Zelensky/Trump, Donbass/Formule de Steinmeier, Gaz/Négociations, Sociologie

Zelensky/Trump, Donbass/Formule de Steinmeier, Gaz/Négociations, Sociologie
le 23 septembre 2019.

Situation dans la zone du conflit

Au cours de la dernière semaine, les troupes pro-russes ont violé les accords de Minsk à plusieurs reprises, en déployant, entre outre, des mortiers de calibre 120mm et 82mm, ainsi que des lance-grenades, des armes de petit calibre, des véhicules de combat. Les attaques contre les troupes ukrainiennes ont été enregistrées aux abords de Novotroitske, Novohnativka, Krasnogorivka, Mariinka, Vodyane, Pavlopil, Avdiivka, Novolouhanske, Krymske, Pivdenne, Stanytsya Louhanska, Mayorsk et Novozvanivka.


La politique internationale: la première visite du président Volodymyr Zelensky aux États-Unis et les conditions pour la réunion du format Normandie

La visite de Volodymyr Zelensky aux États-Unis. L’Office du président de l’Ukraine a présenté un plan détaillé pour la visite de Volodymyr Zelensky aux États-Unis. Du 23 au 26 septembre, le président Volodymyr Zelensky effectuera une visite de travail aux États-Unis pour participer à la 74ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Zelensky prononcera un discours lors du débat général de la session de l’Assemblée générale des Nations Unies et participera également au Sommet sur les objectifs de développement durable.

«Il y aura nécessairement une réunion avec Donald Trump, nous aurons du temps pour cela, et ce ne sera pas une réunion sur le terrain uniquement pour se serrer la main. Les deux présidents ont prévu suffisamment de temps pour cette rencontre. C’est la première visite à l’ONU pour le président Zelensky, et il participera pour la première fois à l’Assemblée générale», a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Vadym Prystaiko lors d’une interview accordée à Hromadske.

La formule de Steinmeier. Une des conditions pour la réunion des dirigeants des pays du format Normandie (Ukraine, Allemagne, France, Russie) est l’accord écrit de la «formule de Steinmeier» conclu lors de la réunion du groupe de contact trilatéral sur le règlement du Donbass. Cette déclaration a été faite par Vadym Prystaiko, ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, dans une interview accordée à «Ukrainska pravda». A la question de savoir si l’Ukraine avait accepté de recevoir une confirmation écrite du texte de la formule de Steinmeier avant le sommet du format Normandie, le ministre a répondu: «Oui, c’est l’une des deux conditions pour une réunion des dirigeants, sur laquelle nous nous sommes mis d’accord. La deuxième condition est que nous nous attendons à ce que les troupes soient retirées sur trois sites de contrôle, puis les Russes ont ajouté une troisième condition, quelque chose comme «élaborer un libellé clair pour les déclarations des dirigeants».


La question du gaz: l’Ukraine restera-t-elle un pays de transit du gaz russe?

Le 19 septembre, les négociations trilatérales sur un nouveau traité sur le transit du gaz russe par le système de transport de gaz de l’Ukraine ont pris fin à Bruxelles. Le contrat actuel expire le 31 décembre 2020. Si un nouveau contrat n’est pas conclu, l’Ukraine risque de perdre 3 milliards de dollars de recette de transit chaque année.

Les règles européennes. Au cours des négociations, la Russie a décidé pour la première fois de conclure un nouveau traité de transit du gaz selon les règles européennes. Auparavant, elle refusait, car les règles européennes imposaient que Moscou perde de son influence politique sur la question du gaz.

«Pour la première fois, Gazprom a assumé l’opportunité de travailler selon les règles européennes à compter du 1er janvier 2020, si elles sont pleinement appliquées en Ukraine d’ici la fin de cette année», a déclaré un représentant de Naftogaz à l’issue des négociations.

La raison formelle pour laquelle la Russie n’acceptait pas le contrat européen était l’incohérence du système de transport du gaz ukrainien, utilisé par la Russie pour fournir du gaz, par rapport aux exigences européennes. À la veille des négociations, le gouvernement ukrainien a commencé à résoudre le problème.

Selon les directives énergétiques de l’Union européenne, une société de gaz qui vend ou achète ce gaz (dans le cas de l’Ukraine, Naftogaz) ne peut pas également gérer le transit du gaz. Par conséquent, le système de transport du gaz ukrainien devait être séparé de Naftogaz, afin d’être une société distincte. À cette fin, le gouvernement a approuvé un plan visant à séparer le système de transport du gaz ukrainien de la gestion de Naftogaz avant les pourparlers.

