La mort de la militante Kateryna Gandzyuk, Angel Merkel à Kyiv, Patriarcat de Moscou

La mort de la militante Kateryna Gandzyuk, Angel Merkel à Kyiv, Patriarcat de Moscou
le 05 novembre 2018.

 

 

Situation dans la zone du conflit

La semaine dernière, les forces d’occupation russes ont déployé de véhicules de combat blindés, de lance-grenades, de mitrailleuses de gros calibre et d’armes légères, ainsi que des mortiers de calibre 82mm pour tirer sur les positions des militaires ukrainiens à Avdiivka, Pisky, Lonakhine et Louhanske.

Le 2 novembre, une autre provocation a été enregistrée sur le site de reproduction de Stanytsa Louganska. Les envahisseurs ont délibérément tiré sur les positions ukrainiennes avec des lance-grenades, des mitrailleuses et des armes de petit calibre, ce qui a encore une fois saboté la décision du Groupe de contact tripartite sur le retrait des forces et de l’équipement de la ligne de démarcation.


La mort de la militante Kateryna Gandzyuk

La conseillère du maire de Kherson, Kateryna Gandzyuk, attaquée à l’acide sulfurique à l’entrée de sa maison le 31 juillet, est décédée. Kateryna Gandzyuk s’est battue pour la vie pendant plus de trois mois. Elle a été brûlée à 35% du corps et au cours des 50 derniers jours, elle a subi 11 opérations afin de retirer des tissus morts avant de subir une greffe de peau. Selon des données préliminaires, la cause du décès serait due à un accident vasculaire.

Qui était Gandzyuk? Katerina Gandzyuk est devenue militante politique à 18 ans. Elle a activement participé à la Révolution orange, et ensuite a siégé au conseil régional de Kherson. En 2012, déjà volontaire pour le PNUD, elle est devenue cofondatrice de l’Agence pour le journalisme civil «MOST». Cette édition était en fait la seule, dans les médias de Kherson, où il était question de la dépense des finances publiques et également la surveillance des achats publics. Gandzyuk était l’une des militantes de l’Euromaidan à Kherson et, après le début de l’opération anti-terroriste à l’est du pays, elle a fourni une assistance aux personnes déplacées dans la région de Kherson. Parallèlement, elle a travaillé comme assistante auprès du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés dans cette même région. Au cours de ces années, Kateryna s’est opposée aux forces pro-russes de la région et, en 2017, Gandzyuk a également mené une guerre contre les forces de l’ordre. Elle a accusé Artyom Antochtchuk,chef du Département de la protection économique de la police nationale dans la région de Kherson, de corruption et d’extorsion de fonds et l’a pratiquement forcé à démissionner.

Le silence tue: des agressions contre les activistes en Ukraine

Comment l’enquête s’est-elle déroulée et pourquoi y a-t-il des questions? Initialement, des activistes et des politiciens ont déclaré que c’était le Service de sécurité de l’Ukraine qui devait s’occuper de l’affaire Gandzyuk. Cependant, c’est la police nationale locale qui l’a prise en charge. Très rapidement, les représentants de la police ont informé que l’attaquant avait été arrêté.  Cependant, le public a rapidement découvert que l’accusé, Mykola Novikov, avait un alibi et n’était pas à Kherson le jour à l’agression. D’autant plus que Gandzyuk, elle-même, a déclaré que Novikov n’était pas impliqué dans l’attaque, car elle avait reconnu l’attaquant.

«L’attaque contre la militante a provoqué l’indignation du pays», a écrit Igor Loutsenko, élu du Conseil régional de Kyiv, sur sa page Facebook. «Plusieurs manifestation ont eu lieu, une campagne sur Internet a été lancée. En raison de la vive réaction de la société et des « préoccupations » officieuses de l’ambassade des États-Unis, les autorités ukrainiennes ont commencé à imiter une activité. D’abord, elles ont arrêté un suspect et l’ont déclaré coupable.  Mais il s’est avéré que ce n’était pas la bonne personne : Gandzyuk ne l’a pas reconnu. Ensuite, ils ont arrêté d’autres personnes avec des preuves qui semblaient plus convaincantes: il est tout à fait possible d’admettre que ce sont des exécuteurs. Cependant, on ne sait toujours rien des commanditaires de cette attaque et de leurs motivations. Les activistes le soulignent tout le temps».

Plus tard, sous la pression d’activistes, la police a arrêté Viktor Gorbunov, soupçonné de s’être procuré de l’acide, plus tard,  Volodymyr Vasyanovitch, Serhiy Torbin, Vyacheslav Vyshnevsky et Mykyta Grabchuk, soupçonnés de complicité, ont également été arrêtés. Le 22 août, le chef de la police nationale, Serhiy Kniazev, a déclaré que six suspects de l’attaque contre Gandzyuk avaient été arrêtés. Ce sont tous des anciens combattants de l’opération anti-terroriste. Torbin est accusé d’avoir organisé le crime, les informations sur les commanditaires sont classées secrètes. Maintenant, quatre accusés sont en détention et Vishnevsky est assigné à résidence à domicile 24 heures sur 24. Il n’y a toujours pas de réponse sur le commanditaire de ce meurtre.

