Au matin, près de 60 % de Kyiv sont sans électricité, environ 4 000 bâtiments restent sans chauffage. En janvier, 600 000 personnes ont quitté la capitale. L’Ukraine souhaite créer un système de défense aérienne avec des intercepteurs pilotés par l’IA pour protéger les villes contre le terrorisme aérien de la russie, selon une tribune du Washington Post. Witkoff a déclaré qu’il rencontrerait Poutine demain à Moscou.
Au matin, près de 60 % de Kyiv sont sans électricité, environ 4 000 bâtiments restent sans chauffage. En janvier, 600 000 personnes ont quitté la capitale.
Au matin du mercredi 21 janvier, environ 4 000 bâtiments à Kyiv restent sans chauffage et près de 60 % de la capitale sont privés d’électricité.
C’est ce qu’a indiqué le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelenskyi.
Malgré l’évaluation des autorités municipales selon laquelle les forces mobilisées seraient suffisantes, le président estime nécessaire de recourir à des ressources et à des mesures supplémentaires.
Il a souligné avoir tenu une réunion de coordination spéciale sur la situation énergétique, précisant que la situation la plus difficile se trouve actuellement à Kyiv et dans la région de Kyiv, ainsi que dans les régions de Kharkiv, de Soumy, de Tchernihiv et de Dnipropetrovsk.
Zelenskyi a insisté sur le fait que les équipes de réparation, les employés des entreprises énergétiques et communales, ainsi que le Service d’État des situations d’urgence, travaillent à pleine capacité.
Le président a indiqué que le ministère de l’Intérieur avait fait état du fonctionnement des points de chauffage et de la distribution de repas chauds à la population. Il a également souligné que les communications mobiles et les stations de base fonctionnent de manière stable. Il a en outre discuté avec le gouvernement et Ukrenergo de l’accélération des réparations des réseaux et des sous-stations.
Le maire de Kyiv, Vitalii Klytchko, a déclaré au Times qu’en janvier, 600 000 personnes avaient quitté la capitale.
« Ce mois-ci, 600 000 personnes ont déjà quitté la capitale, qui compte plus de 3 millions d’habitants », a rapporté Klytchko.
Le service de presse du maire a précisé à Ukrainska Pravda qu’il s’agit de données issues du billing téléphonique, indiquant qu’il y a actuellement 600 000 téléphones de moins qui « passent la nuit » dans la ville.
« C’est de là que vient le chiffre annoncé par le maire. Par exemple, on avait compté de la même manière combien de personnes étaient restées dans la ville au début de la guerre, il y en avait alors 800 000. Certains ont suivi les recommandations et, quand ils le pouvaient, sont partis hors de la ville, chez des proches. De plus, les vacances ont été prolongées. Les étudiants sont aussi en enseignement à distance, et une partie d’entre eux est repartie, notamment ceux qui ne sont pas originaires de Kyiv », a expliqué le service de presse.
Entre le 20 décembre 2025 et le 18 janvier 2026, 1 103 personnes ont sollicité une aide médicale d’urgence en raison d’engelures ou d’hypothermie, dont 1 016 ont été hospitalisées.
C’est ce qu’a indiqué le ministère de la Santé de l’Ukraine.
Le plus grand nombre d’hospitalisations pour traumatismes liés au froid a été enregistré le 18 janvier, avec 85 personnes admises à l’hôpital.
L’Ukraine souhaite créer un système de défense aérienne doté d’intercepteurs basés sur l’IA, qui protégerait les villes contre le terrorisme aérien de la russie
L’Ukraine souhaite créer un système de défense aérienne utilisant l’intelligence artificielle, capable de priver le pays agresseur, la russie, de son principal avantage. C’est ce qu’écrit le chroniqueur du Washington Post, David Ignatius, le mardi 20 janvier, après une visite à Kyiv.
« En frappant les sources d’énergie et de chauffage de l’Ukraine, [le dictateur russe Poutine] espère geler le pays et le contraindre à se soumettre. Le président Donald Trump parle parfois comme s’il était d’accord avec Poutine sur le fait que la victoire de la russie dans cette boucherie sanglante est inévitable, et que Kyiv devrait céder des territoires dans le cadre d’un accord de paix », écrit le journaliste, décrivant la situation à Kyiv, où de nombreux habitants sont restés sans chauffage par grand froid après les frappes russes contre le système énergétique.
Cependant, selon Ignatius, l’Ukraine prévoit prochainement de déployer une nouvelle génération d’intercepteurs de défense aérienne basés sur l’intelligence artificielle, « ce qui pourrait permettre au pays de se battre indéfiniment ». Le nouveau ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, a déclaré que l’Ukraine disposait d’un plan clair pour stopper la russie dans l’espace aérien ukrainien. Il a expliqué que le pays souhaite créer un système de défense aérienne de nouvelle génération utilisant l’IA.
Le 18 janvier, Fedorov a signé un accord avec l’entreprise américaine Palantir, spécialisée dans les logiciels pour l’industrie de défense, portant sur la création d’une « salle de données » (Dataroom) avancée, fondée sur l’intelligence artificielle. Celle-ci utilisera des millions de bits de données issues de capteurs et d’images collectés par l’Ukraine pendant près de quatre années de guerre à grande échelle, afin d’entraîner des systèmes d’IA. L’objectif est d’apprendre à ces systèmes à prévoir les attaques russes et à diriger des intercepteurs peu coûteux pour les neutraliser.
