La russie a attaqué l’infrastructure énergétique de Kharkiv ainsi qu’un centre médical à Kyiv. Pourquoi Zelenskyi procède à un « redémarrage » de la verticale du pouvoir. Trump a déclaré qu’il ne croyait pas aux affirmations de la russie concernant une frappe de l’Ukraine contre la résidence de Poutine.
Cinq frappes balistiques : la russie a attaqué l’infrastructure énergétique de Kharkiv ainsi qu’un centre médical à Kyiv
Dans la nuit du 5 janvier, à partir de 18 h le 4 janvier, les forces russes ont attaqué l’Ukraine avec 9 missiles balistiques Iskander-M et des missiles antiaériens guidés S-300, ainsi qu’avec 165 drones d’attaque de type Shahed, Gerbera et d’autres types de drones.
Selon des données préliminaires, à 08 h 00, la défense aérienne a abattu ou neutralisé 137 drones ennemis de type Shahed, Gerbera et d’autres types dans le nord, le centre et l’est du pays.
Des impacts de missiles balistiques et antiaériens guidés ainsi que de 26 drones d’attaque ont été enregistrés sur 10 sites, et la chute de débris de cibles abattues sur 9 sites.
Le lundi 5 janvier, des explosions ont retenti à Dnipro, Kharkiv et Kyiv. L’État agresseur, la russie, a attaqué Kharkiv en plein jour avec des missiles balistiques, et Dnipro avec des drones. Selon Ihor Terekhov, l’infrastructure énergétique a été visée à Kharkiv, dans le district de Slobidskyi.
Le parquet a présenté des fragments de missiles avec lesquels la russie a frappé Kharkiv le 5 janvier. Leur type sera déterminé après les expertises nécessaires.
Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a déclaré que la frappe balistique russe d’aujourd’hui contre la ville était une tentative de « nous briser par la peur et l’obscurité ».
«On peut passer des mois, pas à pas, à tout créer à partir de zéro, poser des réseaux, assembler des schémas, chercher des équipements qui n’existent pas dans le pays. On peut travailler jour et nuit, sans week-ends ni jours fériés, sous les explosions, sous les sirènes, sous la menace de frappes répétées. Quand les services municipaux dorment quelques heures, quand les décisions ne se prennent pas dans des bureaux mais directement sur place, au milieu des ruines. On peut renforcer la protection, béton, métal, abris… Mais aucune structure en béton ne résiste à cinq missiles balistiques », a souligné Terekhov.
Il a confirmé qu’aujourd’hui la russie a délibérément frappé à cinq reprises l’infrastructure énergétique de Kharkiv.
«Les dégâts sont très importants. Ce n’est pas seulement une frappe contre des installations. C’est une frappe contre la chaleur, contre l’eau, contre la vie normale des gens. Ils tentent de nous briser par la peur et l’obscurité. De détruire le résultat de mois de travail difficile et honnête. D’effacer ce que nous avons déjà reconstruit à plusieurs reprises après les bombardements précédents », a insisté le maire de Kharkiv.
Selon lui, « pour Kharkiv, cela signifie une chose, nous recommencerons». «Relever. Restaurer. Relancer. Encore une fois. Et encore. Malgré tout. Nous tiendrons. Nous reconstruirons. Nous vivrons», a-t-il résumé après la frappe russe.
En outre, dans la nuit du 5 janvier, l’armée russe d’occupation a attaqué Kyiv, provoquant l’incendie d’un établissement médical et la mort d’une personne. Le chef du Centre de lutte contre la désinformation, Andrii Kovalenko, a déclaré que la frappe russe contre le centre médical Medykom à Kyiv le 5 janvier était intentionnelle.
«Les Russes ont frappé directement un hôpital à Kyiv », a écrit Kovalenko sur son Telegram.
Pourquoi Zelenskyi procède à un « redémarrage » de la verticale du pouvoir
Au cours des premiers jours de la nouvelle année 2026, le président Zelenskyi a entamé un sérieux redémarrage du pouvoir. Le poste de chef de l’Office du président a été confié au chef du GUR, le général Kyrylo Budanov, et le ministère de la Défense devrait être dirigé par Mykhailo Fedorov. Le média Ukrainska Pravda a cherché à comprendre pourquoi Zelenskyi a choisi le responsable du renseignement Kyrylo Budanov pour diriger l’Office du président, pourquoi un technocrate comme Mykhailo Fedorov est pressenti pour prendre la tête du ministère de la Défense, et ce que signifient, plus largement, les remaniements retentissants de ces derniers jours pour l’avenir du pouvoir et du pays.
