{"id":99345,"date":"2020-03-13T21:59:36","date_gmt":"2020-03-13T21:59:36","guid":{"rendered":"http:\/\/uacrisis.org\/?p=75225"},"modified":"2020-03-23T18:28:29","modified_gmt":"2020-03-23T16:28:29","slug":"75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea","title":{"rendered":"L&#8217;\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d&#8217;un livre de reportages sur la Crim\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>En mars 2020, un livre de reportages sur la Crim\u00e9e annex\u00e9e a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en Ukraine. Son auteur, Natalia Goumeniouk, journaliste \u00e0 Hromadske, a effectu\u00e9 7 s\u00e9jours dans la p\u00e9ninsule occup\u00e9e entre 2014 et 2019, c\u2019est sur cette base qu\u2019elle a r\u00e9dig\u00e9 son ouvrage. La journaliste a suivi de pr\u00e8s le sc\u00e9nario de l&#8217;annexion, communiquant \u00e0 chaque fois avec les familles des prisonniers politiques. Elle a essay\u00e9 de donner la voix \u00e0 la \u00ab majorit\u00e9 silencieuse \u00bb vivant sur la p\u00e9ninsule et de d\u00e9couvrir pourquoi des centaines de toxicomanes meurent en Crim\u00e9e. Elle a \u00e9galement chercher \u00e0 comprendre comment se porte l&#8217;\u00e9glise ukrainienne de Crim\u00e9e et de savoir si les Crim\u00e9ens ont encore l\u2019espoir que l\u2019Ukraine r\u00e9tablisse sa souverainet\u00e9 sur la Crim\u00e9e.\u00a0 \u00a0L&#8217;UCMC a interrog\u00e9 Natalia sur son livre.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img class=\"lazyload alignnone size-full wp-image-75261\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Crimea.png\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><strong>Votre livre s&#8217;appelle \u00ab\u00cele \u00e9gar\u00e9e\u00bb. Pourtant, la Crim\u00e9e n\u2019est pas une \u00eele, mais une p\u00e9ninsule et elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9gar\u00e9e, mais perdue. Alors, pourquoi?<\/strong><\/p>\n<p>Commen\u00e7ons par l&#8217;\u00eele. Lors de tous mes voyages, depuis le premier jour de l&#8217;annexion en 2014, j&#8217;ai un sentiment que la Crim\u00e9e est dans un isolement total. Elle est isol\u00e9e de l\u2019Ukraine, mais aussi de la Russie, du monde entier.<\/p>\n<p>Dans notre monde globalis\u00e9 cette situation est particuli\u00e8rement marquante, car maintenant tout dans le monde est interconnect\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale, m\u00eame des territoires tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s et exotiques. Et voici la Crim\u00e9e, officiellement proche, mais qui est en r\u00e9alit\u00e9 un territoire s\u00e9par\u00e9, tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9. Dans un monde o\u00f9 il est facile de voyager et de tout savoir, c&#8217;est particuli\u00e8rement paradoxal.<\/p>\n<p>De plus, \u00abvtrachenyi\u00bb (en Ukrainien) est quelque chose qui est perdu pour toujours, une grande perte irr\u00e9versible. J&#8217;ai intentionnellement utilis\u00e9 un autre mot, \u00ab\u00a0zahublenyi \u00bb qui signifie quelque chose perdu par accident, dans la confusion, \u00e9gar\u00e9. Surtout aujourd&#8217;hui, lorsque nous lisons pour recr\u00e9er les \u00e9v\u00e9nements de mars 2014 dont tout le monde semble se souvenir mais ont \u00e9t\u00e9 un peu oubli\u00e9, il apparait \u00e9vident que notre attention s&#8217;est d\u00e9port\u00e9e de la Crim\u00e9e et qu&#8217;elle s&#8217;est &#8220;perdue&#8221;, pour ainsi dire.<\/p>\n<p>Mais il y a une signification suppl\u00e9mentaire du mot \u00ab\u00e9gar\u00e9e\u00bb. Apr\u00e8s tout, la Crim\u00e9e existe factuellement, mais a disparu de nos discours. Nous parlons du Donbass, mais plus de la Crim\u00e9e. Nous nous rem\u00e9morons uniquement son existence \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une comm\u00e9moration ou encore d\u2019une r\u00e9solution. Mais, globalement, elle est \u00e9gar\u00e9e dans l\u2019agenda Ukrainien et international.<\/p>\n<p><strong>En Ukraine, nous parlons beaucoup de la fa\u00e7on dont les choses devraient \u00eatre. Nous r\u00e9p\u00e9tons sans cesse: la Crim\u00e9e, c&#8217;est l&#8217;Ukraine. Nous y croyons, m\u00eame pour ceux qui ne pensent jamais \u00e0 la Crim\u00e9e, n&#8217;aiment pas la Crim\u00e9e, ne veulent pas de la Crim\u00e9e, la Crim\u00e9e est Ukrainienne. Dans votre livre vous ne d\u00e9crivez pas les choses comme elles devraient \u00eatre mais comme elles sont. Cette exp\u00e9rience de communiquer avec la Crim\u00e9e, de s&#8217;y rendre apr\u00e8s l&#8217;annexion, est unique pour les ukrainiens et les \u00e9trangers. Les m\u00e9dias \u00e9trangers, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, ont \u00e9galement rarement visit\u00e9 la Crim\u00e9e apr\u00e8s l&#8217;annexion. Pourquoi \u00e9tait-il important pour vous d&#8217;aller en Crim\u00e9e annex\u00e9e, de prendre des risques et de raconter ces histoires chaque ann\u00e9e?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis correspondante \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, je couvre\u00a0des conflits, et pour \u00eatre honn\u00eate cette crise je la vie comme une terrible trag\u00e9die personnelle. J&#8217;ai \u00e9tudi\u00e9 les conflits au Moyen-Orient, mais ce n&#8217;est que lorsque la guerre est arriv\u00e9e dans mon pays que je l&#8217;ai ressentie.