Le Kremlin a ressorti Medvedtchouk pour exprimer un refus de fait de la paix et de négociations substantielles, selon l’ISW. Le commandant de la Garde nationale a déclaré que le bataillon Khartia contrôle le centre de Kupiansk ainsi que le bâtiment de la mairie. À Davos, les Européens prévoient de parler avec Trump du Groenland plutôt que de l’Ukraine.
Le commandant de la Garde nationale a déclaré que le bataillon Khartia contrôle le centre de Koupiansk ainsi que le bâtiment de la mairie
Le groupement de reconnaissance et de frappe Khartia contrôle la partie centrale de Koupiansk, dans l’oblast de Kharkiv, ainsi que le bâtiment de la mairie. C’est ce qu’a annoncé le lundi 19 janvier le commandant de la Garde nationale, Oleksandr Pivnenko.
Selon lui, les militaires du groupe de reconnaissance et de frappe du 4e bataillon de la brigade Khartia poursuivent le nettoyage de la ville des restes des forces d’occupation russes.
«La réaction instantanée des combattants à un impact direct de drone FPV et au contact de combat avec l’ennemi est visible dans une vidéo filmée directement avec les GoPro des assaillants de Khartia», indique la légende accompagnant la vidéo publiée par Pivnenko.
Dans son rapport du 17 janvier, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) a indiqué que les Forces de défense ukrainiennes avaient progressé en direction de Koupiansk, dans l’oblast de Kharkiv. Selon l’ISW, le commandement militaire russe continue de mentir publiquement sur la prétendue prise complète de Koupiansk, « créant une réalité alternative » sur le champ de bataille afin d’influencer les décisions des États-Unis concernant d’éventuelles négociations de paix.
Les analystes citent des déclarations du ministre russe de la Défense, Andreï Beloussov, à qui le commandant du groupement de forces Ouest de la fédération de russie, Sergueï Kouzovliov, aurait fait état d’une progression près de Koupiansk et du « contrôle de tous les quartiers de la ville ». Des blogueurs militaires russes affirment de leur côté que les forces d’occupation n’ont contrôlé Koupiansk « pas un seul jour ».
Le Kremlin a ressorti Medvedtchouk pour annoncer de facto un refus de la paix et de négociations substantielles, ISW
Par le biais de la propagande russe, le Kremlin a amplifié et exploité les déclarations de Viktor Medvedtchouk, proche allié de Vladimir Poutine, afin d’annoncer de facto le refus de la Fédération de russie d’un règlement pacifique de la guerre contre l’Ukraine dans un avenir proche et de préparer à cela l’audience intérieure russe.
C’est ce qu’écrit l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), en analysant l’interview accordée par Medvedtchouk à l’agence de presse étatique de propagande TASS le 18 janvier.
Dans cette interview, Medvedtchouk a déclaré qu’en 2026 « il n’y aura pas de paix en Ukraine », et a répété l’affirmation selon laquelle «le temps joue en faveur du Kremlin». Il a également insisté sur la volonté du Kremlin d’atteindre ses objectifs militaires initiaux sans négociations avec l’Ukraine.
En outre, Medvedtchouk a repris d’anciens récits du Kremlin, qui présentent faussement l’invasion de l’Ukraine par la russie comme une prétendue guerre contre l’Occident. Il a aussi affirmé que le gouvernement ukrainien serait soi-disant « illégitime » et a rejeté toute possibilité d’élections en Ukraine, ce que le Kremlin exige pourtant lui-même pour parvenir à un accord de paix, dans des conditions autres que celles imposées par la russie.
L’ISW souligne que Poutine et d’autres responsables du Kremlin ont à plusieurs reprises utilisé ces mêmes récits afin de démontrer l’engagement de la russie envers ses objectifs militaires initiaux et sa « théorie de la victoire », selon laquelle l’armée et l’économie russes seraient capables de «tenir plus longtemps» que le soutien occidental à l’Ukraine.
Les analystes insistent sur le fait que le Kremlin utilise Medvedtchouk pour formuler des déclarations encore plus extrêmes que celles de Poutine et d’autres responsables, et pour attribuer ces propos à une personne qui prétend représenter l’Ukraine. L’ISW estime que le Kremlin utilise probablement cette nouvelle interview de Medvedtchouk pour justifier le refus de la russie de participer à des efforts de paix visant à régler la guerre en Ukraine. D’autant plus que ces déclarations ont été faites dans le contexte des négociations de paix en cours entre les États-Unis, l’Union européenne et l’Ukraine sur l’élaboration d’un plan de paix, ainsi que dans le cadre d’un nouveau cycle de discussions entre l’Ukraine et les États-Unis à Miami le 16 janvier.
