Kozak/Surkov, Sociologie/ Patriotisme/Langue ukrainienne/UE/OTAN, 37 millions/Recensement électronique

Kozak/Surkov, Sociologie/ Patriotisme/Langue ukrainienne/UE/OTAN, 37 millions/Recensement électronique
le 27 janvier 2020.

Situation dans la zone du conflit

Les troupes armées de la Fédération de Russie continuent de violer la trêve, les mercenaires russes ont notamment déployé des mortiers de calibre 120 mm et 82 mm, des systèmes d’artillerie de calibre 122 mm, des lance-grenades, des mitrailleuses lourdes et des armes de petit calibre.Le 26 janvier à 18h15, les troupes russes ont tiré sur les positions des militaires ukrainiens avec des armes de petit calibre.


«Un nouveau surveillant de l’Ukraine» au Kremlin: qu’est-ce que cela signifie?

Le 24 janvier, le président russe Vladimir Poutine a nommé l’ancien vice-Premier ministre Dmitri Kozak au poste du chef adjoint de l’administration présidentielle. L’édition «Kommersant», faisant référence à deux sources proches du Kremlin, a suggéré que Kozak pourrait reprendre une partie des tâches confiées à Vladislav Surkov, actuellement en charge de l’Ukraine au Kremlin.

En Ukraine, il est également suggéré que Dmitri Kozak, jusqu’à maintenant vice-Premier ministre russe, deviendrait le nouveau «surveillant de l’Ukraine» du Kremlin, en remplacement de Vladislav Surkov, qui était manifestement en conflit avec les autorités ukrainiennes.

Quel était le rôle de Surkov? Surkov était de facto l’idéologue politique des séparatistes. Il sélectionnait les chefs des séparatistes, donnait de la visibilité à la vie politique, il a créé le drapeau, l’hymne, l’emblème, les médias, les chaînes de Télégramme et en général tout ce qui devait donner de la consistance aux pseudo Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk. Il s’occupait même d’installer des monuments aux combattants pro-russes et de renommer les rues. Mais ses échecs ont été nombreux – les campagnes d’information ont échoué (les chaînes de télévision russes à l’étranger ont commencé à fermer) et les protégés de Surkov ont été tués ou éliminés (Zakharchenko à Donetsk, Khajimbou en Abkhazie).

Que disent les médias russes? Dans le même temps, le directeur du Centre de conjoncture politique Alexei Chesnakov a déclaré que Vladislav Surkov, l’assistant du président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, avait quitté sa fonction publique «en raison d’un changement de cap dans la direction ukrainienne». Le média russe «Meduza», citant des sources, écrit qu’après la victoire de Volodymyr Zelensky à l’élection présidentielle ukrainienne, les activités de l’équipe de l’assistant du président de la Fédération de Russie Vladislav Surkov en Ukraine ont pratiquement cessé.

Commentaire du Kremlin. Le porte-parole du président de la Fédération de Russie, Dmitri Peskov, a déclaré que la politique de la Russie envers l’Ukraine n’avait pas changé. «Toute réflexion sur ce sujet est un point de vue personnel», a déclaré Dmitri Peskov. «Il n’existe pas de décret sur la démission de Surkov. Je n’ai pas de telles information», a ajouté le porte-parole du président de la Fédération de Russie.

Qui est Dmitri Kozak? Kozak est connu comme l’idéologue de la fédéralisation de la Moldavie, et la Russie ne cache pas le désir d’incarner un projet similaire en Ukraine. Maintenant qu’il est devenu le «surveillant» officiel de notre État, il faut s’attendre à une nouvelle phase de ces tentatives.

De plus, d’après l’expérience moldave, Moscou a déjà appris que la promotion directe de la fédéralisation provoque trop de résistance, donc on peut supposer qu’elle essaiera de «vendre» la fédéralisation à des partenaires ukrainiens sous une forme cachée, sous la forme de «concessions pour la paix en Ukraine».
Et compte tenu de l’origine ukrainienne de Kozak (il est né dans la région de Kirovograd) et de son conflit avec Surkov, certains ont tendance à croire à des intentions positives de la part de ce fonctionnaire russe.


37 millions d’Ukrainiens: le nouveau recensement électronique

37 millions 289 000 – c’est le nombre de personnes qui vivent en Ukraine (hors territoires occupés). Tels sont les résultats des recherches organisés par le Conseil des ministres de l’Ukraine. Les données publiées ont déjà été appelées «le recensement électronique», mais en réalité il s’agit «d’une estimation de la taille de la population». Et il y a une différence entre ces concepts. Le ministre du Conseil et initiateur du recensement électronique Dmytro Doubilet affirme que des «estimations» suffisent pour comprendre les processus à l’intérieur du pays, mais les experts en statistiques et les sociologues ne partagent pas ce point de vue.

L’estimation électronique de la taille de la population en Ukraine est une première. Selon Dmytro Doubilet, la recherche a été réalisée en trois mois et n’a entraîné aucun coût supplémentaire pour l’État.

Recensement de 2001. Le chiffre de 37 millions, malgré la perte de la Crimée et d’une partie des territoires occupés dans le Donbass, la migration, la faible fécondité, est surprenant. Selon le seul recensement de l’histoire de l’Ukraine indépendante, la population totale de l’Ukraine en 2001 était de 48 millions 457 000 personnes.

