Von der Leyen a dévoilé cinq priorités de l’UE concernant un accord de paix pour l’Ukraine. Scandale après la fuite de la conversation entre Vitkoff et Ouchakov : des responsables politiques et des fonctionnaires américains ont réagi. L’état-major ukrainien confirme la frappe contre une usine en Tchouvachie qui fabrique des équipements pour missiles balistiques et de croisière
Scandale après la fuite de la conversation entre Vitkoff et Ouchakov, des responsables politiques et des fonctionnaires américains ont réagi
Des membres du Congrès américain, ainsi que des responsables politiques et des fonctionnaires, ont réagi à la publication de Bloomberg concernant la conversation entre l’envoyé spécial du président américain, Steve Vitkoff, et l’assistant du dictateur russe, Iouri Ouchakov. Le républicain Don Bacon a notamment déclaré que Vitkoff ne pouvait plus être « jugé digne de confiance » pour mener des négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.
«Pour ceux qui s’opposent à l’invasion russe et veulent voir l’Ukraine rester un pays souverain et démocratique, il est évident que Vitkoff soutient entièrement les Russes. On ne peut pas lui confier ces négociations. Un agent russe payé ferait-il moins que lui ? Il doit être limogé», a écrit le membre de la Chambre des représentants sur le réseau X.
Bloomberg a pu consulter en exclusivité la conversation téléphonique entre Ouchakov et Vitkoff, avant de préparer et publier la transcription complète de cet échange de cinq minutes.
D’après ce document, Vitkoff entretient des relations si étroites avec Ouchakov qu’au cours de leur appel du 14 octobre 2025, ils ont ensemble convenu du moment le plus opportun pour que le dictateur russe, Vladimir Poutine, appelle le président des États-Unis, Donald Trump, avant l’arrivée du président ukrainien, Volodymyr Zelenskyi, et de la manière dont Moscou pourrait «souffler» à Trump l’idée d’un plan de paix en une vingtaine de points.
Le républicain Brian Fitzpatrick a déclaré que l’aide apportée par Vitkoff aux Russes constituait « un sérieux problème » et a appelé à mettre fin aux «spectacles parallèles et réunions secrètes ».
« C’est un sérieux problème. Et l’une des nombreuses raisons pour lesquelles ces absurdes spectacles parallèles et réunions secrètes doivent cesser. Laissez le secrétaire d’État, Marco Rubio, faire son travail honnêtement et objectivement », a écrit Fitzpatrick.
Le démocrate Ted Lieu estime que l’envoyé spécial de Trump «doit travailler pour les États-Unis, pas pour la Russie », le qualifiant de « véritable traître ».
De son côté, le président américain Donald Trump a qualifié le comportement de son émissaire de « typique d’un négociateur » :
«C’est une pratique standard. Il doit vendre cela à l’Ukraine. Il doit vendre l’Ukraine à la Russie. C’est ce que fait une personne qui conclut des accords. »
Le président a souligné que des négociations efficaces impliquent toujours une certaine pression et la capacité de convaincre les deux parties. Il a indiqué ne pas avoir écouté l’audio publié, mais ne rien voir de « surprenant » dans la méthode de Vitkoff.
Bloomberg a publié deux transcriptions de conversations entre responsables russes.
La première est celle entre l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Vitkoff, et Ouchakov, datée du 14 octobre.
La seconde contient un échange entre Ouchakov et Dmitriev concernant la possibilité de transmettre le projet russe d’accords aux représentants de Trump de manière à le présenter comme une initiative américaine.
Pour l’instant, on ignore qui a transmis ces conversations aux médias.
L’état-major ukrainien confirme la frappe contre une usine en Tchouvachie qui fabrique des équipements pour missiles balistiques et de croisière
Dans la nuit du 26 novembre, des unités des Forces de défense de l’Ukraine ont notamment frappé une usine produisant des équipements de navigation et des composants pour missiles de croisière et balistiques, “VNIIER-Progress”, située à Tcheboksary, dans la république de Tchouvachie.
C’est ce qu’a officiellement annoncé l’état-major ukrainien le mercredi 26 novembre, après que les premières informations ont circulé sur les chaînes Telegram.
Un impact sur le territoire de l’entreprise a été constaté, suivi d’un incendie sur le site.
« L’usine VNIIER-Progress produit des récepteurs GNSS et des antennes pour les systèmes satellitaires GLONASS, GPS et Galileo, notamment les modules de type Kometa, utilisés dans les drones kamikazes Shahed, ainsi que dans les missiles des complexes Iskander-M, Kalibr, et dans les modules UMPK pour bombes aériennes », a précisé l’état-major.