<\/p>\n<p>J&#8217;ai une double responsabilit\u00e9 en tant que journaliste, je dois maintenant travailler dans mon propre pays. Et c&#8217;est terrible quand vous avez toujours pens\u00e9 que cela se passait dans une p\u00e9riph\u00e9rie lointaine, dans d&#8217;autres endroits o\u00f9 il y a des raisons historiques \u00e0 cela. Ceci est la premi\u00e8re chose.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, j&#8217;ai toujours eu de la peine \u00e0 t\u00e9moigner de quelque chose dont tout le monde entend d\u00e9j\u00e0 parler. Je sais, par ma propre exp\u00e9rience, \u00e0 quel point les images rapport\u00e9es par le journalisme de guerre sont d\u00e9form\u00e9es. C&#8217;est une \u00e9norme trag\u00e9die pour le monde.<\/p>\n<p>Les conflits chauds ignorent l&#8217;histoire de la violence structurelle et silencieuse contre les gens. J\u2019ai toujours souhait\u00e9 mettre en lumi\u00e8re ces \u00e9v\u00e8nements, tout au long de ma carri\u00e8re. Cette situation se constate tout particuli\u00e8rement en Crim\u00e9e. Tant d\u2019\u00e9l\u00e9ments g\u00e9opolitiques sont avanc\u00e9s dans la conversation sur la Crim\u00e9e, et si concernant la s\u00e9curit\u00e9 humaine. Par cons\u00e9quent, il s&#8217;av\u00e8re que la Crim\u00e9e est une histoire embl\u00e9matique pour le monde, montrant \u00e0 quel point elle est n\u00e9glig\u00e9e, on a ainsi le sentiment que l&#8217;Occident accepte des sph\u00e8res d&#8217;influence.<\/p>\n<p><img class=\"lazyload alignnone size-full wp-image-75264\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/CRIMEA21.png\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><strong>Chaque section de votre livre est nomm\u00e9e d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;\u00e9motion: cela commence par la peur, puis la col\u00e8re, la d\u00e9ception et enfin l&#8217;espoir. Pourquoi ? Comment ces \u00e9motions ont-elles \u00e9merg\u00e9es? O\u00f9 avons-nous commenc\u00e9 et o\u00f9 en sommes-nous maintenant ?<br \/>\n<\/strong><br \/>\nJ&#8217;ai beaucoup aim\u00e9 le commentaire du journaliste russe Mikhail Fishman \u00e0 propos de mon livre. Il a dit qu&#8217;en Russie, la libert\u00e9 \u00e9tait r\u00e9duite progressivement, hach\u00e9e morceau par morceau, l&#8217;histoire de la Crim\u00e9e raconte comment le territoire a \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 de libert\u00e9 en un instant. Je ne peux pas dire que nous avons progressivement perdu la Crim\u00e9e. Au lieu de cela, le monde accepte graduellement cette situation. Le fait que l&#8217;ensemble du territoire, qui abrite deux millions de personnes, ait perdu la libert\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 en un instant est commun\u00e9ment accept\u00e9 comme \u00e9tant normal.<\/p>\n<p>Dans mon livre, il n\u2019y a pas d\u2019histoire de la Crim\u00e9e avant l\u2019annexion. J&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 partir du moment o\u00f9 la p\u00e9ninsule post-sovi\u00e9tique d&#8217;Ukraine, cette zone de vill\u00e9giature incroyablement belle, s&#8217;est transform\u00e9e en une station baln\u00e9aire europ\u00e9enne normale. Avec la mer, les plages, les restaurants et toute son industrie.<\/p>\n<p>Maintenant, le monde entier est comme \u00e7a. Le tourisme et les voyages sont une industrie cl\u00e9 dans le monde. Nous voyons \u00e0 quel point il est facile de voyager. En Crim\u00e9e, un tel potentiel a progressivement augment\u00e9 avant l&#8217;annexion.<\/p>\n<p>Mais apr\u00e8s l&#8217;annexion, tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9. C&#8217;est maintenant une transition progressive vers une zone militaris\u00e9e ferm\u00e9e, une zone typique de conflit, gel\u00e9e comme l&#8217;Oss\u00e9tie, le sud de l&#8217;Abkhazie, la Transnistrie, le Haut-Karabakh. Et si d&#8217;autres territoires du monde, comme Chypre du Nord, vont dans le sens inverse et des r\u00e9gions moins prosp\u00e8res, comme les pays des Balkans, se reconstruisent progressivement, dans le cas de la Crim\u00e9e, nous voyons un revers absolu.<\/p>\n<p><img class=\"lazyload alignnone size-full wp-image-75263\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Crimea-4.png\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><strong>Au cours de vos s\u00e9jours vous avez rencontr\u00e9 de nombreuses personnes. Y a-t-il de l\u2019espoir parmi les Crim\u00e9ens ? Attendent-ils l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019Ukraine, la r\u00e9cup\u00e9ration de la Crim\u00e9e et leur lib\u00e9ration ?<\/strong><\/p>\n<p>Je suis journaliste. Aucun de nous ne peut prendre la parole pour les autres. Mais mon sentiment est que les gens en Crim\u00e9e se r\u00e9signeront \u00e0 tout pouvoir qui viendra. Ils sont dans une situation d&#8217;occupation, ils sont oblig\u00e9s d&#8217;ob\u00e9ir \u00e0 ceux qui ont des armes et du pouvoir, il n&#8217;y a pas d&#8217;options. Alors maintenant, je dirais plut\u00f4t que si tout \u00e0 coup nous arrivons \u00e0 un sc\u00e9nario parfait dans lequel la Crim\u00e9e revient en Ukraine, rien ne se passera, tout le monde l\u2019acceptera.