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Jour 1335 de résistance: «Personne ne s’occupera de brader l’Ukraine», a déclaré Zelensky à propos des exigences de la russie concernant le Donbas

La Russie a lancé trois missiles « Iskander » et 60 drones contre l’Ukraine : des impacts ont été enregistrés sur 12 sites. La cession du Donbas à la russie renforcerait ses positions pour de futures offensives contre l’Ukraine, selon une analyse de l’ISW. Le nouveau paquet de sanctions de l’Union européenne contre la russie sera approuvé le 23 octobre, a déclaré Kallas.

La cession du Donbas à la russie renforcerait ses positions en vue de futures offensives contre l’Ukraine, selon une analyse de l’ISW

Sur fond d’informations selon lesquelles la Russie exigerait que l’Ukraine lui cède l’ensemble du Donbas, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) souligne qu’une telle cession créerait des conditions favorables à la reprise de l’agression russe contre l’Ukraine, depuis des positions plus avantageuses pour Moscou et au moment qui lui conviendrait.

Ainsi, les analystes de l’ISW ont réagi à une publication du Washington Post selon laquelle, d’après ses sources, le dictateur russe Vladimir Poutine aurait exigé lors d’un appel téléphonique avec Donald Trump qu’en échange de la fin de la guerre, l’Ukraine cède l’ensemble du territoire du Donbas. La russie serait alors, selon ces mêmes sources, prétendument prête à «concéder certaines parties »des régions de Zaporijjia et de Kherson, qu’elle n’occupe actuellement que partiellement.

L’ISW note que l’article du Washington Post ne précise pas clairement les conditions exactes et les exigences de Poutine. On ignore notamment si le dictateur faisait référence aux parties des régions de Zaporijjia et de Kherson actuellement contrôlées par l’Ukraine, mais que la russie revendique illégalement après les pseudo-référendums d’annexion. Les experts rappellent qu’en août 2025, Poutine avait déjà exigé la remise du reste de la région de Donetsk en échange d’un cessez-le-feu.

L’Institut pour l’étude de la guerre insiste sur son évaluation selon laquelle céder toute la région de Donetsk à la russie favoriserait de manière disproportionnée les efforts de l’agresseur. En effet, cette région comprend des zones d’une importance stratégique majeure pour la défense et pour le complexe militaro-industriel ukrainien, notamment la ceinture de villes-forteresses — Kostiantynivka, Droujkivka, Kramatorsk et Sloviansk. Depuis 2014, cette ligne constitue la principale défense de l’Ukraine dans le Donbas, transformée en un centre logistique et industriel essentiel.

Actuellement, les forces russes ne disposent pas des moyens nécessaires pour percer rapidement cette ligne de défense ni pour encercler ces villes-forteresses. Selon les estimations de l’ISW, leur conquête nécessiterait encore plusieurs années au rythme actuel de progression. Céder la région de Donetsk permettrait donc à la russie d’éviter une guerre longue et sanglante, et de lancer ses offensives depuis de nouvelles positions le long de la frontière administrative de la région, vers les arrières ukrainiens. Dans ce scénario, les troupes russes pourraient attaquer vers l’est de la région de Dnipropetrovsk, vers Zaporijjia ou le sud de la région de Kharkiv — des zones bien moins fortifiées que le Donbas.

Le retrait des forces ukrainiennes du Donbas créerait également des conditions plus favorables à la poursuite de l’offensive russe actuelle, notamment en facilitant une avancée à travers la rivière Oskil, dans l’est de la région de Kharkiv, en direction d’Izioum. Si l’Ukraine cédait tout le Donbas, la russie disposerait de plusieurs options offensives complémentaires, sans aucune garantie qu’elle n’en relancerait pas d’autres à l’avenir.

Le 19 octobre, le président américain Donald Trump a nié avoir demandé à Volodymyr Zelensky, lors de leur rencontre, de céder le Donbas à la russie. Interrogé sur ce point par un journaliste de Reuters, Trump a répondu: «Non». Il a affirmé que la priorité actuelle devait être de concentrer les efforts sur la cessation des hostilités et le respect du cessez-le-feu.

«Que tout reste comme c’est actuellement. Le territoire est déjà divisé. Je pense qu’environ 78 % des terres du Donbas sont déjà contrôlées par la russie », a-t-il ajouté.

Le président Zelensky, s’exprimant devant les journalistes le 19 octobre (selon Interfax-Ukraine), a déclaré :

«La position des Russes n’a pas changé : ils veulent que nous quittions le Donbas — pas seulement l’est, mais entièrement les régions de Donetsk et de Louhansk », a-t-il dit.

Il a expliqué qu’au cours de sa visite aux États-Unis, il avait rappelé au président Donald Trump et à l’envoyé spécial Steve Witkoff que la position de l’Ukraine restait inchangée. Zelensky a souligné que la rhétorique russe sur les «russes ethniques» du Donbas et leur prétendu refus de faire partie de l’Ukraine est trompeuse.

