Jour 1324 de résistance : les attaques russes ont détruit 60 % de la production de gaz en Ukraine

L’Ukraine utilise déjà avec succès les missiles «Neptune» et « Flamingo » en tandem, déclare Zelensky. La Russie redéploie des troupes depuis la région de Pokrovsk pour lancer une offensive dans l’oblast de Dnipropetrovsk, selon OSINT. Les attaques russes ont détruit 60 % de la production de gaz en Ukraine en quelques jours, rapporte Bloomberg.

L’Ukraine utilise déjà avec succès les missiles « Neptune » et « Flamingo » en tandem, a déclaré Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé l’utilisation réussie des missiles « Neptune » et « Flamingo » en tandem. Il l’a déclaré lors d’un échange avec des journalistes, rapporte Ukrinform.

«La semaine dernière – je ne dirai pas en quelle quantité – notre duo Neptune et Flamingo a été utilisé. Les résultats correspondants peuvent être analysés indépendamment. Nous ne disons pas qu’il s’agit d’un usage massif de cette combinaison. Nous disons simplement qu’elle a été utilisée et que les premiers résultats tangibles de nos armes sont déjà visibles », a-t-il indiqué.

Évoquant les frappes de représailles en profondeur sur le territoire de l’agresseur, le chef de l’État a également souligné des progrès notables :

«Palianytsia a déjà, dans des dizaines de cas, touché des dépôts militaires ennemis. C’est positif, car il y a eu différentes étapes, et nous ne parlons plus de cas isolés. Autre réussite : Ruta, notre missile-drone, a pour la première fois frappé une plateforme maritime à plus de 250 km. Le plus grand succès reste Lyutyi (Fire Point) : environ 300 unités ont été utilisées lors d’une opération d’envergure. Nous comprenons désormais que Ust-Luga et Primorsk sont à portée. Ce qui s’est passé constitue, à mon avis, un grand succès », a ajouté Zelensky.

Pour rappel, le missile ukrainien Flamingo, doté d’une portée de plus de 3 000 km, a été révélé à l’été 2025. Il est produit par la société Fire Point. La première photo de cette arme a été publiée par le photographe Yefrem Loukatsky, avant que le ministre de la Défense ukrainien, Denys Shmyhal, n’en confirme officiellement la production.

Le 21 août, Zelensky avait également annoncé que le Flamingo entrerait en production de masse dans les mois suivants, précisant que les essais étaient déjà réalisés, sans en divulguer les détails.

En septembre, la directrice technique de Fire Point, Iryna Terekh, a déclaré que l’entreprise augmentait ses volumes de production du missile ukrainien Flamingo : à cette date, la cadence atteignait déjà 50 unités par mois, contre 30 en août.

Les attaques russes ont détruit 60 % de la production de gaz en Ukraine en quelques jours, rapporte Bloomberg

Au cours des derniers jours, les forces russes ont détruit plus de la moitié de la production gazière de l’Ukraine, notamment à la suite de frappes massives contre les régions de Kharkiv et de Poltava. À Kyiv, l’inquiétude grandit quant à la possibilité de réparer les installations endommagées avant la fin de l’hiver, rapporte Bloomberg jeudi 9 octobre.

Selon l’agence, Kyiv a informé ses alliés que près de 60 % de la production nationale de gaz avait été détruite par les attaques russes du 3 octobre.

Si les frappes se poursuivent, l’Ukraine estime qu’elle devra importer environ 4,4 milliards de mètres cubes de gaz, d’une valeur proche de 2 milliards d’euros, d’ici la fin mars 2026, selon des sources proches du dossier. Cela représenterait près de 20 % de la consommation annuelle du pays.

Dès le début des attaques russes, l’Ukraine a lancé des appels urgents au G7 pour obtenir du matériel destiné à la réparation du système énergétique et des systèmes supplémentaires de défense antiaérienne. Elle recherche également une aide financière pour financer les importations de gaz nécessaires.

Cette année, l’Ukraine a déjà acheté 4,58 milliards de mètres cubes de gaz auprès de fournisseurs étrangers, dont 3,67 milliards depuis la fin de la dernière saison de chauffage. Bien que Kyiv estimait initialement que ses besoins d’importation atteindraient 5,8 milliards de mètres cubes d’ici la fin de l’année, les autorités ont récemment averti leurs alliés que ce chiffre pourrait encore augmenter à cause des attaques russes, précise Bloomberg.

Le média souligne que, lors des hivers précédents, l’Ukraine avait réussi à tenir grâce aux générateurs et à la solidarité de la population lors des coupures d’électricité, mais que les dégâts récents pourraient être trop lourds pour être réparés avant la fin de l’hiver 2026.

Selon les interlocuteurs de Bloomberg, le coût des réparations d’urgence du réseau énergétique est estimé à environ 758 millions d’euros. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Commission européenne envisagent déjà une aide supplémentaire au secteur énergétique ukrainien.Le 3 octobre, Naftogaz avait signalé la plus grande attaque russe contre l’infrastructure gazière depuis le début de l’invasion à grande échelle, ciblant les installations des régions de Kharkiv et de Poltava, dont un grand nombre ont subi des dégâts critiques.
Le 5 octobre, la société a fait état d’une nouvelle série de frappes massives contre des installations assurant l’approvisionnement en gaz des Ukrainiens pendant la période hivernale.

La Russie redéploie des troupes depuis la région de Pokrovsk pour lancer une offensive dans l’oblast de Dnipropetrovsk, selon OSINT

Le pays agresseur, la Russie, redéploie ses troupes depuis le sud de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, afin de poursuivre son offensive vers la ville de Novopavlivka, dans la région de Dnipropetrovsk.
C’est ce qu’a rapporté, le 8 octobre, le média Militarnyi citant l’analyste OSINT de Unit Observer.

Selon ces informations, la 90ᵉ division blindée russe a été entièrement redéployée au sud de la ligne Ivanivka–Novopavlivka.
De plus, quatre brigades de fusiliers motorisés russes — les 35ᵉ, 55ᵉ, 74ᵉ et 137ᵉ — ont été retirées de la zone sud de Pokrovsk et transférées plus près de Novopavlivka.

Ainsi, dans le secteur sud de Pokrovsk, il ne reste que les 15ᵉ et 30ᵉ brigades de fusiliers motorisés, ainsi que certaines unités de la 27ᵉ division motorisée des forces russes.

Le commentateur militaire Denys Popovych a expliqué sur Radio NV que les Russes cherchent à concentrer leur offensive dans la région de Dnipropetrovsk, car sur le front de Pokrovsk, leurs avancées sont limitées :

«Ils ont besoin de victoires à annoncer, de territoires à revendiquer. C’est pourquoi, selon moi, ils vont maintenant tenter de progresser dans la région de Dnipropetrovsk. D’autant plus que, selon les analyses de septembre, ils y ont réussi à gagner du terrain en dépensant moins de forces — c’est-à-dire avec moins d’assauts mais davantage de territoires conquis à la fin du mois », a précisé l’expert.