La Russie a frappé par drones un train transportant 200 passagers dans la région de Kharkiv, cinq morts, Zelenskyi a qualifié ce crime de terrorisme. Frappes nocturnes de la russie, deux morts dans la région de Kyiv, attaque balistique contre Kryvyi Rih, attaques de Shahed contre Odesa et Zaporizhzhia. Faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle cède des territoires du Donbas constitue une «erreur stratégique», selon l’ISW, à propos des pressions exercées par les États-Unis.
La Russie a frappé par drones un train transportant 200 passagers dans la région de Kharkiv, cinq morts, Zelenskyi a qualifié ce crime de terrorisme
Mardi 27 janvier, près du village de Yazykove, dans le district d’Izium de la région de Kharkiv, des forces russes ont attaqué par drones un train de passagers sur la ligne Chop, Kharkiv, Barvinkove. Selon le parquet régional, des fragments de cinq corps ont été retrouvés.
Il est précisé qu’il y a eu deux impacts, l’un à proximité du train, l’autre directement sur un wagon, ce qui a provoqué un incendie. Les autorités indiquent également que les russes ont utilisé trois drones d’attaque, vraisemblablement de type Geran-2.
Le président Volodymyr Zelenskyi a déclaré que quatre personnes ont été tuées à la suite de la frappe russe contre le train. Le wagon touché par l’un des drones comptait 18 personnes, et plus de 200 passagers se trouvaient au total dans le train.
«Dans n’importe quel pays, une attaque de drones contre un train civil serait considérée de la même manière, exclusivement comme du terrorisme. Il ne pourrait y avoir aucun doute sur cette qualification, ni en Europe, ni en Amérique, ni dans le monde arabe, ni en Chine, ni ailleurs. Il n’y a et il ne peut y avoir aucun objectif militaire à détruire des civils dans un wagon de train », a souligné le chef de l’État, ajoutant que la russie devait répondre de ces actes de terreur.
Le matin du 28 janvier, Ukrzaliznytsia a mis les drapeaux en berne dans toutes les gares en mémoire des victimes du train frappé dans la région de Kharkiv.
«La minute de silence d’aujourd’hui est dédiée à nos soldats, mais aussi à l’horrible tragédie d’hier, nos passagers tués par la Russie».
Les cheminots indiquent que tout au long de la journée, les trains phares qui partent traditionnellement en musique quitteront les gares dans le silence.
Frappes nocturnes russes: deux morts dans la région de Kyiv, frappe balistique sur Kryvyi Rih, attaques de drones Shahed contre Odesa et Zaporijjia
Dans la nuit du 28 janvier, la russie a attaqué plusieurs régions d’Ukraine avec des drones Shahed, notamment Kyiv et la région de Kyiv, Zaporijjia et Odesa, et a frappé Kryvyi Rih par des missiles balistiques. À Bilohorodka, près de Kyiv, deux personnes ont été tuées après l’impact d’un drone sur un immeuble résidentiel.
Les principales conséquences de l’attaque nocturne ont été détaillées par le vice-Premier ministre Oleksii Kuleba. Les forces russes ont attaqué le port de Pivdennyi, dans la région d’Odesa, provoquant plusieurs incendies, la destruction d’éléments logistiques, ainsi que des dommages à des hangars, une locomotive et des bâtiments industriels. À Kryvyi Rih, une partie de la ville s’est retrouvée sans chauffage. À Zaporijjia, plus de dix immeubles d’habitation ont été endommagés. Dans la région de Kyiv, à Bilohorodka, un drone a touché un immeuble résidentiel, faisant deux morts.
Dans la communauté de Bilohorodka, un mari et sa femme ont été tués. Leur enfant de 4 ans a reçu de l’aide. L’enfant a été sauvé par le journaliste de Radio Liberty et correspondant de guerre Marian Kushnir.
Il l’a raconté lors du marathon national mercredi matin, le 28 janvier. Le drone ennemi a frappé l’étage supérieur d’un immeuble de plusieurs niveaux. Un important incendie s’est déclaré, le toit a pris feu, les flammes ont entièrement ravagé l’appartement.
Le couple, un homme et une femme, vivait dans un appartement en duplex. Les adultes dormaient au deuxième étage, là où le drone russe a frappé vers deux heures du matin. L’enfant de quatre ans dormait au premier étage.
En entendant l’explosion, le correspondant de guerre Marian Kushnir, qui habite le même immeuble, a saisi son sac tactique, avec lequel il se rendait dans les zones les plus dangereuses du front, et s’est précipité pour porter secours. Selon lui, il n’a d’abord pas compris qu’il s’agissait d’une frappe de drone, n’ayant pas entendu le bruit caractéristique auparavant. Il pensait qu’il s’agissait peut-être d’une explosion de gaz.
«Dans ce chaos, j’ai vu la porte entrouverte de cet appartement, je l’ai ouverte et j’ai vu une petite fille allongée sur le lit, enveloppée dans une couverture. Elle pleurait et criait : “Maman !”. Et la maman était au deuxième étage… c’est précisément là que l’incendie faisait rage. J’ai pris la fillette dans mes bras, je l’ai sortie et je l’ai emmenée loin de là», a raconté le journaliste.
