Une attaque de drones russes contre une entreprise charbonnière dans la région de Dnipropetrovsk a tué 12 mineurs et en a blessé 16. Plus de la moitié des Ukrainiens sont opposés à l’abandon de territoires en échange de garanties de sécurité, selon un sondage. L’Ukraine manque de missiles pour ses systèmes de défense aérienne, a déclaré le porte-parole des Forces aériennes des Forces armées ukrainiennes, Yuriy Ihnat.
Une attaque de drones de la russie contre une entreprise charbonnière dans la région de Dnipropetrovsk a tué 12 mineurs et en a blessé 16
Dimanche 1er février, les troupes russes ont attaqué par drones la ville de Ternivka, dans la région de Dnipropetrovsk. L’un des drones a frappé à proximité d’un bus de service transportant des mineurs de l’entreprise énergétique privée DTEK. À la suite de l’attaque, 12 personnes ont été tuées et 16 blessées.
«La Russie a mené une attaque terroriste de grande ampleur contre les mines de DTEK dans la région de Dnipropetrovsk. L’épicentre de l’une des frappes a été un bus de travail qui transportait des mineurs de l’entreprise après leur service », indique le communiqué de DTEK.
Dimanche soir, 14 personnes restaient hospitalisées, dont 7 dans un état grave, a déclaré le chef de l’administration militaire régionale de Dnipropetrovsk, Oleksandr Hanzha. Il s’agit de salariés de la mine.
Le conseiller du ministre de la Défense pour les questions technologiques, Serhiy « Flash » Beskrestnov, a affirmé que les opérateurs, depuis le territoire de la russie, voyaient et identifiaient à 100 % la cible comme civile et ont pris la décision consciente de l’attaquer. Selon lui, le bus transportant les mineurs a été visé par des Shahed pilotés en ligne.
«Le premier Shahed a frappé près du bus, le conducteur, sous l’effet de l’onde de choc, a perdu le contrôle et a percuté une clôture, les passagers ont commencé à sortir du bus en s’aidant mutuellement. À ce moment-là, l’opérateur du second Shahed a vu les gens et a dirigé le drone directement sur des civils », a écrit Beskrestnov sur Facebook dimanche.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiha a souligné l’importance de tenir la russie pour responsable des crimes commis au cours de la guerre contre l’Ukraine, comme élément d’une paix durable. « Aucune cible militaire, seulement des hommes travailleurs qui rentraient chez eux après leur service. C’est véritablement horrible. La russie prouve une fois de plus son statut d’État terroriste », a écrit Sybiha sur le réseau social X. «Les meurtriers russes responsables de cette atrocité et d’autres doivent être traduits en justice. La redevabilité est essentielle pour une paix juste », a ajouté le ministre.
Plus de la moitié des Ukrainiens sont opposés à l’abandon de territoires en échange de garanties de sécurité, selon un sondage
La majorité, soit 52% des Ukrainiens, rejettent catégoriquement la proposition de céder l’ensemble du Donbas au contrôle de la fédération de russie en échange de garanties de sécurité, tandis que 9% accepteraient facilement cette condition et 31% supplémentaires seraient prêts à l’accepter comme un compromis difficile, selon les résultats d’un sondage national réalisé du 23 au 29 janvier par l’Institut international de sociologie de Kyiv, KIIS.
Il est précisé que, par rapport à la mi-janvier, aucune évolution significative de l’opinion n’a été constatée sur cette question.
« Il convient de souligner séparément que parmi les habitants de Kyiv, 59% jugent une telle condition catégoriquement inacceptable. Ils sont 31% à être prêts à l’accepter. Ainsi, malgré la situation difficile dans la capitale, la majorité la rejette. Concernant les autres régions, à l’Ouest 57% la rejettent catégoriquement et 38% sont prêts à l’accepter, dans le Centre et le Nord, hors Kyiv, 49% contre 42%, dans le Sud 49% contre 44%, et dans l’Est 50% contre 39% », indique le communiqué du KIIS.
Par ailleurs, 88% des Ukrainiens estiment que, par ses frappes contre le secteur énergétique, la russie cherche à priver la population d’électricité et de chauffage afin de la contraindre à la capitulation. Depuis l’automne 2025, 9% des Ukrainiens ont fait l’expérience d’un déménagement vers une autre localité ou un autre logement en raison de problèmes de chauffage ou d’électricité. Parmi eux, 6% sont déjà rentrés chez eux.
Commentant les résultats du sondage, le directeur exécutif du KIIS, Anton Hrouchetsky, a déclaré dans le communiqué : « À la fin janvier 2026, la campagne russe de frappes massives contre l’énergie ukrainienne et les tentatives de plonger la population dans l’obscurité et le froid n’ont pas eu d’impact notable sur l’opinion publique. Nous ne constatons pas de hausse du soutien à une “paix à n’importe quelles conditions”, y compris dans la capitale, qui a été une cible particulière des attaques en janvier. Au contraire, nous voyons que la majorité de la population conserve la volonté de poursuivre la résistance et soutient également la réalisation de frappes contre la russie ».
Le sondage a été réalisé par la méthode d’entretiens téléphoniques assistés par ordinateur, CATI, sur la base d’un échantillon aléatoire de numéros de téléphonie mobile dans toutes les régions d’Ukraine contrôlées par le gouvernement. Au total, 1003 personnes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées. Dans des conditions normales, la marge d’erreur statistique d’un tel échantillon, avec une probabilité de 0,95 et en tenant compte d’un effet de plan de 1,3, ne dépasserait pas 4,1%. En temps de guerre, à cette marge formelle s’ajoute un certain biais systématique.
L’Ukraine manque de missiles pour ses systèmes de défense aérienne, déclare le porte-parole des Forces aériennes des Forces armées ukrainiennes, Yuriy Ihnat
L’Ukraine manque de missiles pour ses systèmes de défense aérienne, et il arrive que certaines batteries restent « vides » dans l’attente d’une nouvelle attaque russe. C’est ce qu’a déclaré Yuriy Ihnat, chef du département des communications du Commandement des Forces aériennes des Forces armées ukrainiennes, dans une interview accordée à RBK-Ukraine.
«Nous l’avons déjà affirmé à plusieurs reprises, et le président ukrainien a souvent attiré l’attention des partenaires sur le fait que certains systèmes se retrouvent parfois sans munitions, alors qu’il faut disposer de moyens pour repousser la prochaine attaque. Et effectivement, avant l’une de ces offensives, des équipements nous ont été fournis la veille… Les Forces de défense ont alors repoussé cette frappe massive de manière assez efficace grâce aux missiles destinés aux F-16, aux NASAMS, aux IRIS-T et aux Patriot », a déclaré Ihnat.
Yuriy Ihnat a souligné qu’il y avait eu des moments où les Forces aériennes faisaient face à un déficit sérieux de ces missiles. Lors de l’une des attaques russes, un système NASAMS ne disposait que de deux missiles au lieu de six.
Un autre problème pour la défense aérienne réside dans le grand nombre de missiles et de drones que la russie lance contre l’Ukraine.
«Voilà ce qui distingue les attaques actuelles de celles des années précédentes: l’ennemi frappe simultanément, de manière intensive et avec une grande quantité de moyens, une même ville ou une même région. Parfois, nos systèmes de missiles antiaériens, tels que les NASAMS ou les IRIS-T, n’ont tout simplement pas le temps d’être rechargés lors de ces assauts de grande ampleur », explique-t-il.