L’ISW continue d’évaluer que le Kremlin a probablement l’intention de rejeter entièrement toute proposition de paix qui ne répondrait pas à l’ensemble des exigences de la russie, y compris les initiatives issues des récents cycles de négociations.
Le 18 janvier, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Roustem Oumerov, a évoqué les négociations qui se sont déroulées pendant deux jours aux États-Unis et a indiqué qu’elles se poursuivraient à Davos (Suisse), où se tient le Forum économique mondial du 19 au 23 janvier et où une rencontre entre Volodymyr Zelenskyi et Donald Trump est attendue.
Oumerov a précisé que les délégations ukrainienne et américaine avaient discuté aux États-Unis, les 17 et 18 janvier, d’un plan de prospérité économique pour l’Ukraine après la guerre (prosperity plan). Les garanties de sécurité pour l’Ukraine ont également été abordées, notamment les mécanismes pratiques de leur mise en œuvre et de leur application.
FT : les Européens à Davos prévoient de parler du Groenland avec Trump plutôt que de l’Ukraine
Les dirigeants de l’UE et leurs délégations, qui doivent rencontrer le président américain Donald Trump et des responsables des États-Unis en marge du Forum économique mondial de Davos, « déchirent » leurs notes d’information consacrées à l’Ukraine.
C’est ce qu’écrit, ce lundi 19 janvier, le quotidien britannique Financial Times (FT).
À la place de ces notes analytiques, d’autres documents seront utilisés, qu’un haut diplomate de l’UE a décrits dans un commentaire au FT comme relevant de la stratégie du «bâton et de la carotte». Il s’agit notamment des options dont dispose l’Europe pour répondre aux nouveaux droits de douane imposés par Trump en lien avec le dossier groenlandais, parallèlement à des propositions visant à désamorcer l’escalade.
«Comment peut-on s’asseoir à la table des négociations avec cet homme et discuter de ses garanties de sécurité pour l’Ukraine ?», cite le FT en reprenant les propos de sa source.
Le diplomate a ajouté que Trump « n’est pas digne de confiance».
Selon des responsables informés du déroulement des discussions, de nombreux participants ont exprimé leur soutien à des mesures de rétorsion de l’UE face aux menaces tarifaires de Trump, tout en appelant à ne pas les mettre en œuvre avant la fin des négociations diplomatiques.
Les dirigeants de l’UE doivent se réunir lors d’un sommet extraordinaire plus tard cette semaine, provisoirement prévu jeudi, après les rencontres avec Trump à Davos, écrit le FT.
Dans le cadre des préparatifs, les ambassadeurs de l’UE ont discuté de la possibilité de répondre aux États-Unis par des droits de douane sur des produits américains pour un montant total de 93 milliards d’euros. L’option de restreindre l’accès des entreprises américaines au marché unique européen est également à l’étude.
L’ordre du jour de la réunion des conseillers à la sécurité nationale à Davos a été modifié aujourd’hui. Initialement consacré à l’Ukraine, il portera désormais sur la situation autour du Groenland, selon le FT.
Ce lundi 19 janvier s’ouvre à Davos, en Suisse, la 56e édition du Forum économique mondial. Tout au long de la semaine suivante, jusqu’au 23 janvier, les dirigeants politiques mondiaux et les élites économiques débattront des questions mondiales les plus sensibles. Une rencontre entre le président ukrainien Volodymyr Zelenskyi et le président américain Donald Trump est notamment attendue en marge du forum.
Le 13 janvier, le correspondant du Financial Times Christopher Miller a indiqué que des dirigeants européens pourraient se joindre à leurs discussions, notamment les chefs de gouvernement de l’Italie, de l’Allemagne, de la France, du Canada et du Royaume-Uni, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Les partenaires de l’Ukraine à Davos devraient exercer des pressions sur Trump afin d’obtenir son soutien personnel aux garanties de sécurité pour Kyiv après un cessez-le-feu, écrivait le FT. Une réunion distincte des conseillers à la sécurité nationale de la « coalition des volontaires » était également prévue.
Le 17 janvier, le président américain Donald Trump a annoncé l’instauration de droits de douane sur des produits et marchandises en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande, en raison du soutien de ces pays à l’intégrité territoriale du Danemark et de l’envoi de forces militaires au Groenland.
Il a déclaré que les États-Unis avaient « pendant de nombreuses années subventionné le Danemark et d’autres pays européens sans leur imposer de droits de douane ni d’autres paiements ». Selon lui, le Danemark devrait « rendre la pareille » aux États-Unis en cédant le contrôle du Groenland.
À compter du 1er février, les États-Unis appliqueront un droit de douane de 10 %. À partir du 1er juin, le taux passera à 25 %. Ces droits de douane, selon Trump, ne seront pas levés tant qu’un « accord sur le Groenland » n’aura pas été conclu.

