Bloomberg, les États-Unis préparent des sanctions contre le secteur énergétique de la Fédération de russie si Poutine rejette un accord de paix. La Fédération de russie a porté le nombre de ses troupes en Ukraine à 710 000 militaires en vue d’une opération offensive stratégique, a déclaré Syrskyï. La russie rejette de facto le plan de paix et prévoit de poursuivre la guerre, selon l’ISW.
La Fédération de russie a porté le nombre de ses troupes en Ukraine à 710 000 militaires en vue d’une opération offensive stratégique, a déclaré Syrskyï
Le commandant en chef des Forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrskyï, a déclaré que le pays agresseur, la russie, a porté le nombre de ses troupes à environ 710 000 militaires en vue de mener une opération offensive stratégique.
Le mercredi 17 décembre, Syrskyï a indiqué avoir participé à la 32e réunion du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine (format Ramstein), qui s’est tenue par visioconférence.
Il a précisé avoir informé les partenaires de la situation actuelle sur le front, laquelle demeure difficile.
Selon lui, malgré des pertes importantes, l’armée russe ne renonce pas à la poursuite de ses actions offensives, même si elle n’a pas obtenu de succès opérationnels significatifs.
Syrskyï a souligné que les Forces de défense ukrainiennes ont réussi à repousser les occupants loin de Koupiansk, dans la région de Kharkiv, et à reprendre le contrôle de près de 90 % du territoire de la ville.
Le commandant en chef a également noté que, depuis plus de 17 mois, les forces russes tentent de s’emparer de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, mais que les unités des Forces armées ukrainiennes tiennent la défense et reprennent l’initiative.
Selon ses données, les militaires ukrainiens ont rétabli le contrôle sur 16 km² dans la partie nord de la ville. Ils ont également repris 56 km² dans les zones des localités de Hrychyne, Kotlyne et Udatchne, à l’ouest de Pokrovsk.
En avril, Syrskyï avait déclaré qu’au 1er janvier 2025, le groupement russe engagé dans les combats en Ukraine comptait 603 000 personnes. Début avril, le nombre d’occupants était déjà passé à 623 000.
Le 13 décembre, le commandant en chef des Forces armées ukrainiennes a indiqué que l’effectif du groupement russe se maintient depuis un certain temps autour de 710 000 soldats.
La russie rejette de facto le plan de paix et prévoit de poursuivre la guerre
Le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, dans le contexte des efforts de paix menés par l’Ukraine et les États-Unis, a déclaré que la «tâche clé » pour Moscou l’année prochaine est de préserver et d’accroître les « rythmes offensifs acquis ». C’est ce qu’ont rapporté, ce mercredi 17 décembre, les médias de propagande russes.
Le chef du ministère de la Défense de la Fédération de russie, justifiant l’agression de Moscou, affirme que la politique des pays européens et de l’OTAN «crée de réelles conditions préalables» à la poursuite des hostilités en 2026.
En outre, Belooussov a indirectement reconnu le manque de volonté de la russie d’instaurer la paix, déclarant que Moscou aurait besoin de concentrer ses efforts sur l’attraction de jeunes âgés de moins de 35 ans pour travailler avec des systèmes de drones.
Comme l’écrivait l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) le 16 décembre, le Kremlin rejette de facto tous les principes fondamentaux sur lesquels reposent les travaux actuels du plan de paix visant à mettre fin à la guerre de la russie contre l’Ukraine, des garanties de sécurité au maintien de la souveraineté ukrainienne. En revanche, le ministère russe des Affaires étrangères a explicitement désigné comme objectif de la guerre la volonté de contraindre les Ukrainiens à se convaincre qu’ils « appartiennent » prétendument à la russie.
Ces éléments figurent dans un nouveau rapport de l’ISW.
Les analystes de l’ISW soulignent que le Kremlin a, de fait, «rejeté explicitement» les propositions des États-Unis et de l’Europe visant à accorder à l’Ukraine des garanties de sécurité «similaires à celles de l’OTAN» dans le cadre d’un accord de paix, et continue de signaler son refus de tout compromis concernant les revendications territoriales russes sur le territoire souverain de l’Ukraine.
En particulier, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré lors d’une interview télévisée en anglais sur la chaîne ABC News que la russie « ne signera jamais, n’acceptera jamais et ne se satisfera même pas » de la présence de quelconques « troupes de l’OTAN » en Ukraine, même si ces forces faisaient partie de garanties de sécurité ou représentaient des pays membres de la Coalition des volontaires. Riabkov a également répété que la russie n’acceptera «sous aucune forme» un compromis concernant les cinq régions ukrainiennes qu’elle considère sans fondement comme siennes après leur annexion illégale, à savoir les régions de Donetsk, de Louhansk, de Zaporijjia, de Kherson ainsi que la Crimée.