<\/p>\n<p>Nombre de mes amis li\u00e9s \u00e0 la Crim\u00e9e ont achet\u00e9 le livre, mais ont dit qu\u2019ils ne le liraient pas dans les ann\u00e9es \u00e0 venir car il leur serait tr\u00e8s p\u00e9nible de le lire, principalement \u00e0 cause du d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p>Ce que je veux dire c\u2019est que vous ne savez pas ce que vous pouvez faire. Tant qu&#8217;il y a le Kremlin, que Poutine si\u00e8ge et qu&#8217;il y a ce r\u00e9gime, on ne sait pas ce qui peut \u00eatre fait. Vous avez l\u2019impression d\u2019\u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9sarm\u00e9 dans cette histoire.<\/p>\n<p>Il peut y avoir un sentiment similaire dans les pays occidentaux : il semble que rien ne puisse \u00eatre fait, alors pourquoi perdre du temps. Mais en m\u00eame temps, dans certains cas, nous pouvons parler de choses tr\u00e8s pratiques qui peuvent \u00eatre faites en Ukraine ou dans d&#8217;autres pays et qui ne peuvent pas \u00eatre tol\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>En tant que personne, je n&#8217;aime pas cette alternative. Si nous pensons au monde et que cette mauvaise histoire s\u2019y d\u00e9roule sans que rien ne puisse \u00eatre fait, cela signifie que nous avons compl\u00e8tement \u00e9chou\u00e9 en tant qu\u2019hommes. Il y a beaucoup d\u2019\u00e9v\u00e9nements critiques et mauvaises dans le monde, or si \u00e0 chaque fois nous les traitons de cette fa\u00e7on, alors toute l&#8217;histoire du d\u00e9veloppement et de l&#8217;\u00e9volution n&#8217;a aucun sens.<\/p>\n<p><img class=\"lazyload alignnone size-full wp-image-75262\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Crimea-5.png\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><strong>Que devons-nous savoir sur les prisonniers politiques en Crim\u00e9e ? Il y a eu beaucoup d&#8217;histoires. Sur quoi devons-nous insister aujourd&#8217;hui ?<\/strong><\/p>\n<p>Tout d&#8217;abord, je dirai que l&#8217;histoire de l&#8217;emprisonnement de Koltchenko et Sentsov ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9e. Ils ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s en mai 2014, ce ne sont pas des Tatars de Crim\u00e9e. Le fait qu&#8217;ils aient ensuite \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s de la Crim\u00e9e vers la Russie et enferm\u00e9s en principe en Sib\u00e9rie, comme c&#8217;\u00e9tait le cas au XIXe si\u00e8cle ou \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Staline, est tr\u00e8s grave.<\/p>\n<p>Et c&#8217;est une histoire r\u00e9v\u00e9latrice, chacun peut comprendre pourquoi il n&#8217;y a pas de r\u00e9sistance en Crim\u00e9e et la raison du silence de la population. Cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, au tout d\u00e9but, un mois et demi apr\u00e8s l&#8217;annexion.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me histoire est celle des Tatars de Crim\u00e9e. C&#8217;est une nation d\u00e9port\u00e9e par Staline car elle a sa propre relation avec Moscou. Soit dit en passant, contrairement aux Tch\u00e9tch\u00e8nes et au reste des peuples du Caucase, les Tatars de Crim\u00e9e n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 retourner dans leur patrie jusqu&#8217;\u00e0 la fin de l&#8217;Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>Peu de gens comprennent que les Tatars de Crim\u00e9e sont un exemple de r\u00e9sistance non violente. C&#8217;est une tradition du peuple tatar de Crim\u00e9e et elle est unique. Elle est toute aussi importante pour le peuple tatar de Crim\u00e9e que, disons, Gandhi en son temps en Inde.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s russes utilisent aujourd&#8217;hui un mod\u00e8le pour combattre la radicalisation de l&#8217;islamisme, comme cela se fait dans le Caucase russe. Il s&#8217;agit d&#8217;une diabolisation religieuse de la population islamique en Crim\u00e9e.<\/p>\n<p>Les Tatars de Crim\u00e9e sont un peuple autochtone, pas une minorit\u00e9 nationale, ce qui est \u00e9galement tr\u00e8s important. En outre, aucun acte terroriste n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 commis en Crim\u00e9e. Aucun tatar de Crim\u00e9e n&#8217;a jamais commis une seule attaque terroriste. Par cons\u00e9quent, il est tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur de voir comment, en termes religieux, les Tatars sont diabolis\u00e9s afin de justifier une lutte contre le djihadisme ou quelque chose de similaire.<\/p>\n<p>Les Tatars de Crim\u00e9e re\u00e7oivent des peines de prison de 20 ans. Ils sont jug\u00e9s pour terrorisme ou extr\u00e9misme, pour \u00eatre condamn\u00e9, il suffit d&#8217;\u00eatre croyant. Bien qu&#8217;en r\u00e9alit\u00e9, de nombreux Tatars de Crim\u00e9e ne soient pas du tout religieux.<\/p>\n<p>La pers\u00e9cution des Tatars de Crim\u00e9e pour des motifs religieux est tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9latrice. Et cela arr\u00eate de nombreux d\u00e9fenseurs des droits humains dans le monde, car ils n&#8217;ont pas compris cette situation. Pour les observateurs internationaux, il existe une histoire distincte de radicalisation islamique o\u00f9 beaucoup ont peur de mettre les pieds.