75 % des Ukrainiens sont opposés à un « plan de paix » qui prévoirait le retrait des troupes du Donbas. Les négociations à Berlin ont été difficiles, et les États-Unis refusent de faire des compromis sur le plan de paix, rapporte le Wall Street Journal. L’Ukraine a rejeté la proposition américaine de créer une « zone économique libre» dans le Donbas, selon Politico.
75 % des Ukrainiens sont opposés à un « plan de paix » qui inclurait le retrait des troupes du Donbas
Trois quarts des Ukrainiens s’opposent à un « plan de paix » qui inclurait, entre autres, le retrait des troupes du Donbas, une limitation des effectifs de l’armée ukrainienne et l’absence de garanties de sécurité concrètes.
Tels sont les résultats d’un sondage réalisé par l’Institut international de sociologie de Kyiv (KIIS) entre le 26 novembre et le 13 décembre.
«Le plan russe reste catégoriquement inacceptable, 75 % des Ukrainiens le jugent totalement inacceptable (le même niveau qu’en septembre 2025). Seuls 17 % des Ukrainiens sont prêts à accepter la version russe de la paix (un chiffre inchangé) », indique l’étude.
Dans le même temps, 72 % des Ukrainiens se disent prêts à approuver un plan porté par l’Europe et l’Ukraine, les sociologues précisant que cet accord se ferait le plus souvent sans enthousiasme. Seuls 14 % le rejettent catégoriquement.
Selon l’étude, 63 % des Ukrainiens sont prêts à supporter la guerre aussi longtemps que nécessaire, et 1 % déclarent pouvoir la supporter encore environ un an.
«La majorité des Ukrainiens (63 %) continuent d’affirmer qu’ils sont prêts à endurer la guerre aussi longtemps que nécessaire (contre 62 % en septembre). Un pour cent supplémentaire déclare pouvoir tenir environ un an.
Les périodes plus courtes (six mois ou quelques mois) sont évoquées par 15 % des répondants (contre 21 % en septembre), tandis que la part de ceux qui n’ont pas su répondre est passée de 13 % à 21 % », précisent les sociologues.
Seuls 9 % des Ukrainiens s’attendent à une fin de la guerre avant le début de l’année 2026 (contre 18 % en septembre).
14 % estiment qu’elle pourrait s’achever au premier semestre 2026 (15 % auparavant), 11 % évoquent le second semestre 2026 (12 %), et 32 % parlent de 2027 ou plus tard (un chiffre inchangé).
«Un répondant sur trois (33 %, en hausse par rapport à 23 % en septembre) a répondu “je ne sais pas” », notent les sociologues.
Enfin, seuls 9 % des Ukrainiens sont favorables à l’organisation d’élections avant un cessez-le-feu (contre 11 % en septembre). Ces données proviennent d’un sondage national mené par le KIIS du 26 novembre au 13 décembre 2025.
Selon les résultats, 25 % des Ukrainiens soutiennent la tenue d’élections en cas de cessez-le-feu assorti de garanties de sécurité (contre 22 % en septembre).
La majorité, soit 57 % (contre 63 % en septembre), continue d’affirmer que des élections ne sont possibles qu’après la conclusion d’un accord de paix définitif et la fin complète de la guerre.
L’enquête a été réalisée par entretiens téléphoniques auprès de 547 personnes âgées de 18 ans et plus, vivant sur les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien. Les habitants des territoires temporairement occupés (à l’exception de certains déplacés internes), ainsi que les citoyens ayant quitté l’Ukraine après le 24 février 2022, n’ont pas été inclus dans l’échantillon.
Dans des conditions normales, la marge d’erreur statistique n’aurait pas dépassé 5,6 % pour des indicateurs proches de 50 %, 4,8 % pour ceux proches de 25 %, 3,4 % pour ceux proches de 10 % et 2,5 % pour ceux proches de 5 %.
Dans le contexte de la guerre, un biais systématique supplémentaire peut s’ajouter, mais les sociologues estiment que les résultats conservent un haut niveau de représentativité et permettent une analyse fiable des attitudes de la société.
L’Ukraine a rejeté la proposition américaine de créer une «zone économique libre» dans le Donbas, rapporte Politico
L’Ukraine a rejeté la proposition américaine visant à créer une «zone économique libre» démilitarisée dans le Donbas.
C’est ce qu’écrit Politico le lundi 15 décembre, citant un responsable français dont l’identité n’a pas été révélée.
L’article souligne qu’une semaine décisive attend l’Union européenne: dans les prochains jours, elle tentera à la fois de protéger l’Ukraine d’un accord de paix humiliant et de sauver un accord portant sur un prêt de plusieurs milliards d’euros destiné à soutenir Kyiv.
Le lundi 15 décembre, les dirigeants européens ont cherché à établir un dialogue et à exercer leur influence sur le plan de paix lors d’une rencontre à Berlin (Allemagne) avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyi et les négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner.
Ces discussions constituent une tentative de l’Europe d’influer sur le règlement final, quelques semaines après que le plan de paix en 28 points élaboré par Witkoff en coopération avec des responsables du Kremlin a provoqué une vive réaction à Kyiv et dans les capitales européennes. Depuis, l’Ukraine et l’Europe travaillent à un plan alternatif.