L’ISW souligne que ces propos de Riabkov sur les « cinq régions dans leur ensemble » reprennent en réalité l’exigence du Kremlin selon laquelle l’Ukraine devrait renoncer aux parties non occupées des régions de Donetsk, de Louhansk, de Zaporijjia et de Kherson en transférant leur contrôle à la russie. Cela indique, selon les experts de l’ISW, que Moscou acceptera très probablement aucun cessez-le-feu qui gèlerait la ligne de front actuelle. À leurs yeux, les déclarations de Riabkov s’inscrivent également dans la «théorie de la victoire» russe, selon laquelle la russie doit attendre l’épuisement de la résilience de l’Ukraine et du soutien occidental. Le vice-ministre russe a ainsi affirmé à ABC News que la fin de la guerre de la russie contre l’Ukraine dépendrait du moment où les alliés de Kyiv «reconnaîtront l’issue inévitable du succès [russe] ».
Riabkov a également formulé l’objectif de la guerre de la russie contre l’Ukraine en ces termes: «Tout l’objectif de ce que nous faisons là-bas consiste à faire en sorte qu’au moins une partie de ces personnes, la majorité d’entre elles [les Ukrainiens], préfèrent, et je dirais, jugent plus approprié, d’être là où elles sont censées être, c’est-à-dire en russie». L’ISW souligne qu’en formulant ces propos, Riabkov a de facto désigné comme objectif de la guerre le fait de contraindre les Ukrainiens à «comprendre qu’ils [seraient prétendument] destinés à appartenir à la Russie». Cela confirme ainsi l’objectif de long terme du Kremlin, qui vise à établir un contrôle sur le pouvoir ukrainien et sur le peuple ukrainien, et non seulement sur le territoire, concluent les analystes.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a de son côté répété le 16 décembre que la russie souhaite «mettre fin à cette guerre», tout en cherchant à atteindre ses objectifs. Selon l’évaluation de l’ISW, ces objectifs incluent la «décapitation» et le remplacement des autorités ukrainiennes, la destruction de l’armée ukrainienne et l’affaiblissement de l’unité occidentale. Peskov a également rejeté l’idée d’une trêve de Noël proposée par l’Ukraine et soutenue par les États-Unis.
Ainsi, concluent les analystes de l’ISW, le Kremlin rejette d’ores et déjà les points clés de différentes variantes d’accords de paix, y compris la proposition initiale américaine d’un accord en 28 points, notamment en refusant des garanties de sécurité crédibles pour l’Ukraine ou toute possibilité d’échanges territoriaux.
Bloomberg : les États-Unis préparent des sanctions contre le secteur énergétique de la Fédération de russie si Poutine rejette un accord de paix
Les États-Unis prépareraient un nouveau cycle de sanctions visant le secteur énergétique de la russie si le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, rejetait un potentiel accord de paix dans la guerre russo-ukrainienne.
C’est ce que rapporte Bloomberg, citant des sources informées.
Selon ces interlocuteurs, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, les États-Unis envisagent plusieurs options, notamment :
le ciblage des navires de la «flotte fantôme» de pétroliers russes utilisés pour le transport du pétrole russe ;
le ciblage des traders qui facilitent ces opérations.
D’après ces mêmes sources, les nouvelles mesures pourraient être annoncées dès cette semaine.
Elles précisent que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a évoqué ces projets lors d’une rencontre avec un groupe d’ambassadeurs européens au début de la semaine.
Dans le même temps, les interlocuteurs soulignent que la décision finale reviendra au président américain Donald Trump.
Les discussions sur de nouvelles mesures interviennent alors que, cette semaine, les négociateurs américains et ukrainiens ont enregistré certains progrès concernant les conditions du « plan de paix ».
L’émissaire américain Steve Witkoff s’est rendu à Berlin, où il a mené pendant deux jours des discussions avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyi et des dirigeants européens au sujet des dernières propositions.
À noter que l’ambassadrice d’Ukraine aux États-Unis, Olha Stefanichyna, a indiqué qu’un projet de loi bipartisan avait été soumis au Sénat américain. Celui-ci prévoit des sanctions pour l’achat ou la facilitation de l’importation de pétrole et de produits pétroliers en provenance de la russie.
Rappelons que, fin octobre, les États-Unis ont appliqué pour la première fois, durant le second mandat de Trump, de nouvelles sanctions d’envergure contre la russie en raison du refus de Moscou de prendre au sérieux les efforts de paix du président américain.
En particulier, les sanctions entrées en vigueur le 21 novembre ont visé Rosneft et Lukoil. Malgré un report partiel, ces mesures ont de facto porté un coup fatal aux activités internationales de Lukoil.