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, 67 Tatars de Crim\u00e9e condamn\u00e9s dans l\u2019affaire Hizb ut-Tahrir se trouvent derri\u00e8re les barreaux, principalement en Russie, avec des affaires parfaitement fabriqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, il existe en Crim\u00e9e une organisation appel\u00e9e \u00abNos enfants\u00bb, \u00abBizim Balalar\u00bb, qui s&#8217;occupe de 168 enfants de prisonniers politiques. Elle existe depuis trois ans. Chaque enfant de la liste re\u00e7oit 100 \u20ac par mois de la communaut\u00e9 des Tatars de Crim\u00e9e. Cet argent est principalement collect\u00e9 par les habitants de la Crim\u00e9e, les Tatars de Crim\u00e9e eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Le fait que les personnes elles-m\u00eames aient organis\u00e9 un syst\u00e8me de soutien, en place depuis trois ann\u00e9es cons\u00e9cutives, qui s&#8217;applique \u00e0 chaque enfant, \u00e0 chaque famille, et n&#8217;est pas une aide ponctuelle est vraiment ph\u00e9nom\u00e9nal.<\/p>\n<p>Il y a donc un certain processus, il n\u2019y pas que des gens qui restent assis \u00e0 trembler de peur, il y a des avocats qui sont constamment impliqu\u00e9s dans ces affaires.<\/p>\n<p><strong>Une autre histoire que peu de gens connaissent est celle de centaines de personnes qui paient l\u2019annexion de leur vie. Il s&#8217;agit des toxicomanes sous th\u00e9rapie de substitution. Dites-nous, pourquoi est-ce important?<\/strong><\/p>\n<p>Ceci est une histoire tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9latrice. Elle est \u00e9galement oubli\u00e9e, mais pas accidentellement. Avant l&#8217;annexion en Crim\u00e9e, 800 patients \u00e9taient sous traitement substitutif \u00e0 la m\u00e9thadone. C&#8217;\u00e9tait l&#8217;un des projets les plus r\u00e9ussis en Ukraine <em>(lorsqu\u2019une th\u00e9rapie de remplacement est sugg\u00e9r\u00e9e pour les toxicomanes &#8211; N.D.E)<\/em>. Mais la pratique de la th\u00e9rapie de substitution est interdite en Russie, elle est hors la loi.<\/p>\n<p>Dans les premiers mois qui ont suivi l&#8217;annexion, on a exhort\u00e9 \u00e0 faire quelque chose, mais rien n&#8217;a \u00e9t\u00e9 fait. Cette th\u00e9rapie est vraiment efficace, et l&#8217;arr\u00eater, c&#8217;est simplement laisser les gens mourir. J&#8217;ai suivi l&#8217;affaire, j&#8217;ai parl\u00e9 \u00e0 des gens et j&#8217;ai r\u00e9alis\u00e9 que pour ces personnes, il n\u2019y avait qu\u2019une seule option : revenir \u00e0 la drogue de la rue.<\/p>\n<p>Et en cherchant ces gens 5 ans plus tard, en parlant \u00e0 d&#8217;anciens patients, il est devenu clair pour moi que si la moiti\u00e9 d&#8217;entre eux survit, c\u2019est \u00e0 dire 400 personnes sur 800, \u00e7a serait d\u00e9j\u00e0 bien. J&#8217;\u00e9cris en particulier sur des personnes que j&#8217;ai rencontr\u00e9es en 2014, une fille vient par exemple de mourir. J&#8217;ai communiqu\u00e9 avec elle en mai 2014, j\u2019ai aujourd\u2019hui confirmation qu\u2019elle morte. Et elle n\u2019est certainement pas un cas isol\u00e9.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s russes suivent de tr\u00e8s pr\u00e8s la question de la drogue. En Russie, la politique relative aux toxicomanes est g\u00e9n\u00e9ralement punitive. Et il n&#8217;y a en fait aucun registre. Apr\u00e8s que la question ait \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e en 2015 par certains d\u00e9fenseurs des droits de l&#8217;homme au niveau international, le sujet a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9 et n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 tol\u00e9r\u00e9 par les responsables de la sant\u00e9 russes.<\/p>\n<p>Cette liste de ces personnes est introuvable, elle a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e, elle n&#8217;existe plus. De plus, la toxicomanie est poursuivie en Russie, donc communiquer avec les journalistes est un risque absolu pour ces personnes. C&#8217;est tr\u00e8s dangereux pour eux et pour leurs familles. En Russie, de nombreuses personnes sont condamn\u00e9es pour vente de drogue.<\/p>\n<p><img class=\"lazyload alignnone size-full wp-image-75265\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Crimea2.png\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><strong>Il y a de nombreux points dans ce livre o\u00f9 vous d\u00e9crivez les normes de travail des journalistes en Crim\u00e9e. Comment trouver un endroit pour parler, car c&#8217;est dangereux partout, comment passer au russe \u00e0 temps, car il est dangereux de parler ukrainien, etc. Quelle est la dimension s\u00e9curitaire du travail d&#8217;un journaliste en Crim\u00e9e?