Après avoir confié l’enfant aux voisins, Kushnir est retourné dans l’appartement pour tenter de sauver les adultes, mais le deuxième étage et l’escalier étaient entièrement envahis par les flammes, ce qui rendait l’accès impossible.
La fillette, très choquée mais physiquement indemne, a ensuite été prise en charge par son père biologique, sa mère et son beau-père ayant péri dans l’incendie.
Elle a également un frère aîné, qui fêtait ses 20 ans ce 28 janvier.
Pousser l’Ukraine à céder des territoires du Donbas constitue une «erreur stratégique», selon l’ISW, à propos des pressions exercées par les États-Unis
La cession à la Russie de territoires non occupés de l’oblast de Donetsk en échange de garanties de sécurité américaines, vers laquelle l’administration de Donald Trump pousserait probablement l’Ukraine, constituerait une «erreur stratégique», estiment les analystes de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW).
Dans son rapport, l’ISW met l’accent sur un article du Financial Times (FT), selon lequel l’octroi par les États-Unis de garanties de sécurité dépendrait de l’accord de l’Ukraine à un règlement de paix, qui inclurait vraisemblablement la cession à la russie de l’ensemble du Donbas (les oblasts de Louhansk et de Donetsk, y compris les territoires contrôlés par l’Ukraine). Deux sources du FT ont déclaré que les États-Unis avaient laissé entendre qu’ils étaient prêts à fournir davantage d’armements pour renforcer l’armée ukrainienne en temps de paix, si l’Ukraine acceptait de retirer ses troupes de tout le Donbas.
Les interlocuteurs du journal ont également indiqué que les garanties de sécurité proposées par les États-Unis incluraient une obligation qui «reflète » l’esprit de l’article 5 de l’OTAN, ainsi qu’une promesse de réponse militaire coordonnée en cas d’attaque « prolongée » de la russie contre l’Ukraine d’après-guerre. L’une des sources a estimé que ces garanties pourraient être « trop vagues » pour l’Ukraine et, en même temps, « trop larges » pour la russie. Bien que la Maison-Blanche nie l’existence d’une telle exigence américaine envers l’Ukraine, l’agence Reuters a publié le 28 janvier des informations similaires, selon lesquelles l’Ukraine devrait signer un accord de paix avec la russie avant de pouvoir obtenir des garanties de sécurité.
Dans ce contexte, les experts de l’Institut pour l’étude de la guerre qualifient d’« erreur stratégique » toute tentative de pousser l’Ukraine à des concessions territoriales que la russie ne serait vraisemblablement ni capable ni en mesure de conquérir rapidement ou facilement par la force militaire.
L’ISW continue d’estimer que la russie devrait consacrer des ressources, du temps et des effectifs considérables pour s’emparer du reste du Donbas. Même en supposant que les forces d’occupation puissent maintenir le rythme d’avancée observé fin novembre 2025, elles seraient malgré tout peu susceptibles de prendre l’ensemble de l’oblast de Donetsk avant août 2027, constate l’ISW.
L’institut rappelle que le rythme de progression de la russie a ralenti fin décembre 2025 et début janvier 2026, probablement en partie en raison de conditions météorologiques défavorables. Les tentatives russes d’occuper entièrement l’oblast de Donetsk pourraient donc durer encore plus longtemps que prévu initialement.
À l’inverse, le retrait des forces ukrainiennes des territoires de l’oblast de Donetsk qui restent sous contrôle de l’Ukraine offrirait à l’armée russe des positions bien plus avantageuses pour reprendre, à l’avenir, des attaques vers le sud-ouest et le centre de l’Ukraine, après une pause destinée à reconstituer ses forces.
Pour dissuader efficacement une telle agression future de la russie, une armée ukrainienne forte et des garanties de sécurité occidentales fiables sont nécessaires, rappellent les analystes de l’ISW, or les responsables russes ont à plusieurs reprises rejeté cette idée.
Ainsi, le 26 janvier, le directeur du Service des renseignements extérieurs de la russie, Sergueï Narychkine, a déclaré que la Coalition des volontaires européenne avançait des conditions de paix « absolument inacceptables » pour la russie, faisant probablement référence aux efforts de cette coalition visant à déployer des forces de dissuasion dans l’Ukraine d’après-guerre. Le 27 janvier, le vice-président de la commission de la Défense de la Douma d’État russe, Alexeï Jouravliov, a quant à lui rejeté ouvertement l’idée d’un déploiement de troupes des pays de l’OTAN en Ukraine après la guerre.
En conclusion, selon les analystes de l’ISW, le Kremlin acceptera difficilement tout règlement incluant des garanties de sécurité substantielles pour l’Ukraine. Ces refus répétés du Kremlin et l’ignorance constante du processus de négociation par Moscou indiquent que la russie reste attachée à la « théorie de la victoire » de Vladimir Poutine, l’idée selon laquelle la russie pourrait vaincre l’Ukraine en attendant que sa capacité à se battre s’épuise et que la volonté de l’Occident de soutenir l’Ukraine s’amenuise.

