Jour 1520 de résistance : les systèmes robotisés ukrainiens changent la manière de faire la guerre

Kyrylo Boudanov a déclaré que l’Ukraine ne fera aucune concession territoriale. Des drones du SBU ont frappé une station de pompage de pétrole russe à Gorky. « Révolution dans les affaires militaires»: les systèmes robotisés ukrainiens transforment la manière de faire la guerre, selon Politico

L’Ukraine ne fera aucune concession territoriale, selon Kyrylo Boudanov

Le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, a déclaré que l’Ukraine ne fera aucune concession territoriale et doit rester unie pour éviter toute faiblesse et préserver l’État.

Il s’exprimait le jeudi 23 avril lors du Kyiv Security Forum.

«La ligne rouge est simple et claire pour tous : premièrement, nous ne cédons rien. Cela n’arrivera pas, quoi que certains tentent», a-t-il souligné.

Selon lui, une option de règlement concernant le Donbas est déjà en cours d’élaboration et devra avant tout correspondre aux intérêts de l’Ukraine. « Personne ici n’a le droit de marchander notre territoire », a-t-il ajouté.

Boudanov s’est dit convaincu qu’aucun Ukrainien n’acceptera de reconnaître la perte «ne serait-ce que d’un millimètre» du territoire national. Il a toutefois reconnu que les négociations pourraient aboutir ou non, ce qu’il considère comme normal, en affirmant que l’Ukraine est prête à tous les scénarios.

Il a insisté sur le fait que la force du pays détermine sa capacité de négociation : en cas de faiblesse, des conditions lui seraient imposées. «Si nous sommes faibles, personne ne nous parlera», a-t-il averti.

Il a également appelé les Ukrainiens à s’unir pour assurer la survie de l’État.

Auparavant, le président Volodymyr Zelenskyi avait déclaré que la Russie exigeait que l’Ukraine se retire de la partie du Donbas qu’elle contrôle, en promettant la fin de la guerre dans ce cas. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ensuite affirmé que Moscou n’avait fixé aucun délai, tout en déclarant que ce retrait devrait avoir lieu «immédiatement».

Zelenskyi a à plusieurs reprises souligné que la position de Kyiv n’avait pas changé: l’Ukraine ne cédera pas les régions de Donetsk et de Louhansk, estimant qu’un retrait ouvrirait la voie à de nouvelles exigences du Kremlin.

Des drones du SBU ont frappé une station de pompage de pétrole russe à Gorky

Dans la nuit du 23 avril, des drones du centre des opérations spéciales «Alpha» du SBU ont frappé la station de pompage de pétrole «Gorky», située dans la localité de Meshikha, dans la région de Nijni Novgorod en Russie, selon des sources de NV au sein du service.

Selon des informations préliminaires, trois réservoirs de pétrole ont été endommagés, provoquant un important incendie couvrant une superficie d’environ 20 000 m².

Le SBU précise que la station fait partie de la structure de Transneft – Upper Volga. Elle assure le transport de pétrole via des oléoducs principaux, notamment sur l’axe Surgut — Gorky — Polotsk, et alimente des routes internes, y compris vers la raffinerie de Lukoil à Kstovo.

D’après ces sources, une telle frappe provoque de sérieuses perturbations dans la logistique pétrolière intérieure de la Russie, en affectant le fonctionnement des oléoducs et des raffineries, ce qui a un impact direct sur les revenus du pays.

Dans la nuit du 23 avril, des explosions ont également été signalées à Kstovo, avec des informations faisant état d’une attaque de drones. Des sources en ligne évoquent une frappe contre la station « Gorky » et un incendie de grande ampleur.

Par ailleurs, des attaques de drones ont aussi été rapportées contre la raffinerie de Novokouïbychevsk, dans la région de Samara.

«Révolution dans les affaires militaires» : les systèmes robotisés de l’Ukraine transforment la manière de faire la guerre, selon Politico

Les Forces de défense de l’Ukraine prévoient, en 2026, de remplacer jusqu’à 30 % des effectifs sur les sections les plus difficiles du front par des systèmes robotisés. C’est ce qu’a indiqué à Politico Mykola «Makar» Zinkevych, commandant d’une unité de systèmes terrestres robotisés de la 3e brigade d’assaut.

Selon l’article, les systèmes robotisés terrestres ont le potentiel de transformer la conduite de la guerre, à l’image de l’apparition de la poudre au Moyen Âge ou du développement des chars pendant la Première Guerre mondiale.

Politico souligne que les drones ukrainiens de haute technologie ont déjà transformé une zone de 50 km derrière la ligne de front en piège pour les forces russes, et ont infligé de lourdes pertes à la flotte russe de la mer Noire.

Ces systèmes remplissent aujourd’hui de nombreuses missions: transport de matériel, évacuation des blessés, reconnaissance en terrain ouvert, destruction de positions ennemies, opérations de sabotage et pose de mines.

Cela permet de réduire les pertes humaines, un enjeu crucial pour l’Ukraine dans un contexte de difficultés de mobilisation et d’assauts massifs russes.

Le média note que l’invasion à grande échelle lancée par la Russie en 2022 a accéléré une course aux armements technologiques, dans laquelle l’Ukraine prend désormais l’avantage. La Russie, de son côté, utilise aussi de plus en plus de robots terrestres, notamment pour la logistique et l’évacuation.

« Ces évolutions montrent comment la robotique peut modifier la logique même de la guerre, en remplaçant des assauts coûteux en vies humaines par des opérations à distance », écrit Politico.

Le chercheur Mykola Bielieskov, de l’Institut national des études stratégiques, compare cette évolution à la révolution militaire des années 1920-1930, lorsque mitrailleuses, chars et аviation ont profondément transformé la guerre.

Il met toutefois en garde contre l’idée d’une diminution du rôle humain : celui-ci reste « décisif ».

Zinkevych précise que l’objectif est que les robots assument le choc principal, tandis que l’infanterie deviendrait une force d’élite spécialisée, chargée des tâches que les machines ne peuvent accomplir.

Selon Politico, l’armée ukrainienne était initialement prudente face à ces technologies, faute d’opérateurs qualifiés. Mais l’expérience de brigades innovantes et le succès des frappes à longue distance ont changé cette perception.

Le ministère de la Défense prévoit de commander 25 000 systèmes robotisés terrestres au premier semestre 2026, soit deux fois plus que sur toute l’année 2025.

Parmi les exemples cités figure le système «TerMIT», développé par la société ukrainienne Tencore: un robot chenillé capable de transporter jusqu’à 400 kg, d’atteindre 15 km/h et d’opérer à une distance de 40 km.

Selon son directeur Maksym Vasylenko, un seul de ces robots a posé plus de 1 500 mines antichars avant d’être détruit par des drones FPV russes.

Enfin, Politico souligne que la demande croissante dépasse actuellement les capacités de production, notamment en raison d’un financement insuffisant, même si les partenaires européens contribuent au développement de ces technologies.