<\/strong><\/p>\n<p>Des \u00e9trangers me demandent souvent si les Ukrainiens sont interdits d&#8217;entrer en Crim\u00e9e. Officiellement, les Ukrainiens ne peuvent pas \u00eatre interdits d&#8217;entrer en Crim\u00e9e car il n&#8217;y a pas de r\u00e9gime de visa entre la Russie, qui consid\u00e8re la Crim\u00e9e comme un territoire russe et l\u2019Ukraine. C&#8217;est pourquoi il n&#8217;est pas interdit de voyager en Russie pour les citoyens ukrainiens. La Crim\u00e9e est une p\u00e9ninsule qui fait historiquement partie de l&#8217;Ukraine. Cela signifie que la plupart des gens ont des familles, des entreprises et d&#8217;autres liens avec la Crim\u00e9e. Ce n&#8217;est pas un territoire s\u00e9par\u00e9. Par cons\u00e9quent, il est clair qu&#8217;il y a un flux de personnes. Dans le monde moderne, vous ne pouvez pas limiter deux millions de personnes \u00e0 rentrer et sortir dans un territoire.<\/p>\n<p>Et cela malgr\u00e9 le fait qu&#8217;il n&#8217;y ait aucune liaison de transport l\u00e9gale avec l&#8217;Ukraine.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas de chemin de fer, il n&#8217;y a pas de bus l\u00e9gaux, mais bien s\u00fbr qu&#8217;il existe des lignes de bus. Les gens pr\u00e9tendent qu&#8217;ils vont simplement voir leurs proches. Et c&#8217;est un si grand flux de population que personne ne pourra jamais l&#8217;interdire.<\/p>\n<p>Les journalistes \u00e9trangers peuvent se rendre en Crim\u00e9e s&#8217;ils obtiennent l&#8217;autorisation de l&#8217;Ukraine, mais aussi, bien s\u00fbr, s&#8217;ils ont un visa pour la Russie. Ils doivent avoir un visa pour la Russie, mais entrer par le continent, ce qui est tr\u00e8s g\u00eanant et \u00e9loign\u00e9. \u00c9videmment, l&#8217;\u00e9tranger est susceptible de se faire remarquer, car il est atypique. L&#8217;Ukrainien ressemblera \u00e0 d\u2019autres Ukrainiens, qui sont tr\u00e8s nombreux. Par cons\u00e9quent, c&#8217;est plus facile pour les Ukrainiens.<\/p>\n<p>Les journalistes qui sont syst\u00e9matiquement engag\u00e9s en Crim\u00e9e, ou qui travaillent dans des m\u00e9dias tels que \u00abRadio Svoboda\u00bb, qui sont \u00e9trangers \u00e0 la Russie, ou qui couvrent syst\u00e9matiquement les tribunaux, sont interdits. Le bannissement du journaliste Taras Ibrahimov est tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur, il lui est interdit d\u2019entrer en Crim\u00e9e depuis le territoire de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie pour 34 ans, jusqu&#8217;en 2054.<\/p>\n<p>Mon exp\u00e9rience est diff\u00e9rente. Parfois, ils me demandent, parfois ils ne demandent pas. Je peux encore expliquer que je ne suis pas originaire de la Crim\u00e9e, je ne suis pas activiste, je ne suis probablement pas une journaliste bien connue en Crim\u00e9e, je ne travaille sur aucun projet sp\u00e9cifique qui traite exclusivement de la Crim\u00e9e. C&#8217;\u00e9tait donc probablement plus facile pour ma part jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Et il n&#8217;y a aucune interdiction l\u00e9gale \u00e0 mon encontre.<\/p>\n<p>Dans mon cas, un autre aspect est bien plus dangereux, vous ne voulez pas croiser les autorit\u00e9s russes car elles vous demanderont : \u00ab\u00c0 qui avez-vous parl\u00e9 ? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils ont dit? Mais vous ne voulez pas mettre ces personnes en danger. La t\u00e2che principale d&#8217;un journaliste professionnel est de ne pas aggraver la situation des personnes avec lesquels il interagit. M\u00eame si formellement, selon les lois de la profession journalistique, vous ne faites rien de mal en communiquant \u00e0 propos de ces individus. Mais vous ne savez pas comment cela les affectera, voil\u00e0 pourquoi c&#8217;est important.<\/p>\n<p>L\u2019observation que j\u2019ai faite concernant l\u2019utilisation de la langue ukrainienne me semble int\u00e9ressante. Le pr\u00e9texte pour justifier ces \u00e9v\u00e9nements \u00e9tait la pr\u00e9tendue oppression de la langue russe, qui n&#8217;a \u00e9videmment jamais eu lieu. La langue ukrainienne n&#8217;est pas officiellement interdite, mais elle n&#8217;existe pas en r\u00e9alit\u00e9 en Crim\u00e9e annex\u00e9e.<\/p>\n<p>La conclusion que j&#8217;ai tir\u00e9e est que la Russie reconnait que les Tatars de Crim\u00e9e, qui ne sont pas des Slaves mais des musulmans, sont un peuple distinct et qu&#8217;ils ont leur langue en tant que groupe ethnique. Pour ce qu&#8217;il en est des Ukrainiens, en particulier en Crim\u00e9e, ils ne reconnaissent pas l\u2019existence d\u2019une telle ethnie, un tel peuple et une telle langue. Se dire Ukrainien ou dire qu&#8217;il existe une langue ukrainienne et que vous la parlez est imm\u00e9diatement pris comme une position politique. L&#8217;ukrainien en Crim\u00e9e doit s\u2019assimiler.<\/p>\n<p>Ils sont agressifs dans leur conviction, selon laquelle ce groupe ethnique doit s&#8217;assimiler, reconna\u00eetre que ni l&#8217;Ukraine ni la langue n&#8217;existent. Ainsi parler la langue ukrainienne devient une revendication politique.<\/p>\n<p>Lorsque vous voyagez en Crim\u00e9e en tant que journaliste, vous esp\u00e9rez toujours qu&#8217;on vous laissera entrer et sortir. C&#8217;est un indicateur du travail de journaliste sur tout territoire \u00e0 moiti\u00e9 l\u00e9gal, o\u00f9 les droits de l&#8217;homme et la libert\u00e9 d&#8217;expression sont viol\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Le livre se termine par une section sur l&#8217;espoir, l\u2019id\u00e9e que cette p\u00e9ninsule \u00e9gar\u00e9e sera retrouv\u00e9e. Qu&#8217;est-ce qui vous donne cet espoir?