Menu

Jour 1461 de résistance: Zelenskyi a expliqué pourquoi l’Ukraine ne peut pas se retirer du Donbas

La russie modifie les objectifs de ses frappes massives et intensifie sa campagne d’attentats et de sabotages en Ukraine — ISW. Zelenskyi a expliqué pourquoi l’Ukraine ne peut pas se retirer du Donbas. Dans le Tatarstan russe, une station clé de pompage du pétrole de l’oléoduc « Droujba » a été attaquée, un incendie de grande ampleur s’est déclaré.

La russie modifie les objectifs de ses frappes massives et intensifie sa campagne d’attentats et de sabotages en Ukraine — ISW

À la fin de l’hiver, la fédération de russie réoriente ses frappes massives, passant des infrastructures énergétiques aux réseaux d’eau et aux infrastructures ferroviaires.

Telles sont les conclusions présentées par l’Institute for the Study of War dans son nouveau rapport.

Les analystes rappellent que les forces de l’ordre ukrainiennes et moldaves ont récemment annoncé l’opération « Enigma 2.0 », qui a permis de démanteler un groupe organisé préparant des assassinats commandités de personnalités ukrainiennes connues, notamment le représentant chargé des communications stratégiques du renseignement militaire, Andrii Yusov, ainsi que des journalistes et des acteurs de la société civile. Le Service de sécurité ukrainien (SBU) avait alors averti que la russie entendait utiliser ces assassinats retentissants pour semer la panique et déstabiliser la situation sociopolitique en Ukraine. En août 2025, à Lviv, l’ancien président de la Verkhovna Rada, Andrii Parubii, a été assassiné.

Après un nouvel attentat à Lviv dans la nuit du 22 février, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyi a averti que les renseignements ukrainiens indiquent une intention probable de la russie de poursuivre de telles attaques.

L’ISW estime que la russie continuera d’organiser des attaques similaires et des tentatives d’assassinat pour atteindre son objectif de déstabilisation de l’Ukraine. « La fédération de russie recourt probablement à une escalade de sa campagne de sabotage visant à saper la confiance des Ukrainiens dans leur sécurité et à déstabiliser la société ukrainienne », soulignent les analystes. Selon eux, Moscou pourrait également exploiter les informations sur ces attaques ou sur les arrestations liées à des complots déjoués pour promouvoir des récits destinés à semer la panique et la méfiance dans la société ukrainienne.

Les experts de l’ISW ont également analysé la nouvelle frappe massive combinée lancée par la russie dans la nuit du 22 février. Ils ont relevé les propos de Volodymyr Zelenskyi, indiquant que cette fois, les forces russes ont attaqué non seulement des infrastructures énergétiques, mais aussi la logistique, notamment les infrastructures ferroviaires et les réseaux d’eau dans les villes ukrainiennes. Le vice-Premier ministre ukrainien Oleksii Kuleba a précisé que les Russes ont frappé des infrastructures ferroviaires dans les oblasts de Donetsk, Zaporizhzhia, Mykolaiv et Odesa, endommageant deux locomotives.

L’ISW constate que cette réorientation vers de nouvelles cibles intervient après les attaques visant à détruire le réseau énergétique ukrainien en plein hiver. Les analystes estiment toutefois que les forces russes continueront probablement à tenter d’endommager davantage l’infrastructure énergétique ukrainienne au moyen de frappes combinées à longue portée.

Dans la nuit du 22 février, la russie a mené une frappe combinée sur des infrastructures critiques ukrainiennes, utilisant des drones d’attaque ainsi que des missiles aériens et terrestres. Au total, les forces aériennes ukrainiennes ont recensé 345 moyens d’attaque, parmi lesquels :

  • 4 missiles antinavires Zircon
  • 22 missiles balistiques Iskander-M/S-400
  • 18 missiles de croisière Kh-101
  • 2 missiles de croisière Iskander-K
  • 4 missiles aériens guidés Kh-59/69
  • 297 drones d’attaque de type Shahed, Gerbera, Italmass et autres types, dont environ 200 Shahed

Les principales directions des frappes ont été Kyiv, Odesa, Kirovohrad et Poltava. La défense antiaérienne a abattu ou neutralisé 307 cibles, dont 33 missiles et 274 drones.

Zelenskyi a expliqué pourquoi l’Ukraine ne peut pas se retirer du Donbas

Le retrait de l’Ukraine des territoires restants du Donbas, comme l’exige le Kremlin lors des négociations de paix, pourrait provoquer une fracture au sein de la société et affaiblir la position du pays.

