russie 

La semaine dernière, Naftogaz Ukraine a déclaré une situation d’urgence et a appelé tous les Ukrainiens à économiser du gaz et à réduire la température dans leurs maisons. Le  gouvernement a annoncé un «plan pour 5 jours», la fermeture des établissements d’enseignement et un mode spécial de consommation de gaz pour les entreprises qui prévoit une transition vers un carburant alternatif, en raison des problèmes d’approvisionnement en gaz en provenance de la Fédération de Russie. Mais pour beaucoup d’Ukrainiens, de tels messages ont paru étranges, car l’Ukraine n’a pas acheté de «carburant bleu» de Russie depuis 2 ans et 98 jours. Du moins, elle ne l’achète pas directement (elle achète du gaz à l’UE). Le gaz, que l’Ukraine consomme, vient d’Europe, de son propre stockage de gaz et de sa propre production. Que s’est-il passé?

Réduire la pression dans le gazoduc. L’Ukraine continue de faire passer le gaz russe vers l’Europe par son système de gazoducs. La Russia a réduit  la pression dans mes gazoducs et a  minimisé le volume d’approvisionnement pour les clients européens de Gazprom. Selon le contrat avec Gazprom, la pression devrait être de 60-65 kgf / cm2, mais selon Ukrtransgaz, de janvier à février 2018, Gazprom ne s’est pas régulièrement conformé aux conditions techniques et a fourni du gaz à la frontière ukrainienne à un niveau de pression de 51-59 kgf / cm2. Depuis le 1er mars, Gazprom a réduit la pression à une valeur qui est la plus basse de l’année année, soit 50,3 kgf / cm2.

Décision d’arbitrage de Stockholm. Le 28 février, l’Institut d’arbitrage de Stockholm a adopté une décision selon laquelle Gazprom devrait payer à Naftogaz 2,56 milliards de dollars. Ce verdict devrait enfin résoudre les différends entre l’Ukraine et la Russie sur la question du gaz, qui dure depuis 2014. Ensuite, selon la décision de l’Institut d’arbitrage de Stockholm, l’Ukraine devrait rétablir l’achat de gaz du monopole russe jusqu’en 2019.  Conformément à la décision de l’Institut d’arbitrage de Stockholm, qui a été proclamée le 28 février, Naftogaz est obligé de compléter. Ainsi, avant la fin du contrat, la date limite étant fixée à  fin 2019, l’Ukraine devra racheter à Gazprom 4 à 5 milliards de mètres cubes de gaz par an. Elle doit prépayer le gaz russe.

Ce qui n’a pas fonctionné.  Le 1er mars, la partie russe a renvoyé le paiement précédent pour le gaz et a refusé de continuer à fournir du gaz à l’Ukraine. Naftogaz affirme que l’Ukraine prévoit de recevoir en mars 0,5 milliard de mètres cubes de gaz. Selon Alexei Miller, chef de Gazprom, la société initie la résiliation de contrats avec l’Ukraine concernant la fourniture et le transit de carburant.

Et ensuite? L’augmentation des importations de gaz en provenance de l’UE est devenue une solution urgente au problème.  À partir du 3 mars, l’Ukraine a augmenté les importations de gaz naturel en provenance de l’Europe à raison de 25 millions de mètres cubes par jour, ce qui répond complètement aux besoins du pays. “Nous aurions dû recevoir de Gazprom 18 millions de mètres cubes de gaz par jour. À partir du 3 mars, nous recevrons de l’Europe 25 millions de mètres cubes», a déclaré Yury Vitrenko, directeur commercial de Naftogaz Ukraine.

La question du prix. Comme l’a noté Porochenko, en mars, l’Ukraine était censée recevoir du gaz naturel en vertu d’un contrat avec Gazprom au prix de 238,55 dollars les 1 000 mètres cubes. En même temps, les prix sur le marché spot, pour lequel le pays achète actuellement du gaz en Europe, passent de 250-300 à 500 dollars. Naftogaz va tirer la différence de la Russie, qui n’a pas fourni de gaz et n’a pas honoré son engagement.

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