«M. Witkoff a dit que ces pseudo-référendums d’annexion des régions de Donetsk et de Louhansk avaient été inscrits dans la Constitution russe. Je lui ai donc expliqué que si, demain, Poutine décidait encore d’y inscrire autre chose, après une nouvelle phase de la guerre, devrions-nous à nouveau quitter un territoire ? Et si j’inscrivais dans la Constitution ukrainienne deux régions russes, est-ce que la russie devrait les quitter ? Ce modèle ne fonctionne pas », a souligné le président.

«Personne ne s’occupera de brader l’Ukraine», a-t-il ajouté.

Pour rappel, le 16 octobre, Donald Trump avait eu un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, à l’issue duquel il avait annoncé une nouvelle rencontre à Budapest. Selon le Washington Post, au cours de cet échange, Poutine aurait exigé que l’Ukraine remette le contrôle total de la région de Donetsk, en présentant cela comme la condition pour mettre fin à la guerre.

La russie a lancé trois missiles «Iskander» et 60 drones contre l’Ukraine : des impacts ont été enregistrés sur douze sites

Dans la nuit du 20 octobre (à partir de 19 h le 19 octobre), les forces russes ont attaqué l’Ukraine avec trois missiles balistiques «Iskander-M/KN-23 l» et soixante drones d’attaque de type «Shahed», «Herbera» et d’autres modèles.

C’est ce qu’ont indiqué les Forces aériennes des Forces armées ukrainiennes.

Les occupants ont lancé les drones depuis les régions de Millerovo, Orel et Primorsko-Akhtarsk (russie), ainsi que depuis le cap Chauda, en Crimée temporairement occupée. Environ quarante d’entre eux étaient des «Shahed». Les missiles balistiques ont également été tirés depuis la Crimée.

L’attaque aérienne a été contrée par l’aviation, les troupes de défense antiaérienne, les unités de guerre électronique, les systèmes de drones et les groupes mobiles de tir des Forces de défense ukrainiennes.

D’après les données préliminaires, à 9 h du matin, la défense antiaérienne avait abattu ou neutralisé 38 drones ennemis — « Shahed», « lHerbera » et d’autres types — dans le nord, le sud et l’est du pays.

Des impacts de trois missiles balistiques et de vingt drones d’attaque ont été enregistrés sur douze sites.

Les forces russes ont visé l’infrastructure logistique de l’Ukraine, notamment les installations ferroviaires et portuaires.

Le vice-Premier ministre chargé de la reconstruction et ministre du Développement des communautés et des territoires, Oleksiy Kouleba, en a fait état.

Dans la région de Tchernihiv, une sous-station de traction d’Ukrzaliznytsia (chemins de fer ukrainiens) a été endommagée. Les équipes de maintenance ferroviaire ont entamé les travaux de réparation dès la nuit, mais l’ennemi a ensuite dirigé des drones vers le site.

Kouleba a précisé que, grâce au système de surveillance, les travailleurs ont pu être évacués à temps vers un lieu sûr et qu’aucune victime n’est à déplorer. Il a ajouté que la circulation des trains se poursuivait grâce à l’utilisation de locomotives de réserve.

Le ministre a également indiqué que les forces russes avaient attaqué l’infrastructure portuaire ukrainienne, endommageant plusieurs installations et bâtiments. Selon lui, les incendies ont été rapidement maîtrisés, et les employés des ports, réfugiés dans les abris, n’ont pas été blessés. Il a précisé que certains ports ne recevaient temporairement plus de trains, lesquels sont redirigés sur d’autres lignes et repartiront dès que la situation le permettra.

Le nouveau paquet de sanctions de l’Union européenne contre la russie sera approuvé le 23 octobre, a déclaré Kallas

Le nouveau, 19e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la russie pourrait être approuvé jeudi 23 octobre.

La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a déclaré avant la réunion du Conseil des affaires étrangères de l’UE à Luxembourg, le 20 octobre, qu’elle était convaincue que le 19e paquet de sanctions serait adopté le 23 octobre.

«Cette semaine, nous attendons l’adoption du 19e paquet de sanctions », a-t-elle indiqué.

Elle a toutefois précisé que le paquet ne serait « malheureusement pas approuvé aujourd’hui ». « Une réunion des dirigeants aura lieu jeudi », a ajouté la cheffe de la diplomatie européenne.

Kallas a souligné que l’Union européenne observait « les efforts du président Trump visant à parvenir à la paix en Ukraine l».

«Tous ces efforts sont les bienvenus, mais nous ne voyons pas que la russie cherche réellement la paix. La russie ne comprend que la force et n’accepte de négocier que lorsqu’elle y est véritablement contrainte. Pour l’instant, ce n’est pas le cas », a-t-elle conclu.

Comme le rapporte Yevropeïska Pravda, le 18 octobre, l’Autriche a annoncé qu’elle accepterait l’adoption du nouveau paquet de sanctions contre la russie, levant ainsi l’un des principaux obstacles au vote prévu au début de la semaine suivante.

Auparavant, l’approbation du paquet était bloquée, car l’Autriche exigeait que l’UE lève les sanctions sur une partie des actifs russes afin de compenser les amendes imposées au Raiffeisen Bank International par la russie. Mais les autres gouvernements de l’UE ont refusé cette proposition.

Actuellement, seule la Slovaquie bloque encore le 19e paquet de sanctions, exigeant que la question soit examinée lors du sommet des dirigeants de l’UE prévu le 23 octobre.