Voici, en bref, les principales thèses de l’analyse d’UP.
Lorsque la démission du chef de l’Office du président a finalement eu lieu et que le président a commencé à chercher activement un successeur, deux candidatures sont apparues comme les plus probables, celles de Fedorov et de Budanov.
Ainsi, après son retour des négociations à Mar-a-Lago à la fin de l’année 2025, Zelenskyi a intensifié les discussions avec ces deux favoris et a finalement choisi Budanov. Il est possible que le contexte des échanges avec Trump ait été l’un des facteurs déterminants de ce choix.
«Les nôtres sont revenus des États-Unis avec le sentiment qu’on nous y traitait un peu comme des idiots. Yermak, lorsqu’il occupait le poste, avait monopolisé toutes les négociations, ne laissait personne communiquer avec qui que ce soit, et nous avons perdu des occasions d’établir une communication avec Kushner et d’autres personnes il y a six mois ou un an. Et maintenant, il faut faire quelque chose en urgence », confiait l’un des hauts responsables de l’équipe présidentielle à propos des résultats du voyage aux États-Unis, un ou deux jours avant la nomination de Budanov.
Zelenskyi lui-même a expliqué le choix du chef de l’Office du président par la question des négociations.
«Je renforce l’équipe de négociation. Voilà ce que je fais», a déclaré le président aux journalistes à propos du choix de Budanov.
À son poste précédent, le nouveau chef de l’Office du président était l’un des rares à oser maintenir, de manière non publique, des contacts parallèles à ceux de Yermak avec différents camps au sein de l’équipe de Trump, du général Keith Kellogg jusqu’à l’équipe du vice-président Vance, alors que Yermak tentait constamment de bloquer ces canaux, directement ou par l’intermédiaire du président.
Aux yeux des Américains, Budanov présente deux avantages majeurs. Premièrement, il a une vision réaliste de la situation sur le front, ce qui permet de mener avec lui des négociations adéquates. Deuxièmement, il n’est pas impliqué dans les récents scandales de corruption très médiatisés, ce qui élimine les risques réputationnels liés aux discussions avec lui.
En outre, Budanov est quasiment le seul dans le pays à disposer de contacts de travail directs avec les russes. Il a communiqué avec eux au sujet des échanges de prisonniers et, par exemple, a mené des négociations directes distinctes aux Émirats arabes unis lors de la dernière vague d’efforts diplomatiques de la nouvelle équipe américaine.
Le renforcement de l’équipe de négociation et la « décentralisation» des contacts avec les Américains devraient ainsi constituer les principaux changements qu’apportera la nomination de Budanov. D’ailleurs, le volet international était l’une des principales raisons pour lesquelles le nouveau chef de l’Office du président a accepté ce poste.
En tant que chef de l’Office du président, Budanov dirigera de facto, côté ukrainien, les négociations sur la fin de la guerre, les garanties de sécurité de la part des États-Unis et des partenaires, ainsi que les autres questions de sécurité.
Au cours de l’année écoulée, selon des interlocuteurs d’UP au sein de l’équipe de Zelenskyi, le chef du GUR a tenté à plusieurs reprises de transmettre au président une image réaliste de la manière dont Yermak est perçu aux États-Unis, de l’évaluation de son style de négociation et, plus largement, de sa capacité à mener ce travail. Désormais, il aura l’occasion de montrer des résultats sur ce terrain.
Compte tenu de la hausse constante de la cote de popularité électorale de Budanov, la possibilité de devenir l’architecte de la paix lui offre une réelle chance de franchir la dernière étape qui le sépare de la grande politique publique.
Toutes les autres nominations récentes ne font que renforcer l’impression que Zelenskyi cherche à construire un nouveau système à son image.
C’est dans cette perspective qu’il faut considérer le deuxième transfert de personnel le plus retentissant annoncé, Mykhailo Fedorov devant devenir ministre de la Défense à la place de Denys Shmyhal.