<\/strong><\/p>\n<p>Je vais \u00eatre honn\u00eate, peu importe le sujet de cette derni\u00e8re section, elle s\u2019appellerait toujours \u00ab\u00a0Espoir\u00a0\u00bb. Telle est la logique du genre. La derni\u00e8re chose qui reste est l&#8217;espoir. Au sein de cette section, l&#8217;\u00e9change de prisonniers en septembre 2019 est abord\u00e9. Lorsque vous \u00e9crivez sur Sentsov pendant quelques ann\u00e9es, que vous parlez \u00e0 sa m\u00e8re, que vous allez \u00e0 la rencontre de ces gens, les m\u00e8res de Balukh, Sentsov, Kolchenko, c&#8217;est toujours la m\u00eame histoire. Ils n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 remis en libert\u00e9, vous ne savez plus quoi demander. Et l\u00e0, d\u2019un coup, ils sont lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, je pr\u00e9cise qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s, mais n\u2019ont pas pu rentrer chez eux.<\/p>\n<p>Il y a un autre \u00e9pisode, tout aussi \u00e9trange, qui figure dans mon livre et qui ne m\u2019est pas arriv\u00e9 en Crim\u00e9e, mais \u00e0 Moscou. Lors de l&#8217;\u00e9change des prisonniers en septembre 2019, j&#8217;ai travaill\u00e9 avec la partie russe lors de leur sortie de prison. Quelque chose d\u2019\u00e9trange m\u2019est arriv\u00e9 l\u00e0-bas : lorsque j&#8217;\u00e9tais en prison \u00e0 Lefortovo, j&#8217;ai rencontr\u00e9 deux journalistes russes de Russia-1 et Russia Today.<\/p>\n<p>Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 qu&#8217;ils \u00e9taient ukrainiens, originaires de S\u00e9bastopol. L&#8217;un d&#8217;eux voulait me parler en ukrainien. En plaisantant \u00e0 moiti\u00e9, il a continu\u00e9 \u00e0 parler ukrainien, et ils disaient d\u2019une m\u00eame voix que Kiev leur manquait.<\/p>\n<p>L&#8217;un avait sa m\u00e8re, ici, \u00e0 Kiev et quelques autres membres de sa famille. Ils veulent revenir en Crim\u00e9e, mais ils travaillent sur des cha\u00eenes russes. Dans le livre, je d\u00e9cris les circonstances de cette rencontre. Il faisait nuit, \u00e0 trois heures du matin, au c\u0153ur de la prison. Ce ne sont pas des circonstances pour \u00e9changer ses convictions politiques.<\/p>\n<p>D&#8217;une part, la situation est \u00e9trange, mais elle ne m&#8217;a pas surpris. Ces gens n&#8217;ont pas soulign\u00e9 qu&#8217;ils \u00e9taient russes, ils n&#8217;ont pas insist\u00e9 sur le fait qu&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient pas ukrainiens, ils n&#8217;\u00e9taient pas agressifs.<\/p>\n<p>Ils n&#8217;ont pas soulign\u00e9 qu&#8217;ils \u00e9taient pass\u00e9 de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9. \u00c9videmment, s&#8217;ils sont \u00e0 Moscou, s&#8217;ils travaillent sur les cha\u00eenes publiques russes, ils ont probablement soutenu l&#8217;annexion. Mais rien de ce qu\u2019ils disaient n\u2019indiquait leur soutien direct. Ils l&#8217;explique par certaines circonstances de la vie.<\/p>\n<p>Et cela, en principe, signifie \u00e9galement que vous pouvez communiquer avec ces personnes d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre, ce n&#8217;est pas un point de non-retour. Cela ne signifie pas pour autant que je justifie le fait qu\u2019ils soient pass\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 de la Russie. Mais cela donne le sentiment que ce n&#8217;est pas un point de non-retour, qu&#8217;il n&#8217;y a pas de point de non-retour entre les gens.<\/p>\n<p><em><strong>Version \u00e9lectronique du livre <a href=\"https:\/\/play.google.com\/store\/books\/details\/\u0413\u0443\u043c\u0435\u043d\u044e\u043a_\u041d\u0430\u0442\u0430\u043b\u044f_\u041f\u043e\u0442\u0435\u0440\u044f\u043d\u043d\u044b\u0439_\u043e\u0441\u0442\u0440\u043e\u0432_\u041a\u043d\u0438\u0433\u0430_\u0440\u0435\u043f\u043e\u0440\u0442\u0430\u0436\u0435\u0439?id=QZXUDwAAQBAJ&amp;fbclid=IwAR3KPvDHri7Ohf7oHnktncOd0__wMm7Stjw7BZx-gLMQXZBs__6Dw6IW9yA\">en russe<\/a><\/strong><\/em><\/p>\n<figure class=\"mace-gallery-teaser\"\n\tid=\"mace-gallery-99345-1\"\n\tdata-g1-gallery-title=\"\"\n\tdata-g1-gallery=\"[{&quot;type&quot;:&quot;image&quot;,&quot;id&quot;:99347,&quot;title&quot;:&quot;cover&quot;,&quot;thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/cover-2-150x150.jpg&quot;,&quot;3-2-thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/cover-2.jpg&quot;,&quot;full&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/cover-2.jpg&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image&quot;,&quot;id&quot;:99348,&quot;title&quot;:&quot;Crimea&quot;,&quot;thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea-150x150.png&quot;,&quot;3-2-thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea.png&quot;,&quot;full&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image&quot;,&quot;id&quot;:99349,&quot;title&quot;:&quot;Crimea 5&quot;,&quot;thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea-5-150x150.png&quot;,&quot;3-2-thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea-5.png&quot;,&quot;full&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea-5.