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Jour 1338 de résistance: les États-Unis ont appliqué pour la première fois, sous la deuxième administration Trump, de nouvelles sanctions contre la Russie

Deux journalistes ukrainiens ont été tués dans une frappe de drone russe à Kramatorsk. Les États-Unis ont, pour la première fois sous la deuxième administration du président Donald Trump, imposé de nouvelles sanctions contre la Russie. La centrale nucléaire de Zaporijjia est sortie de son dixième et plus long black-out.

Les États-Unis ont, pour la première fois sous la deuxième administration du président Donald Trump, imposé de nouvelles sanctions contre la Russie

Le 22 octobre, les États-Unis ont, pour la première fois sous la deuxième administration du président Donald Trump, imposé de nouvelles sanctions contre la Russie.
L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a annoncé ces mesures « en raison du manque d’engagement sérieux de la Russie dans un processus de paix visant à mettre fin à la guerre en Ukraine ».
Rosneft et Lukoil figurent notamment parmi les entités sanctionnées.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré que ces sanctions envoient un message clair au Kremlin : il est temps de « cesser les meurtres et de mettre immédiatement fin aux hostilités ».
De son côté, Donald Trump a exprimé sa conviction que ces nouvelles sanctions américaines auront un impact sur le processus de paix.

Selon Bloomberg, les restrictions américaines contre Rosneft et Lukoil ont provoqué des inquiétudes sur le marché pétrolier chinois.
Ces sanctions ont mis sous pression les raffineries publiques et privées chinoises, qui cherchent à maintenir leurs approvisionnements tout en évitant d’éventuelles amendes.

Environ 20 % des importations pétrolières de la Chine — soit près de 2 millions de barils par jour au cours des neuf premiers mois de cette année — proviennent de Russie, faisant de cette dernière l’un des principaux fournisseurs de pétrole brut utilisé pour produire du diesel, de l’essence et des plastiques.

Les sanctions américaines contre Rosneft et Lukoil, introduites par l’administration Trump, s’inscrivent dans la continuité des efforts des États-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni pour restreindre les acheteurs de pétrole russe qui contribuent au financement de la guerre menée par Moscou en Ukraine.
Toutes les transactions avec ces sociétés devront être clôturées avant le 21 novembre, précise Bloomberg.

Le média souligne que la Chine et l’Inde, principaux acheteurs de pétrole russe, s’exposent à des risques élevés s’ils continuent de commercer avec des entreprises visées par ces sanctions.
Toute violation pourrait entraîner de lourdes amendes, un blocage de l’accès aux banques et comptes occidentaux, ainsi qu’une exclusion de projets et de contrats internationaux, notamment avec des assureurs et des fournisseurs essentiels sur les marchés mondiaux.

Bloomberg souligne également la préoccupation grandissante liée à la présence d’investisseurs et d’opérateurs occidentaux dans les grandes zones pétrolières du Moyen-Orient et d’Afrique.
Les entreprises chinoises et indiennes poursuivant leurs activités avec des sociétés sanctionnées risquent d’être écartées de nombreux projets internationaux.
Mais si elles respectent les sanctions, elles perdront l’accès au pétrole russe à prix réduit, qui contribuait jusqu’ici à maintenir de faibles coûts énergétiques pour leurs industries et leurs consommateurs.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré que la Chine « s’oppose fermement aux sanctions unilatérales qui n’ont aucun fondement en droit international et n’ont pas été approuvées par le Conseil de sécurité de l’ONU ».

La semaine précédente, le Royaume-Uni avait ajouté Rosneft, Lukoil et la société chinoise Shandong Yulong Petrochemical Co. à sa liste noire en raison de leurs livraisons de pétrole russe, suscitant déjà des tensions parmi les négociants.
Les compagnies occidentales redoublent désormais de prudence dans leurs livraisons à des raffineries chinoises privées.
Les nouvelles sanctions américaines visent également les ports de Rizhao et Dongjiakou, par lesquels transitent le pétrole russe et iranien.

Un élément clé du commerce entre la Russie et la Chine demeure le contrat à long terme entre Rosneft et la société publique China National Petroleum Corp (CNPC) pour l’approvisionnement en pétrole ESPO via des oléoducs à destination des raffineries de la région de Daqing.
Ces usines dépendent fortement du brut russe, ce qui les rend particulièrement vulnérables à toute interruption d’approvisionnement, selon des opérateurs du secteur.