La réaction de Porochenko et des forces de l’ordre. Petro Porochenko a demandé aux forces de l’ordre de retrouver les commanditaires de l’attaque contre Gandzyuk. La police a requalifié le dossier de Gandzyuk comme « meurtre intentionnel, commandé et commis par un groupe de personnes aux agissrements mercenaires avec une cruauté particulière ». Vyazheslav Abroshkin, le premier chef adjoint de la Police nationale de l’Ukraine, affirme que les commanditaires du meurtre seront identifiés et retrouvés.

Réaction de l’Union européenne. Johannes Hahn, commissaire européen chargé de la politique européenne de voisinage et de l’élargissement, a déclaré que les agresseurs qui avaient attaqué Catherine Handzyuk devraient être traduits en justice.

Réaction du public. Des événements sous le slogan « Elle a été tuée » ont été annoncés à Kyiv, Lviv, Kharkiv, Odessa, Khmelnytsky et Zhytomyr. Les activistes exhortent la population à mettre plus de pression sur les enquêteurs.


Visite d’Angela Merkel en Ukraine: déclarations du président Porochenko

Le 1er novembre, la chancelière allemande, Angela Merkel, est arrivée à Kyiv. C’est sa deuxième visite en Ukraine depuis ces quatre dernières années. La précédente a eu lieu en août 2014. Merkel participe aux discussions internationales sur le règlement de la situation dans le Donbass occupé. À Kyiv, elle a rencontré le président ukrainien, Petro Porochenko, ainsi que des représentants du gouvernement ukrainien et de la Verkhovna Rada. Angela Merkel et Petro Porochenko ont donné une conférence de presse et répondu aux questions de quelques journalistes à Kyiv.

Ce dont ils ont discuté. Le président Porochenko a déclaré qu’avec la chancelière allemande, ils avaient discuté de la situation dans le Donbass, en Crimée et des droits de l’homme.
«Le sujet de la fin de l’agression russe était au centre de nos négociations avec la chancelière.Nous avons coordonné nos efforts pour condamner les fausses élections dans le Donbass. Ils n’auront aucune conséquence juridique», a déclaré Porochenko. Merkel a également souligné que les élections dans les territoires occupés du Donbass, que les militants pro-russes voudraient organiser le 11 novembre, sont en contradiction avec les accords de Minsk. Elle a noté que l’Allemagne avait un «plan d’action» pour l’Ukraine.

Les otages politiques. Porochenko a déclaré qu’avec Angela Merkel «ils avaient exprimé une position commune absolument claire sur l’importance de la libération des prisonniers politiques ukrainiens détenus illégalement en Russie et en Crimée, ainsi que des otages détenus illégalement dans le Donbass occupé».

L’escalade dans la mer d’Azov. Porochenko a évoqué encore un autre sujet de négociation: la menace d’une escalade dans les eaux de la mer d’Azov et du détroit de Kertch. Il a exprimé sa gratitude à Merkel pour son soutien concernant le traitement et la réhabilitation des combattants ukrainiens dans des hôpitaux de la Bundeswehr allemande. Il a remercié l’Allemagne et la France d’avoir pris la décision d’adhérer à la résolution des Nations Unies et au Conseil de sécurité des Nations Unies sur la Crimée et Azov.

Les investissements et les financements. Porochenko a déclaré qu’il avait discuté des moyens de stimuler davantage les investissements allemands dans l’économie ukrainienne et avait rappelé que l’Allemagne était le principal investisseur en Ukraine avec un montant de 1,7 milliard d’euros. Aujourd’hui, grâce à cela, 10 000 emplois ont été créés.
Il a également accueilli avec satisfaction la signature de l’accord sur l’ouverture du bureau local de la Société allemande de coopération internationale et de la mise en place de crédits pour la réhabilitation, ce qui crée une base légale pour étendre une assistance technique et financière à l’Ukraine sur des questions critiques.

Petro Porochenko a également rappelé l’annonce faite par Merkel, lors de sa dernière visite, selon laquelle le gouvernement allemand avait décidé de fournir à l’Ukraine un prêt de 0,5 milliard d’euros pour soutenir l’économie ukrainienne. Il a informé qu’une partie de ces fonds devrait être utilisée pour la construction de la route Zaporozhye-Mariupol.

Que deviendra Minsk sans Merkel? Porochenko n’a pas répondu clairement à la question d’un journaliste :  le processus de Minsk pourrait-il échouer si Angela Merkel quittait son bureau ?

«Je pense que nous pourrons assurer la mise en œuvre des accords de Minsk, y compris dans le format Normandie, avec la participation de notre ami, le président Macron.  Kurt Volker (Envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine- Éd.) travaille efficacement pour nous, en tant que représentant des États-Unis. Aujourd’hui, nous ressentons le soutien du monde entier», a déclaré Porochenko.


L’Ukraine sans le Patriarcat de Moscou

Le patriarcat de Constantinople a annulé l’acte de transfert du territoire de l’Ukraine sous l’administration de l’Église russe. Depuis lors, en Ukraine, il n’y a en fait plus aucune Église orthodoxe ukrainienne  du patriarcat de Moscou. Le président ukrainien, Petro Porochenko, et le patriarche œcuménique Bartholomée ont signé un accord qui prévoit la présence de l’Église autocéphale orthodoxe en Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, a déclaré que le retrait de l’église orthodoxe ukrainienne de l’Orthodoxie russe vers l’Orthodoxie mondiale sera positif pour la communauté ecclésiale mondiale et pour l’église russe.

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