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image&quot;,&quot;id&quot;:99350,&quot;title&quot;:&quot;Crimea 4&quot;,&quot;thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea-4-150x150.png&quot;,&quot;3-2-thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea-4.png&quot;,&quot;full&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea-4.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image&quot;,&quot;id&quot;:99351,&quot;title&quot;:&quot;CRIMEA2[1]&quot;,&quot;thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/CRIMEA21-150x150.png&quot;,&quot;3-2-thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/CRIMEA21.png&quot;,&quot;full&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/CRIMEA21.png&quot;},{&quot;type&quot;:&quot;image&quot;,&quot;id&quot;:99352,&quot;title&quot;:&quot;Crimea2&quot;,&quot;thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea2-150x150.png&quot;,&quot;3-2-thumbnail&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea2.png&quot;,&quot;full&quot;:&quot;https:\\\/\\\/uacrisis.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/03\\\/Crimea2.png&quot;}]\"\n\tdata-g1-share-shortlink=\"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#mace-gallery-99345-1\"\n\t>\n\t<a class=\"mace-gallery-teaser-poster\">\n\t\t<img width=\"613\" height=\"409\" src=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/cover-2.jpg\" class=\"attachment-bimber-grid-standard-2x size-bimber-grid-standard-2x\" alt=\"\" loading=\"lazy\" srcset=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/cover-2.jpg 1024w, https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/cover-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/cover-2-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 613px) 100vw, 613px\" \/>\t\t<span class=\"mace-gallery-teaser-button\">\n\t\t\t<span class=\"g1-epsilon g1-epsilon-1st mace-gallery-teaser-button-text\">View Gallery<\/span>\n\t\t\t<span class=\"g1-meta mace-gallery-teaser-button-counter\">\n\t\t\t\t6 images\t\t\t<\/span>\n\t\t<\/span>\n\t<\/a>\n<\/figure>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mars 2020, un livre de reportages sur la Crim\u00e9e annex\u00e9e a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en Ukraine. Son auteur, Natalia Goumeniouk, journaliste \u00e0 Hromadske, a effectu\u00e9 7 s\u00e9jours dans la p\u00e9ninsule occup\u00e9e entre 2014 et 2019, c\u2019est sur cette base qu\u2019elle a r\u00e9dig\u00e9 son ouvrage. La journaliste a suivi de pr\u00e8s le sc\u00e9nario de l&#8217;annexion, communiquant [&hellip;] <a class=\"g1-link g1-link-more\" href=\"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea\">Plus<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":99346,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5874,5889],"tags":[],"section":[744],"form":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v17.4 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>L&#039;\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d&#039;un livre de reportages sur la Crim\u00e9e | UACRISIS.ORG<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"En mars 2020, un livre de reportages sur la Crim\u00e9e annex\u00e9e a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en Ukraine. Son auteur, Natalia Goumeniouk, journaliste \u00e0 Hromadske, a effectu\u00e9 7 | Uacrisis.org\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L&#039;\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d&#039;un livre de reportages sur la Crim\u00e9e | UACRISIS.ORG\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"En mars 2020, un livre de reportages sur la Crim\u00e9e annex\u00e9e a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en Ukraine. Son auteur, Natalia Goumeniouk, journaliste \u00e0 Hromadske, a effectu\u00e9 7 | Uacrisis.org\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Uacrisis.org\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/uacrisis\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2020-03-13T21:59:36+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-03-23T16:28:29+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/photo_2020-03-23_16-57-38.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1024\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"682\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@uacrisis\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@uacrisis\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"\u041c\u0430\u0440\u0442\u0430 \u0411\u0456\u043b\u0430\u0441\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture est.