Il reste toutefois incertain si les sanctions s’appliqueront aux livraisons par oléoduc, soit environ 800 000 barils par jour, en raison de leur nature gouvernementale.
L’année dernière, Rosneft et Lukoil représentaient environ un quart des exportations pétrolières russes vers la Chine, selon la société d’analyse Kpler.

Deux journalistes ukrainiens ont été tués à Kramatorsk lors d’une attaque de drone russe

À la suite d’une frappe du drone russe « Lancet » à Kramatorsk, dans la région de Donetsk, la journaliste de la chaîne Freedom Olena Hubanova et le cameraman Yevhen Karmazin ont été tués.

Le chef de l’administration militaire régionale de Donetsk, Vadym Filachkin, a annoncé la nouvelle sur les réseaux sociaux, tout comme la chaîne Freedom, l’ombudsman Dmytro Loubinets et la police de Donetsk.
« Depuis les premiers jours de l’invasion à grande échelle de la Russie, ils couvraient la situation dans la région, racontaient la vérité sur les crimes de l’ennemi, l’évacuation de la population civile et les histoires de nos défenseurs. Ils travaillaient dans les zones les plus dangereuses du Donbas et étaient toujours parmi les premiers sur place », a-t-il déclaré.

Aucune autre précision n’a été donnée. Le responsable régional a publié des photos du véhicule détruit par le drone et des effets personnels supposés des journalistes, notamment des gilets pare-balles portant l’inscription « Presse ».

La chaîne Freedom a confirmé la mort de ses journalistes à Kramatorsk. La correspondante de guerre Olena Hramova (Hubanova), âgée de 43 ans, et le cameraman Yevhen Karmazin, âgé de 33 ans, tous deux originaires de la région de Donetsk, ont péri lors de l’attaque.
Un autre journaliste, le correspondant spécial Oleksandr Kolytchev, âgé de 47 ans, a été blessé et transporté à l’hôpital.

Selon les informations, les journalistes se trouvaient dans leur véhicule à une station-service au moment du bombardement. La police a précisé qu’ils documentaient les conséquences d’une frappe précédente sur la ville. Les forces de l’ordre ont publié une vidéo de la scène de la tragédie.

L’ombudsman ukrainien Dmytro Loubinets a réagi à cet événement, rappelant que les journalistes sont des civils protégés par le droit humanitaire international. « Ils accomplissaient leur devoir professionnel, documentant les conséquences de l’agression russe en Ukraine et apportant la vérité au monde, malgré le danger constant. J’adresse mes sincères condoléances aux familles, proches et collègues des victimes. Cette tragédie est une nouvelle preuve des crimes de guerre systématiques de la Russie contre les civils. Les responsables doivent être inévitablement punis conformément au droit international », a-t-il déclaré.

La centrale nucléaire de Zaporijjia est sortie de son dixième et plus long black-out

Les ingénieurs de l’énergie ont rétabli l’alimentation électrique de la centrale nucléaire de Zaporijjia, temporairement occupée, et ont sorti la station de son dixième black-out, dans lequel elle se trouvait depuis un mois.
La ministre de l’Énergie, Svitlana Hrynchouk, l’a annoncé le 23 octobre.

L’alimentation de la centrale a pu être rétablie grâce à la réparation de la ligne de 750 kV « Dniprovska ». Des travaux se poursuivent actuellement sur la ligne de 330 kV « Ferosplavna ».

Selon Hrynchouk, pendant toute cette période, la sécurité de la plus grande centrale nucléaire d’Europe a été assurée uniquement grâce au fonctionnement des générateurs diesel d’urgence.
« Cela a créé une menace sans précédent pour la sûreté nucléaire et radiologique, non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour l’ensemble du continent européen », a-t-elle souligné.

La cause de cette panne d’un mois réside dans les actions des forces d’occupation russes, qui bombardent et endommagent systématiquement les lignes électriques reliant la centrale au réseau énergétique unifié de l’Ukraine.

La ministre a ajouté que la seule voie permettant de garantir une sécurité nucléaire durable est la démilitarisation complète, la désoccupation de la centrale de Zaporijjia et son retour sous le contrôle légal total de l’opérateur ukrainien Energoatom.

Depuis le début de l’invasion à grande échelle, les ingénieurs ukrainiens ont déjà réparé les lignes d’alimentation de la centrale à 42 reprises.