Jour 1597 de résistance: sommet de l’OTAN, les principaux résultats pour l’Ukraine

Sommet de l’OTAN : les principaux résultats pour l’Ukraine. Les Forces de défense ukrainiennes ont frappé, au cours de la nuit, 12 pétroliers russes, un remorqueur et un cargo en mer d’Azov

Sommet de l’OTAN: les principaux résultats pour l’Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyi est arrivé à Ankara avec deux objectifs principaux: obtenir la poursuite du soutien financier des alliés et renforcer la défense aérienne de l’Ukraine, rapporte la BBC. Cette dernière question est devenue particulièrement urgente après les récentes frappes massives russes contre Kyiv.

La déclaration finale du sommet consacre un paragraphe distinct à l’Ukraine. Selon plusieurs médias, certains alliés souhaitaient y inscrire que la sécurité de l’Ukraine est indissociable de celle de l’Europe. Les États-Unis se sont toutefois opposés à cette formulation.

Le texte final indique que l’Ukraine «contribue à la sécurité transatlantique» et que les pays de l’OTAN réaffirment leur unité dans leur soutien à Kyiv.

Les alliés se sont également engagés à fournir 70 milliards de dollars d’aide militaire à l’Ukraine cette année et à maintenir au moins le même niveau de soutien l’année suivante. L’Ukraine devrait ainsi recevoir au minimum 140 milliards de dollars d’aide militaire de la part des pays de l’OTAN sur deux ans.

La déclaration souligne en outre que cette aide devra être répartie de manière équitable et que les pays européens ainsi que le Canada assumeront la plus grande part du financement de ce soutien, un compromis reflétant la volonté des alliés de tenir compte de la position américaine.

Le sommet a également été marqué par une rencontre jugée positive entre Volodymyr Zelenskyi et le président américain Donald Trump.

Ce dernier s’est engagé à accorder à l’Ukraine une licence pour produire des missiles intercepteurs destinés aux systèmes Patriot, une décision que Kyiv réclamait depuis plusieurs mois.

Des responsables américains ont également exprimé, sans critiques, leur soutien aux frappes ukrainiennes contre des cibles situées sur le territoire russe, lesquelles ont provoqué des perturbations dans l’approvisionnement en carburant.

«L’un des principaux changements observés ces derniers mois est que la Russie éprouve désormais beaucoup plus de difficultés à protéger son espace aérien. Nous espérons que cela contribuera à créer les conditions nécessaires à des négociations pour mettre fin à la guerre», a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio, présent lors de la rencontre.

«C’est une escalade. Mais c’est peut-être précisément ce qui permettra de rapprocher la fin de la guerre », a ajouté Donald Trump.

Dans la déclaration finale, la Russie n’est mentionnée qu’une seule fois, comme une «menace à long terme pour la sécurité et la stabilité euro-atlantiques». Le texte cite également le terrorisme parmi les principales menaces.

Cette formulation reprend presque mot pour mot celle adoptée lors du sommet de La Haye en 2025. En revanche, lors du sommet de Washington en 2024, la Russie était qualifiée de «menace la plus importante et la plus directe» pour la sécurité de l’Alliance.

À la veille du sommet, des journalistes ont demandé au secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, s’il avait un message à adresser à Vladimir Poutine.

«Une Alliance qui rassemble un milliard de personnes en Europe, au Canada et aux États-Unis défendra chaque centimètre de son territoire. Il est impossible de vaincre l’OTAN. Nous sommes une alliance défensive. Nous n’attaquerons jamais personne. Nous défendrons uniquement notre mode de vie, nos démocraties et notre territoire. Il ne faut donc pas nous mettre à l’épreuve», a répondu Mark Rutte.

À l’approche du sommet, plusieurs médias occidentaux ont évoqué la possibilité d’une reprise des négociations de paix sur l’Ukraine.

D’après les déclarations de responsables russes, dont Vladimir Poutine, Moscou serait intéressée par une reprise des discussions sous médiation américaine, un format qui n’a plus été utilisé depuis l’hiver.

Au printemps, plusieurs pays de l’Union européenne ont également commencé à évoquer la possibilité d’un médiateur européen. Le président finlandais Alexander Stubb figurait parmi les noms avancés. Interrogé par la BBC à la veille du sommet, il a indiqué :

«Nous en discutons presque chaque jour ». 

Il a précisé avoir abordé cette question avec Volodymyr Zelenskyi, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, le président français Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa.

Le président finlandais s’est toutefois montré prudent quant aux perspectives d’une avancée diplomatique rapide.

« Je pense qu’il faut aujourd’hui unir nos efforts. Nous assistons à une escalade, mais j’espère que celle-ci conduira finalement à une désescalade », a déclaré Alexander Stubb.