Le degré des dommages infligés est en cours de clarification.
Le commandant des Forces de systèmes sans pilote des Forces armées ukrainiennes, Robert Brovdi, a également fait état des résultats des opérations nocturnes.
En outre, dans la région de Zaporijjia, les forces ukrainiennes ont détruit un poste de commandement russe, tandis que dans la région de Donetsk elles ont frappé un système de défense antiaérienne Tor-M1 ainsi que des dépôts de munitions de niveau brigade.
Des drones ukrainiens ont également frappé à Vassylivka, sur le territoire temporairement occupé de la région de Zaporijjia, un poste de commandement appartenant à l’un des unités de la 58e armée interarmes russe.
- C’est ce qu’a officiellement rapporté l’état-major ukrainien le mercredi 26 novembre.Durant la même nuit, ont également été détruits :
- un système de défense antiaérienne Tor-M1 à Marioupol
- des dépôts de munitions de niveau brigade à Otcheretyne et Kamianka, dans la région occupée de Donetsk
- un lieu de concentration de personnel ennemi sur l’axe de Pokrovsk.
Von der Leyen a dévoilé cinq priorités de l’UE concernant un accord de paix pour l’Ukraine
L’accord de paix que l’Union européenne envisage pour l’Ukraine repose sur cinq priorités essentielles : une paix juste et durable, le respect de la souveraineté de l’Ukraine, le soutien financier à l’Ukraine, la participation active de l’Ukraine, de l’UE et de l’OTAN aux négociations de paix, ainsi que le retour des enfants ukrainiens enlevés par la russie.
C’est ce que rapporte European Pravda, citant la déclaration de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la séance plénière du Parlement européen du 26 novembre.
Von der Leyen a exposé cinq priorités devant figurer dans un accord de paix pour l’Ukraine.
« Je voudrais esquisser certains des principes fondamentaux pour l’Europe, alors que nous travaillons avec l’Ukraine, les États-Unis et la “coalition des déterminés” sur la voie à suivre. La première priorité est qu’un accord doit garantir une paix juste et durable. Et il doit assurer une véritable sécurité pour l’Ukraine et pour l’Europe », a déclaré von der Leyen.
Elle a souligné qu’en tant que nation souveraine, l’Ukraine ne peut être soumise à aucune limitation concernant ses forces armées.
«L’Ukraine a besoin de garanties de sécurité solides, durables et fiables, dans le cadre d’un paquet plus large… Et il est tout aussi évident que tout accord de paix doit garantir la sécurité européenne à long terme », a ajouté la présidente de la Commission.
La deuxième priorité consiste, selon elle, à défendre la souveraineté de l’Ukraine.
«Si aujourd’hui nous légitimons et formalisons la remise en cause des frontières, nous ouvrons la porte à de nouvelles guerres demain. Et nous ne pouvons pas le permettre », a souligné von der Leyen.
Elle a ajouté que «l’avenir de l’Ukraine se trouve dans l’Union européenne », et que cela constitue un élément essentiel de tout système de garanties de sécurité.
La troisième priorité est la couverture des besoins financiers de l’Ukraine.
«Lors du dernier Conseil européen, nous nous sommes engagés à couvrir les besoins financiers de l’Ukraine pour 2026 et 2027. Sur ce sujet, la Commission a présenté un document proposant plusieurs options de financement, y compris celle fondée sur les actifs russes immobilisés », a rappelé la responsable.
Elle a précisé que la prochaine étape consistera en la présentation par la Commission européenne de projets juridiques relatifs au financement de l’Ukraine.
La quatrième priorité annoncée par von der Leyen est le principe : «Rien sur l’Ukraine sans l’Ukraine, rien sur l’Europe sans l’Europe, rien sur l’OTAN sans l’OTAN».
La cinquième priorité est le retour de chaque enfant ukrainien enlevé par la russie.
Comme l’a rapporté European Pravda, la Commission européenne poursuit la préparation d’un projet visant à accorder à l’Ukraine des « prêts réparatoires » fondés sur les actifs russes gelés pour la période 2026-2027, malgré les négociations en cours autour d’un plan de paix pour l’Ukraine. La décision finale sera prise en décembre 2025 lors du sommet des dirigeants de l’UE.
Pour rappel, le 25 novembre, le président américain Donald Trump a déclaré avoir chargé Steve Vitkoff et Dan Driscoll de finaliser les conditions d’un projet « d’accord de paix » avec la russie et l’Ukraine, Vitkoff devant se rendre à Moscou pour cette mission.
Selon Trump, la principale concession de la russie serait qu’elle accepterait de cesser les hostilités et de ne pas s’emparer de nouveaux territoires.