Population urbaine – 32 millions 574 000, soit 67,2%
Population rurale – 15 millions 883 000, soit 32,8%
Hommes – 22 millions 441 000, soit 46,3%
Femmes – 26 millions 16 000, soit 53,7%

Méthodologie du recensement électronique. Le Conseil des ministres a compté ceux qui vivent en Ukraine par trois méthodes différentes. L’une d’elles est, par exemple, une combinaison des données provenant des téléphones mobiles, la tenue statistique de fermes et de registres. Le gouvernement a recueilli des informations anonymes auprès des opérateurs de téléphonie mobile sur le nombre d’abonnés, excluant ceux qui sont en ligne depuis moins d’un mois, ainsi que les périphériques modem. La recherche a été effectuée via le nombre de téléphones mobiles utilisés par des représentants des différentes tranches d’âge, en y ajoutant des registres des jeunes et des vieux ukrainiens.

Les autres méthodes impliquent également une combinaison de différents registres d’État. Selon Dmytro Dubilet, les trois méthodes ont montré presque le même résultat, avec une erreur de 2,85%. Et dans de telles études, ceci est considéré comme une déviation faible.

Pourquoi n’est-ce pas un vrai recensement? Le recensement de la population est un processus plus laborieux. Cela implique de recevoir des informations de presque tous les habitants du pays. À l’époque de l’Ukraine indépendante, le recensement n’a eu lieu qu’une seule fois, en 2001. Bien que selon les recommandations de l’ONU, le recensement de la population devrait avoir lieu une fois par décennie, il a été reporté à plusieurs reprises en Ukraine, jusqu’à la fin de 2020. Selon les pronostics des experts, 100 000 personnes doivent être impliquées dans ce processus, qui iront de maison en maison avec leurs tablettes et collecteront les informations. Le coût du recensement est estimé à 3-4 milliards de hryvnia.

Pourquoi les sociologues critiquent-ils le recensement électronique? Les sociologues et les statisticiens estiment que le recensement électronique ne peut pas remplacer complètement un recensement habituel.

«Le recensement électronique est très utile pour le recensement global et le serait encore plus après. Si nous effectuons un recensement traditionnel, nous connaîtrons l’erreur exacte d’estimation dans cette approche et nous pourrons ensuite l’appliquer à des estimations mensuelles ou quotidiennes», explique Volodymyr Sarioglo, chef du département de modélisation des processus et structures socio-économiques de l’Institut de démographie et de recherche sociale Ptoukha de l’Institut des Sciences de l’Ukraine.

Selon les sociologues, un recensement devrait être effectué. On ignore si un deuxième recensement aura lieu en Ukraine d’ici la fin de l’année. Selon Doubilet, la décision devrait être prise dans deux à trois mois.


Les sociologues à propos du patriotisme, de la langue ukrainienne, de l’UE et de l’OTAN

La Fondation Ilko Kucheriv pour les initiatives démocratiques, en collaboration avec le Service sociologique du Centre Razumkov, a mené une enquête à l’échelle nationale du 13 au 18 décembre 2019. Au total, 2017 répondants âgés de 18 ans et plus ont été interrogés. L’erreur d’échantillonnage théorique ne dépasse pas 2,3%.

Les principaux éléments du patriotisme pour les Ukrainiens sont tout d’abord l’amour pour leur pays (80%), la volonté de défendre leur pays si nécessaire avec des armes (64%), l’éducation des enfants dans un esprit d’amour et de respect pour leur pays (58%), le respect de toutes les lois de leur pays (56 %), la connaissance de l’histoire de leur pays, de sa culture (51%). Moins nombreux sont les citoyens qui estiment que le patriotisme est la participation aux élections (38%), l’accomplissement honnête de leurs fonctions (36%), la communication dans la langue de l’État (35%), le paiement des impôts appropriés (30%), la participation à la vie publique (28%), le respect des autorités (26%), et surtout, l’implication dans la lutte contre la corruption et les autres défauts de l’État (21%).

Le fait que la langue ukrainienne soit un attribut important de l’indépendance de l’Ukraineconvient à 81% des citoyens (55% «certainement» et 26%«plutôt, oui»), et ainsi dans toutes les régions de l’Ukraine: occidentale (95%), centrale (86%), Sud (71%), Est (64%).

En ce qui concerne le statut de la langue russe, la majorité des Ukrainiens estiment que la langue russe devrait être librement utilisée dans la vie privée, mais l’ukrainien reste la seule langue officielle (69%), le statut de la langue russe comme officiel dans certaines régions de l’Ukraine est soutenu par 15%, et en tant que deuxième langue officielle, avec l’ukrainien – 12%.

Adhésion à l’UE. Près des deux tiers de la population (64%) pensent que la principale voie d’intégration à suivre pour l’Ukraine devrait être l’adhésion à l’UE, 13% sont favorables à l’adhésion à l’Union économique eurasienne, et 23% n’ont pas d’opinion. L’adhésion de l’Ukraine à l’UE est le plus fortement soutenue dans les régions de l’Ouest (90%) et du Centre (70%). Le soutien à l’adhésion à l’UE prévaut également dans le Sud (44%) et l’Est (43%), mais certains résidents soutiennent également l’adhésion à l’Union économique eurasiatique (23% dans le Sud et 24% dans l’Est), et une grande partie de la population n’a pas encore pris sa décision (33 % au Sud et 33% à l’Est).

51% des Ukrainiens soutiennent l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Plus de la moitié de la population de l’Ukraine (51%) pense que la meilleure option pour garantir la sécurité de l’Ukraine serait l’adhésion à l’OTAN. C’est le résultat le plus élevé de tous les sondages. Le statut non aligné de l’Ukraine est soutenu par 26%, et 6% pensent qu’une alliance militaire avec la Russie et les pays de la CEI est nécessaire.

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