Contrat à court ou à long terme? Selon le ministre russe de l’Énergie, Alexander Novak, les questions de transit et de calendrier n’ont pas été  abordées lors des discussions à Bruxelles. La Russie a notamment proposé de conclure un accord de transit pour la plus brève durée possible (dans la mesure où elle prévoit d’achever la construction des gazoducs contournant l’Ukraine: North Stream-2 et Turkish Stream).

En revanche, pour l’Ukraine, le contrat idéal pour le transit est un contrat à long terme, de 10 ans, avec des conditions et des volumes d’approvisionnement en gaz clairement définis. Un contrat que l’Ukraine souhaite conclure conformément aux règles européennes afin d’éviter de futures pressions politiques de la Russie et de faciliter le règlement des différends avec Gazprom.

En conséquence, les négociations sont retardées jusqu’à l’hiver. Les parties ne sont pas parvenues à un accord de principe. Bien que l’Ukraine ait transmis des copies des traités, il n’y a pas de solution définitive au problème du transit. En outre, la Russie a proposé de reporter la prolongation des accords à la deuxième quinzaine d’octobre, date à laquelle la saison du froid et du chauffage commencera en Europe. Ainsi il y aura plus d’outils de pression sur l’UE et sur l’Ukraine dans les négociations. La Russie sera en mesure de recourir au chantage, comme elle l’avait fait en 2009, en coupant l’approvisionnement en gaz de l’Europe.


Institut de la mémoire nationale: Volodymyr Viatrovych est-il sacrifié au nom de l’amitié avec la Pologne?
La semaine dernière, Volodymyr Viatrovych, président de l’Institut de la mémoire nationale, a été démis de ses fonctions par décision du Cabinet des ministres.

Volodymyr Viatrovych occupe le poste de président de l’Institut de la mémoire nationale depuis mars 2014. «Notre travail est devenu un prolongement quotidien du Maidan pour la réalisation de ses valeurs. Je peux dire que la plupart des objectifs ambitieux qu’il s’est fixés ont été atteints», a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.

Il a également énuméré ses réalisations: libération du pays des symboles totalitaires, ouverture des archives du KGB, reconnaissance des vétérans  de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne comme combattants pour l’indépendance, début de la réhabilitation des victimes de la répression, popularisation de l’histoire ukrainienne.

Le conflit avec la Pologne. Volodymyr Viatrovych a été maintes fois critiqué par les autorités polonaises. Ces critiques se sont intensifiées à la suite du moratoire sur l’exhumation en Ukraine des restes de Polonais décédés au cours de la seconde guerre mondiale, instituée par l’Institut de la mémoire nationale en 2017. Cette décision répondait au démantèlement d’un certain nombre de monuments commémorant les Ukrainiens tués en Pologne, notamment les soldats de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne

En novembre 2017, des médias polonais ont cité des sources selon lesquelles Viatrovych s’était vu interdire l’entrée en Pologne. Cependant, il n’y a eu aucune confirmation officielle de cette information.

Le 1er septembre 2019, après la réunion de Varsovie, les présidents ukrainien et polonais ont convenu de mettre fin aux différents historiques entre les pays. Volodymyr Zelensky a même suggéré de construire un mémorial commun de réconciliation à la frontière.

Le président polonais Andrzej Duda a demandé à Zelensky de lever le moratoire «imposé par le gouvernement précédent». Selon le président polonais, Zelensky a promis de le faire après la formation du pouvoir exécutif.


Sociologie: le taux de popularité du président Zelensky continue d’augmenter
Taux de popularité du président. La cote de Volodymyr Zelensky auprès des Ukrainiens a augmenté de près de 20% dans la période d’août à septembre, selon un sondage réalisé par le groupe de sondage «Rating». Au total, 71% des personnes interrogées étaient satisfaites de l’activité de Zelensky au poste de président, 11% n’étaient pas satisfaites et 18% étaient incapables de formuler leur opinion à l’égard du chef de l’État.

Le soutien du Parlement et du gouvernement. L’augmentation rapide de la cote de Zelensky a coïncidé avec le début de la nouvelle Verkhovna Rada. Parallèlement au taux de popularité du président, le soutien de la Verkhovna Rada a également connu une croissance record: il a augmenté de plus de 30% depuis juillet. Alors qu’au mois de juillet, moins de 10% des sondés avait approuvé les travaux de la Rada, ils étaient plus de 39% au mois de septembre. Le taux de désapprobation est passé de plus de 80% à 16%. L’activité du Premier ministre Oleksii Honcharuk a été approuvé par 29% des Ukrainiens, désapprouvée par 11% des sondés et les deux tiers des sondés restent indécis.

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