Si cette nomination a bien lieu, ce qui nécessitera de trouver des voix au sein d’une Rada démoralisée, elle pourra être considérée comme la conclusion de la plus longue saga de nominations de ces dernières années, les tentatives répétées de Fedorov pour devenir ministre de la Défense se poursuivant depuis déjà plusieurs années.
Le ministre de la Transformation numérique est l’un des principaux moteurs des changements technologiques au sein de l’armée tout au long de la guerre. Comme l’ont raconté plusieurs témoins à UP, Fedorov génère constamment, lors des réunions, diverses solutions techniques et pousse des projets complexes comme la « Ligne de drones ».
«Misha a toute une conception de nouvelle guerre technologique, qu’il défend âprement depuis longtemps, mais le système résiste autant qu’il le peut. Si Misha devient réellement ministre de la Défense, tout cela se déploiera à pleine puissance », explique l’un des hauts responsables du pouvoir à UP, justifiant l’arrivée de Fedorov au ministère de la Défense.
La nomination de Budanov et le transfert de Serhii Kyslytsia, proche de Yermak, du ministère des Affaires étrangères vers la rue Bankova doivent préparer le pays à un renforcement du volet international et à une éventuelle fin de la guerre par la voie des négociations.
La nomination de Fedorov, en revanche, devrait intensifier les efforts de modernisation des Forces de défense dans l’hypothèse où la russie ferait échouer les négociations et où il faudrait continuer à combattre au même rythme qu’aujourd’hui.
La possible nomination d’un nouveau ministre de la Défense ouvrira la voie à d’autres changements de personnel, encore non annoncés mais déjà évidents, au plus haut niveau du commandement militaire.
Parallèlement à la nomination du ministre de la Défense, Zelenskyi lance un redémarrage total des principales structures de force. Le GUR a un nouveau dirigeant. Le Service de renseignement extérieur en aura bientôt un. Le chef de longue date du Service des gardes-frontières, le général-lieutenant Serhii Deineko, a également été démis de ses fonctions, afin d’effacer le passif lié aux scandales de corruption impliquant des responsables en fuite et, peut-être, de prévenir de nouveaux scandales liés aux achats publics.
Trump a déclaré qu’il ne croyait pas aux affirmations de la russie concernant une frappe de l’Ukraine contre la résidence de Poutine
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré qu’il ne croyait pas aux affirmations de la russie concernant une prétendue frappe de l’Ukraine contre la résidence du dictateur Vladimir Poutine.
C’est ce que rapporte Reuters.
«Je ne crois pas que cette frappe ait eu lieu », a déclaré Trump aux journalistes le dimanche 4 janvier, à bord d’Air Force One.
Le ministère de la Défense de la russie a affirmé que, entre le 28 et le 29 décembre, les moyens russes de défense aérienne avaient repoussé une attaque de 91 drones ukrainiens visant la résidence du dictateur Vladimir Poutine dans la région de Novgorod. Selon cette déclaration, 50 d’entre eux auraient été abattus au-dessus des régions de Briansk et de Smolensk en russie, qui ne sont même pas limitrophes de la région de Novgorod.
Les analystes de l’ISW ont réfuté les déclarations de Lavrov concernant une « frappe » ukrainienne contre la résidence de Poutine à Valdaï, soulignant qu’aucune preuve de cela n’existe. Ils ont également noté que les habitants de Valdaï n’avaient pas entendu de fonctionnement de la défense aérienne durant la nuit.
Commentant l’incident du 29 décembre, le président américain Donald Trump a déclaré que « ce n’est pas le bon moment pour cela » et qu’il vérifierait si l’attaque avait réellement eu lieu. Par la suite, Trump a repartagé un article du New York Post affirmant que Poutine avait inventé l’attaque contre sa résidence.
Le 31 décembre, le Wall Street Journal a rapporté que les services de renseignement américains étaient parvenus à la conclusion que l’Ukraine n’avait pas tenté d’attaquer la résidence de Poutine, réfutant ainsi les déclarations de Moscou. Selon des sources du WSJ, cette évaluation a été fournie par l’Agence nationale de sécurité des États-Unis, et ses conclusions sont également corroborées par l’évaluation de la Central Intelligence Agency (CIA).