Dans une interview à la BBC, Volodymyr Zelenskyi a souligné que, pour lui, le Donbas n’est pas simplement un territoire. Interrogé sur les raisons pour lesquelles l’Ukraine ne peut pas renoncer à 20 % du territoire de l’oblast de Donetsk en échange d’un cessez-le-feu, il a répondu qu’une telle décision entraînerait une division de la société.

« Je vois les choses autrement. Je ne considère pas cela simplement comme une terre. J’y vois une trahison : un affaiblissement de nos positions, l’abandon de centaines de milliers de nos concitoyens qui y vivent. Voilà comment je le perçois. Et je suis convaincu que ce “retrait” divisera notre société », a-t-il déclaré.

Il a également affirmé que l’Ukraine non seulement ne perdra pas, mais sortira victorieuse de la guerre. Il s’oppose aussi à tout retrait de positions stratégiquement importantes que la Russie n’a pas réussi à occuper.

Zelenskyi est par ailleurs convaincu que le dictateur russe Vladimir Poutine a déjà déclenché une troisième guerre mondiale. Il a ajouté que le monde doit exercer une pression militaire et économique sur la Russie afin de la contraindre à reculer.

« Je pense que Poutine l’a déjà commencée. La question est de savoir combien de territoires il pourra s’emparer et comment l’arrêter… La Russie veut imposer au monde un autre mode de vie et transformer la vie que les peuples ont choisie pour eux-mêmes », a-t-il déclaré.

Zelenskyi a également averti que Poutine ne s’arrêtera pas au Donbas et qu’après une pause, il pourrait lancer une nouvelle offensive.

« Probablement que ce retrait des troupes des territoires actuellement tenus dans l’oblast de Donetsk le satisferait pendant un certain temps… il a besoin d’une pause… mais dès qu’il se reconstituera, nos partenaires européens disent que cela pourrait prendre de trois à cinq ans. À mon avis, il pourrait se rétablir en deux ans tout au plus. Où ira-t-il ensuite ? Nous ne savons pas, mais le fait qu’il voudra poursuivre la guerre est certain », a conclu Zelenskyi.

Le 20 février, Zelenskyi a rejeté toute idée de retrait des troupes du Donbas pour parvenir à un accord de paix avec l’État agresseur, la Russie.

Le 14 février, il avait qualifié de dangereuses les propositions invitant l’Ukraine à se retirer de l’oblast de Donetsk, estimant que les ambitions réelles de la fédération de Russie dépassent largement cette région.

Le 17 février, le président a déclaré que le peuple ukrainien rejetterait tout accord de paix prévoyant un retrait unilatéral des troupes du Donbas et la cession de la région à la Russie.

Le 18 février, le New York Times, citant des sources militaires et des services de renseignement occidentaux, rapportait que Vladimir Poutine serait prêt à poursuivre la guerre contre l’Ukraine encore deux ans afin d’obtenir le contrôle total du Donbas.

Auparavant, Zelenskyi avait répété à plusieurs reprises que la position de l’Ukraine sur les questions territoriales n’avait pas changé. Kyiv n’acceptera pas de céder à la Russie les oblasts de Donetsk et de Louhansk.

De son côté, le Kremlin insiste sur la dite « formule d’Anchorage », qui prévoit le retrait des Forces de défense ukrainiennes du Donbas et le gel des lignes de front actuelles dans d’autres régions de l’est et du sud de l’Ukraine.

Dans le Tatarstan russe, une station clé de pompage du pétrole de l’oléoduc « Droujba » a été attaquée, déclenchant un incendie de grande ampleur.

Dans la nuit du 23 février, la station de pompage de pétrole « Kaleykino » dans le Tatarstan russe, un nœud clé pour l’oléoduc d’exportation « Droujba », a été attaquée.

Le canal Telegram « Exilenova+ » a publié des photos et vidéos montrant les conséquences de l’attaque, avec un incendie de grande ampleur sur le site.

La station « Kaleykino » est la plus puissante de la région et l’un des principaux hubs logistiques de l’énergie russe. C’est là que se fait le processus de mélange du pétrole provenant de différentes régions — Sibérie occidentale et Volga — avant son exportation. La station maintient la pression critique et assure le pompage continu du brut vers le pipeline « Droujba » et vers les raffineries du Tatarstan.

La frappe contre cette installation constitue un coup direct à l’économie militaire russe. Les revenus pétroliers et gaziers représentent environ un tiers du budget russe, financant la guerre contre l’Ukraine, et « Kaleykino » est la première étape dans la chaîne d’approvisionnement vers le marché européen.