\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"19 minutes\" \/>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"L'\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d'un livre de reportages sur la Crim\u00e9e | UACRISIS.ORG","description":"En mars 2020, un livre de reportages sur la Crim\u00e9e annex\u00e9e a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en Ukraine. Son auteur, Natalia Goumeniouk, journaliste \u00e0 Hromadske, a effectu\u00e9 7 | Uacrisis.org","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"L'\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d'un livre de reportages sur la Crim\u00e9e | UACRISIS.ORG","og_description":"En mars 2020, un livre de reportages sur la Crim\u00e9e annex\u00e9e a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en Ukraine. Son auteur, Natalia Goumeniouk, journaliste \u00e0 Hromadske, a effectu\u00e9 7 | Uacrisis.org","og_url":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea","og_site_name":"Uacrisis.org","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/uacrisis\/","article_published_time":"2020-03-13T21:59:36+00:00","article_modified_time":"2020-03-23T16:28:29+00:00","og_image":[{"width":1024,"height":682,"url":"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/photo_2020-03-23_16-57-38.jpg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@uacrisis","twitter_site":"@uacrisis","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"\u041c\u0430\u0440\u0442\u0430 \u0411\u0456\u043b\u0430\u0441","Dur\u00e9e de lecture est.":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#organization","name":"Ukraine crisis media center","url":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/","sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/uacrisis\/","http:\/\/youtube.com\/UACrisisMediaCenter","https:\/\/twitter.com\/uacrisis"],"logo":{"@type":"ImageObject","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#logo","inLanguage":"fr-FR","url":"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/header_logo-1.png","contentUrl":"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/header_logo-1.png","width":250,"height":90,"caption":"Ukraine crisis media center"},"image":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#logo"}},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#website","url":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/","name":"Uacrisis.org","description":"Ukraine crisis media center","publisher":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"ImageObject","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#primaryimage","inLanguage":"fr-FR","url":"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/photo_2020-03-23_16-57-38.jpg","contentUrl":"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/photo_2020-03-23_16-57-38.jpg","width":1024,"height":682},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#webpage","url":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea","name":"L'\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d'un livre de reportages sur la Crim\u00e9e | UACRISIS.ORG","isPartOf":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#primaryimage"},"datePublished":"2020-03-13T21:59:36+00:00","dateModified":"2020-03-23T16:28:29+00:00","description":"En mars 2020, un livre de reportages sur la Crim\u00e9e annex\u00e9e a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en Ukraine. Son auteur, Natalia Goumeniouk, journaliste \u00e0 Hromadske, a effectu\u00e9 7 | Uacrisis.org","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"\u0413\u043b\u0430\u0432\u043d\u0430\u044f \u0441\u0442\u0440\u0430\u043d\u0438\u0446\u0430","item":"https:\/\/uacrisis.org\/fr"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"L&#8217;\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d&#8217;un livre de reportages sur la Crim\u00e9e"}]},{"@type":"Article","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#webpage"},"author":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#\/schema\/person\/78c5d7897a959f7bf7116a6ea85173d4"},"headline":"L&#8217;\u00eele \u00e9gar\u00e9e: interview avec Natalka Goumeniouk, auteur d&#8217;un livre de reportages sur la Crim\u00e9e","datePublished":"2020-03-13T21:59:36+00:00","dateModified":"2020-03-23T16:28:29+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#webpage"},"wordCount":3872,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/uacrisis.org\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/photo_2020-03-23_16-57-38.jpg","articleSection":["Communiqu\u00e9s de presse","La soci\u00e9t\u00e9"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/uacrisis.org\/fr\/75225-lost-island-nataliya-gumenyuk-talks-book-reportage-crimea#respond"]}]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/uacrisis.org\/uk\/#\/schema\/person\/78c5d7897a959f7bf7116a6ea85173d4","name":"\u041c\u0430\u0440\u0442\u0430 \u0411\u0456\u043b\u0430\u0441"}]}},"wps_subtitle":"","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/99345"}],"collection":[{"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=99345"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/99345\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/99346"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=99345"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=99345"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=99345"},{"taxonomy":"section","embeddable":true,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/section?post=99345"},{"taxonomy":"form","embeddable":true,"href":"https:\/\/uacrisis.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/form?post=99345"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}