La Russie a détruit plus de 1,5 million de livres en Ukraine en moins d’un mois, selon l’Institut ukrainien du livre. La cote de popularité de Vladimir Poutine est tombée à son plus bas niveau depuis 2021, rapporte Newsweek. Frappes nocturnes en Crimée : une partie de la péninsule a été privée d’électricité et le plus grand centre de commerce de gros est en flammes.
La Russie a détruit plus de 1,5 million de livres en Ukraine en moins d’un mois, selon l’Institut ukrainien du livre
À la suite des attaques russes menées au cours du mois de juillet, le secteur ukrainien de l’édition a perdu plus de 1,5 million de livres.
C’est ce qu’a annoncé l’Institut ukrainien du livre sur Facebook :
«Rien qu’en juillet, la Russie a détruit plus de 1,5 million de livres. Il s’agit d’une destruction délibérée de la culture, du savoir et de la mémoire ukrainiens».
Dans la nuit du 19 juillet, lors d’une attaque massive contre Kyiv, l’imprimerie du groupe Konvi ainsi que les bureaux de la maison d’édition ARK.UA ont subi d’importants dégâts.
La directrice commerciale du groupe Konvi, Viktoriya Haïdaï, a souligné que son imprimerie est l’une des plus importantes d’Ukraine et qu’elle imprime notamment des manuels scolaires.
«Heureusement, aucun employé n’a été blessé. En revanche, un missile balistique russe a détruit les toitures de vastes ateliers. Les équipements des ateliers d’impression et de reliure ont été détruits ou inondés, tandis que les bureaux ont entièrement brûlé.
Près de 250 000 manuels scolaires de 9e année, prêts à être expédiés dans les écoles, ont été totalement détruits.
Des produits éditoriaux semi-finis, représentant un tirage d’environ 350 000 livres, dont des manuels destinés aux élèves de 4e année, ont également été endommagés.
Parmi les maisons d’édition touchées figurent Ranok, Gramota, Litera LTD, Linhvist, #knygolove, Laboratoriya, Artbooks, ASSA, Kalamar, Athena, Aston, Bookshef, MISON, Vychtcha Chkola, Medytsyna, Apriori, ainsi que d’autres éditeurs. »
La maison d’édition MISON devait publier son tout premier ouvrage, Le Musée des histoires familiales d’Olena Skoulovatova, le 20 juillet. Selon ses fondateurs, Inna et Oleksandr Pakholiouk, malgré la frappe ayant touché leur entrepôt, le tirage a été peu affecté : seuls environ 200 exemplaires ont été perdus. Ils ont donc décidé de maintenir la présentation du livre et d’envoyer les exemplaires à toutes les personnes les ayant précommandés.
De son côté, la maison d’édition Knygolove a annoncé qu’environ 250 000 livres avaient été détruits lors de la frappe russe du 19 juillet.
Frappes nocturnes en Crimée : une partie de la péninsule privée d’électricité, le plus grand centre de commerce de gros en flammes
Dans la nuit du 21 juillet, plusieurs sites ont été touchés en Crimée temporairement occupée, provoquant des coupures d’électricité sur une partie de la péninsule ainsi qu’un important incendie dans le plus grand centre de distribution en gros de la région.
C’est ce qu’a rapporté la chaîne Telegram Krymskyi Viter.
Selon cette source, vers 4 heures du matin, une puissante explosion a été entendue dans la région de la Grande Yalta. Depuis, une partie de la côte sud de la Crimée est privée d’électricité.
Par ailleurs, un vaste incendie s’est déclaré dans le village de Tchystenke, près de Simferopol, où se trouve le plus grand centre logistique de la chaîne russe Produkty u doma (« Produits près de chez vous »). Krymskyi Viter précise toutefois que cette information reste à confirmer.
Créée en 2015 sur la base des magasins de la chaîne ukrainienne ATB saisis après l’occupation de la Crimée, Produkty u doma exploite aujourd’hui plus de 170 magasins dans 56 localités de la péninsule, ainsi qu’un point de vente dans le kraï de Krasnodar, en Russie. L’enseigne commercialise des produits alimentaires et non alimentaires.
Le 20 juillet, les Forces ukrainiennes des systèmes sans pilote avaient annoncé avoir frappé, dans la nuit précédente, sept navires russes en mer Noire et en mer d’Azov, ainsi que sept nœuds énergétiques et sous-stations électriques en Crimée temporairement occupée.
La cote de popularité de Vladimir Poutine est tombée à son plus bas niveau depuis 2021, selon Newsweek
Le taux d’approbation du dirigeant russe Vladimir Poutine a nettement reculé sur fond de guerre prolongée contre l’Ukraine, de renforcement de la censure numérique et de crise du carburant en Russie. C’est ce qu’indique une analyse publiée par Newsweek.
Selon les dernières données du Centre russe d’étude de l’opinion publique (VTsIOM), un institut contrôlé par l’État russe, 65,1 % des personnes interrogées approuvaient l’action de Poutine au 12 juillet. À l’inverse, 23,4 % des sondés ont déclaré ne pas soutenir son action en tant que président.
D’après Newsweek, des tendances similaires sont également observées par le Centre Levada et le Fonds de l’opinion publique (FOM).
Depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, la cote de popularité de Poutine se situait généralement entre 78 % et 85 %. En septembre 2025, 77,8 % des Russes approuvaient encore son action. La dernière fois que ce niveau était tombé aussi bas remonte à 2021, dans le contexte de la pandémie de COVID-19, de la stagnation économique et des manifestations de soutien à l’opposant russe Alexeï Navalny.
Selon Newsweek, après près de quatre ans et demi de guerre, le « contrat social » informel entre le Kremlin et la population russe commence à s’effriter.
L’un des facteurs de ce mécontentement est le renforcement du contrôle de l’internet russe. Le Kremlin a élargi les pouvoirs du régulateur Roskomnadzor et restreint l’accès aux plateformes étrangères et aux messageries, cherchant à pousser les utilisateurs vers MAX, une application soutenue par l’État.
Toutefois, selon le magazine, Apple a retiré MAX de l’App Store en juin, avant que l’application ne disparaisse également de Google Play. Des millions de Russes n’ont ainsi plus pu télécharger ou mettre à jour l’application, provoquant des perturbations dans leur quotidien et leur travail.
L’experte du Carnegie Russia Eurasia Center, Maria Kolomitchenko, a déclaré à Newsweek que les autorités russes avaient été contraintes d’assouplir partiellement les restrictions sur Internet face à la montée du mécontentement. Cette évolution intervient à l’approche des élections à la Douma d’État, avant lesquelles le Kremlin cherche à afficher un fort soutien à Poutine et au parti Russie unie.
Un autre facteur de tension est la crise du carburant provoquée par les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes. Les attaques visant les raffineries et les terminaux pétroliers ont entraîné des pénuries, de longues files d’attente dans les stations-service et une inquiétude croissante au sein de la population.
Selon Maria Kolomitchenko, cette crise du carburant, conséquence des frappes ukrainiennes, alimente davantage encore le sentiment d’insécurité et d’incertitude au sein de la société russe.