Son contenu reste flou et aucune décision n’a été prise, mais la question territoriale demeure particulièrement complexe. Donald Trump a proposé de retirer les forces ukrainiennes et russes de certaines zones et de créer dans le Donbas une «zone économique libre» démilitarisée, où des intérêts économiques américains pourraient opérer.
L’Ukraine a rejeté cette proposition, a indiqué à Politico le responsable français. Selon lui, les États-Unis insistent sur des concessions territoriales, malgré l’opposition ferme de l’Europe, ce qui provoque des tensions avec Washington.
L’Europe affirme qu’aucune avancée sur la question territoriale n’est possible tant que l’Ukraine n’aura pas obtenu de garanties de sécurité.
Le 11 décembre, le président Volodymyr Zelenskyi a déclaré que, dans le cadre du plan de paix, la partie américaine proposait de faire de la partie non occupée de la région de Donetsk une « zone économique libre ».
Zelenskyi a précisé que les États-Unis suggéraient que l’Ukraine retire ses troupes de ce territoire, tout en exigeant que l’armée du pays agresseur, la russie, n’y pénètre pas non plus.
«Lorsque nous parlons d’une “zone économique libre” où il ne peut pas y avoir de troupes parce qu’elles seraient tenues à distance les unes des autres, il est logique de se demander : si l’on exige des Ukrainiens qu’ils se retirent d’un côté, pourquoi l’autre partie à la guerre ne se retirerait-elle pas à la même distance dans l’autre sens ? Et se pose également la question de la gouvernance de ces territoires, des deux côtés de la ligne de contact, si quelqu’un est censé s’en retirer», a déclaré le président.
Le même 11 décembre, le quotidien français Le Monde écrivait que l’Ukraine serait prête à envisager la création d’une zone démilitarisée dans le Donbas, impliquant le retrait des forces des deux camps de la ligne de front.
Le 12 décembre, le Bureau du président ukrainien a démenti les informations selon lesquelles l’Ukraine aurait accepté les conditions américaines concernant une zone tampon dans le Donbas.
Le conseiller présidentiel à la communication, Dmytro Lytvyn, a souligné que l’article présentait les faits de manière incorrecte et que le conseiller de la présidence Mykhailo Podoliak n’avait évoqué que des modèles théoriques susceptibles d’être discutés, et non des décisions approuvées.
Dans le même temps, le Kremlin a évoqué la possibilité d’un retrait des forces d’occupation russes du Donbas et de leur remplacement par la Garde nationale russe (Rosgvardia).
«Il y aura la Rosgvardia, il y aura notre police, il y aura tout ce qu’il faut pour maintenir l’ordre et organiser la vie», a déclaré Iouri Ouchakov, assistant du dictateur russe.
Les négociations à Berlin ont été difficiles, les États-Unis refusent de faire des compromis sur le plan de paix, selon le Wall Street Journal
Les négociations entre l’Ukraine et les États-Unis sur un plan de paix visant à mettre fin à la guerre se sont « transformées en un bras de fer», même sans la participation du pays agresseur, la russie. Les parties tentent de sortir de l’impasse.
C’est ce qu’écrit le Wall Street Journal à l’issue du premier jour de discussions à Berlin (Allemagne), qui ont duré plus de cinq heures.
Washington insiste pour une adoption rapide de l’accord, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyi et ses alliés européens évoquent de profondes divergences qui doivent encore être réglées.
Parmi les principaux points de désaccord figure le refus de l’Ukraine de retirer ses troupes de la partie de la région de Donetsk qui reste non occupée par les forces russes. L’Europe et l’Ukraine exigent également des clarifications sur la réaction des États-Unis si Moscou viole l’accord de paix et lance une nouvelle attaque.
Ces deux questions clés seront au cœur des discussions à Berlin, souligne le WSJ.
Dimanche soir, Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain Donald Trump, a déclaré qu’à Berlin les parties avaient discuté « ldu plan de règlement de paix, de questions économiques et d’autres sujets ».
«Des progrès significatifs ont été réalisés », a-t-il affirmé, ajoutant qu’une nouvelle réunion était prévue le 15 décembre.
L’un des interlocuteurs du WSJ, au fait du déroulement des négociations, a indiqué que les discussions avaient été difficiles et a estimé que les États-Unis ne semblaient pas disposés à faire des compromis sur le projet d’accord de paix.
Le journal note qu’un désaccord majeur entre Washington et Kyiv persiste quant à l’évaluation de la situation sur le front et à la manière dont celle-ci devrait influencer le processus de négociation. Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que l’Ukraine serait en train de perdre la guerre. De nombreux membres de son administration partagent cette opinion, estimant que les Ukrainiens seraient condamnés à l’échec en cas de poursuite des combats.
À l’inverse, les soldats des Forces de défense ukrainiennes et les responsables européens ne doutent pas que l’Ukraine puisse continuer à se battre au moins une année supplémentaire, à condition que les alliés augmentent leur aide militaire et financière.
Selon des responsables européens et ukrainiens, outre les questions territoriales, les négociations à Berlin porteront également sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine.
Londres, Paris et d’autres capitales européennes ont élaboré des plans de soutien à l’Ukraine, y compris un éventuel déploiement de forces de soutien sur son territoire, et en ont discuté avec des responsables militaires américains. Toutefois, à Washington, aucune décision politique n’a encore été prise quant à l’ampleur de l’aide que les États-Unis seraient prêts à fournir.