Selon lui, ce n’est qu’après cette étape qu’il sera possible de revenir à la table des négociations, y compris avec Vladimir Poutine.

En marge du sommet, un haut responsable de l’OTAN, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué aux journalistes que l’Alliance ne considère pas que la Russie soit prête à engager de véritables négociations. Selon lui, les objectifs militaires de Moscou demeurent inchangés.

Il a toutefois souligné une autre évolution : un changement d’état d’esprit au sein d’une partie des élites russes.

«Nous entendons certains représentants des élites dire que c’est la guerre de Poutine, pas la leur. Poutine a beaucoup fait pour que les habitants de Moscou et de Saint-Pétersbourg ressentent le moins possible les conséquences du conflit. Mais les frappes ukrainiennes, la situation autour des raffineries et les sanctions commencent progressivement à changer cette réalité. Les évolutions ne concernent donc pas seulement le front, mais aussi ce qui se passe à l’intérieur de la Russie », a-t-il expliqué.

À la veille du sommet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait déclaré que Moscou suivrait attentivement son déroulement et ses résultats.

Lors de sa rencontre avec Volodymyr Zelenskyi, Donald Trump a de nouveau affirmé que la Russie souhaitait mettre fin à la guerre « le plus rapidement possible ». Interrogé par la journaliste de BBC News Ukraine Myroslava Petsa, il a toutefois reconnu n’avoir jamais demandé à Vladimir Poutine à quel moment il serait prêt à cesser les hostilités.

Évoquant une éventuelle rencontre entre les présidents russe et ukrainien, Donald Trump a indiqué avoir discuté de cette possibilité avec Vladimir Poutine, qui aurait une nouvelle fois invité Volodymyr Zelenskyi à se rendre à Moscou.

« Vous irez en Russie ? », a demandé Donald Trump.

«En ce moment, c’est compliqué d’aller à Moscou : des drones ukrainiens y arrivent constamment», a répondu Volodymyr Zelenskyi sur le ton de la plaisanterie.

Les Forces de défense ukrainiennes ont frappé, au cours de la nuit, 12 pétroliers russes, un remorqueur et un cargo en mer d’Azov

Dans la nuit du jeudi 9 juillet, les Forces de défense ukrainiennes ont frappé 12 pétroliers de la flotte fantôme russe, ainsi qu’un remorqueur et un cargo dans les eaux de la mer d’Azov, a annoncé l’état-major général des Forces armées ukrainiennes.

Selon le communiqué, les forces russes utilisaient ces navires notamment pour approvisionner leurs troupes en carburant, mais aussi pour transporter du pétrole et des produits pétroliers en contournant les sanctions internationales.

Les Forces de défense ont également frappé le terminal pétrolier Yug Rusi, situé à Bataïsk, dans la région russe de Rostov. L’attaque a provoqué un incendie. D’après l’état-major, cette installation sert au transbordement de produits pétroliers destinés à l’exportation et à l’approvisionnement en carburant des forces russes opérant sur le front sud.

En outre, un dépôt de munitions russe situé près de Sorokyne, dans la région de Louhansk, a été touché, ajoute l’état-major.

Auparavant, le président Volodymyr Zelenskyi avait confirmé des frappes contre des dépôts pétroliers à Stavropol et Tver, une station de pompage de pétrole à Oufa, ainsi qu’un terminal pétrolier dans la région de Rostov.

Au cours de la nuit, des explosions et des incendies ont également été signalés dans des dépôts pétroliers à Tver et Stavropol. Selon des canaux de surveillance, la raffinerie KINEF, l’une des plus importantes de Russie, pourrait également avoir été touchée dans la région de Leningrad.

Par ailleurs, selon plusieurs médias, le yacht Graceful, d’une valeur estimée à 119 millions de dollars et présenté comme le « yacht de Poutine », a été transféré vers la mer de Barents par crainte d’attaques de drones ukrainiens.

Le média danois DR a rapporté le 7 juillet que le yacht, associé au président russe Vladimir Poutine, avait été redéployé vers le port de Severomorsk, en Russie.

Des images satellites datées du 5 juillet montrent le Graceful dans le port de Severomorsk, accompagné du navire militaire Voïevoda, qui faisait partie de son convoi d’escorte. Selon DR, le Voïevoda, qui naviguait avec son transpondeur éteint, ne l’a brièvement réactivé qu’à environ 70 kilomètres de Severomorsk.

Fin juin, le Graceful et les navires qui l’escortaient avaient été repérés au large des côtes du Danemark. Le convoi avait alors indiqué qu’il se dirigeait vers Istanbul, mais, selon DR, il a finalement longé les côtes de la Norvège avant de rejoindre les eaux territoriales russes.

D’après plusieurs experts, ce déplacement pourrait s’expliquer par les craintes suscitées par les frappes de drones ukrainiens.