Ignatius cite en exemple le drone Octopus, qui coûte quelques milliers de dollars et qui, selon des responsables ukrainiens, est capable de détruire de manière fiable des Shahed russes bien plus onéreux. Le rayon d’action de l’Octopus est de près de 200 kilomètres, et il peut emporter des capteurs électro-optiques, infrarouges ou thermiques, entraînés par l’IA pour la reconnaissance des cibles.
« Il ne s’agit pas de gagner, mais de devenir invincibles. La guerre s’arrête lorsque l’ennemi comprend que ses objectifs politiques sont inaccessibles », a déclaré le directeur général du cluster de défense Brave1, Andriï Hrytseniouk.
Si la nouvelle initiative Dataroom fonctionne, l’Ukraine pourrait, d’ici six mois, disposer des bases d’un système national de missiles de défense aérienne autonomes, capable de « garantir la sécurité des villes ukrainiennes face aux attaques russes ».
« Le projet Dataroom illustre le facteur le plus important de cette guerre. Dans une tentative désespérée de résister à la russie, l’Ukraine a développé ce qui est peut-être le secteur de technologies de défense le plus innovant au monde. Fedorov incarne cette ambition. Il n’a que 34 ans, s’habille comme un technicien typique, dans un simple sweat-shirt. Mais dès 2022, il a convaincu le président Volodymyr Zelenskyi de demander l’aide de Palantir et de Starlink, et a lancé le projet connu sous le nom d’Armée de drones », écrit le journaliste.
Ignatius cite également comme partisan d’un usage agressif des technologies le général-lieutenant de 40 ans Kyrylo Boudanov, récemment nommé à la tête du Bureau du président.
La percée technologique a été coordonnée par l’entreprise Brave1. Au début de l’invasion à grande échelle, l’Ukraine ne comptait que sept entreprises produisant des drones, un an plus tard elles étaient 70, et aujourd’hui environ 500. En outre, 280 entreprises développent des véhicules terrestres autonomes. Brave1 a également indiqué que les capacités de production de l’Ukraine dans le domaine de la défense sont passées d’un milliard de dollars en 2022 à environ 25 milliards de dollars en 2025.
« Bien que l’Ukraine ait atteint une forme de parité avec la russie au sol, sa principale faiblesse reste la défense aérienne. Les attaques russes incessantes détruisent les centrales électriques, les centrales thermiques et d’autres infrastructures critiques. Chaque nuit, l’Ukraine mène une lutte courageuse contre jusqu’à 1 000 missiles et drones, mais ces attaques rendent la vie des civils insupportable. Le projet d’intercepteurs Dataroom est une tentative de créer un bouclier de défense aérienne afin de mettre fin à cette pression nocturne », souligne l’article.
Ignatius conclut sa chronique en rappelant que le dictateur russe ne veut pas faire de concessions, convaincu qu’il peut encore l’emporter. Toutefois, note le journaliste, si l’Ukraine parvient à protéger les civils contre les attaques aériennes russes, « Poutine pourrait revoir son pari ».
Mykhaïlo Fedorov a déclaré auparavant qu’il espérait faire de l’Ukraine le premier pays au monde capable de prévoir et de neutraliser les attaques ennemies à l’aide de l’intelligence artificielle.
Witkoff a déclaré qu’il rencontrerait Poutine demain à Moscou
L’envoyé spécial du président américain Steve Witkoff a déclaré qu’il rencontrerait le dictateur russe Vladimir Poutine à Moscou le 22 janvier. Il l’a affirmé à Davos lors d’une interview accordée à Bloomberg le mercredi 21 janvier.
« Nous devons rencontrer Poutine demain », a déclaré Witkoff.
Il a ajouté que « ce sont précisément les russes qui ont demandé cette rencontre », laissant entendre qu’il s’agissait d’« une déclaration importante de leur part ».
Le gendre du président américain, Jared Kushner, se rendra également à Moscou pour cette rencontre.
Witkoff a indiqué que Donald Trump restait « concentré sur un accord de paix » entre l’Ukraine et la russie, ajoutant que « c’est une composante très importante de son agenda ». L’envoyé a précisé qu’il prévoyait de rencontrer des représentants ukrainiens plus tard le 21 janvier, avant son déplacement à Moscou.
« Les Ukrainiens ont déclaré que 90 % du plan de paix était prêt, et je suis d’accord avec eux. En réalité, je pense que nous avons réalisé des progrès encore plus significatifs. Je pense que toutes les parties sont impliquées dans ce processus et souhaitent qu’un accord de paix soit conclu », a-t-il déclaré.
Le 20 janvier, l’envoyé spécial du dictateur russe, Kirill Dmitriev, a rencontré Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, en marge du forum de Davos. Les parties ont fait état de discussions « très positives » et « constructives ».
Le 21 janvier, le Kremlin a refusé de révéler les détails de cette rencontre, évoquant des échanges « non publics ».

