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Jour 1517 de résistance: l’économie de la Russie en difficulté malgré des superprofits pétroliers

142 drones, 28 impacts en une nuit, nouvelle attaque de la Russie. Le GUR et les Forces de défense ukrainiennes ont frappé en Crimée deux grands navires de débarquement russes, ainsi qu’une raffinerie à Touapsé et une usine de drones à Taganrog. Le service de renseignement suédois indique que l’économie de la Russie est en difficulté malgré des superprofits pétroliers

142 drones, 28 impacts en une nuit, nouvelle attaque de la Russie

Dans la nuit du 20 avril (à partir de 18h00 le 19 avril), les forces russes ont attaqué l’Ukraine avec 142 drones d’attaque de type « Shahed » (y compris à réaction), ainsi que des drones « Gerbera », « Italmas » et d’autres types.

C’est ce qu’indiquent les Forces aériennes des Forces armées ukrainiennes.

Les drones ont été lancés depuis les directions de Koursk, Briansk, Orel, Millerovo, Chatalovo, Primorsko-Akhtarsk (Fédération de Russie), ainsi que depuis les territoires temporairement occupés de Donetsk et de Hvardiiske (Crimée). Environ 100 d’entre eux étaient des « Shahed ».

L’attaque aérienne a été repoussée par l’aviation, les troupes de missiles antiaériens, les unités de guerre électronique et de systèmes sans pilote, ainsi que par des groupes de tir mobiles des Forces de défense ukrainiennes.

Selon des données préliminaires, à 08h00, la défense antiaérienne a abattu ou neutralisé 113 drones ennemis de type «Shahed», «Gerbera», «Italmas» et autres, dans le nord, le sud et l’est du pays.

28 drones d’attaque ont atteint leurs cibles sur 18 sites, et la chute de débris de drones abattus a été enregistrée sur 6 sites.

Dans la nuit du lundi 20 avril, un « Shahed » russe à réaction a frappé la maison d’un spécialiste des radiotechnologies militaires, conseiller du ministre de la Défense de l’Ukraine, Serhii Beskrestnov.

Il l’a annoncé sur Facebook : « Cette nuit, les Russes ont tenté de me tuer. Ils ont lancé quatre “Shahed” à réaction. L’un d’eux, guidé, s’est écrasé contre le mur de ma maison. Je n’ai plus de maison. »

Beskrestnov a publié une photo depuis l’hôpital et a indiqué avoir été blessé. Il a précisé qu’il était « moralement prêt à une telle évolution des événements ».

«J’ai été touché, mais le principal est que je suis miraculeusement en vie. J’étais moralement prêt à cela, et cela ne m’arrêtera pas », a-t-il ajouté.

La GUR et les Forces de défense ukrainiennes ont frappé en Crimée deux grands navires de débarquement russes, ainsi qu’une raffinerie à Touapsé et une usine de drones à Taganrog

Le détachement spécial « Prymary » de la Direction principale du renseignement du ministère de la Défense de l’Ukraine a frappé, en Crimée temporairement occupée, deux grands navires de débarquement russes, le «Yamal» et le « Nikolai Filchenkov ».

Le GUR l’a annoncé le lundi 20 avril.
L’opération a été menée dans la nuit du 18 au 19 avril. Au moment de la frappe, les deux navires de la flotte russe de la mer Noire se trouvaient dans la baie de Sébastopol. À la suite de l’attaque, leurs coques ont été mises hors service, indique le GUR.

Le navire de débarquement du projet 775 « Yamal », mis en service en 1988, mesure 112,5 mètres et peut transporter jusqu’à 500 tonnes de cargaison, notamment des véhicules blindés et des troupes. Sa valeur est estimée à plus de 80 millions de dollars.

Le navire du projet 1171 « Nikolai Filchenkov », mis en service en 1975, a une capacité de charge allant jusqu’à 1000 tonnes, permettant le transport de dizaines de véhicules blindés et d’un important contingent de débarquement. Selon le GUR, sa valeur dépasse les 70 millions de dollars.

Les « Prymary » ont également détruit à Sébastopol une station radar russe « Podliot-K1 », d’une valeur d’environ 5 millions de dollars.

Par ailleurs, dans la nuit du 20 avril, des unités des Forces de défense ukrainiennes ont frappé une raffinerie à Touapsé, rapporte le État-major général des Forces armées ukrainiennes. Le complexe pétrolier a été touché à nouveau, avec un impact dans le parc de réservoirs suivi d’un incendie.

Enfin, un satellite a enregistré les conséquences d’une frappe de missiles « Neptune » contre une usine de drones à Taganrog. Lors de l’attaque dans la nuit du 18 au 19 avril, au moins deux ateliers de l’usine « Atlant Aero » ont été endommagés, selon Radio Svoboda, qui s’appuie sur des images satellites.

Les journalistes rappellent que l’usine, où sont produits des drones « Molnia » pour l’armée russe, avait déjà été attaquée le 13 janvier. Une autre structure avait alors été endommagée puis démolie. « Atlant Aero » est située à proximité de l’usine de réparation aéronautique Beriev, également visée à plusieurs reprises par des frappes ukrainiennes.

L’économie de la Russie est en difficulté malgré des superprofits pétroliers

Au sein du service de renseignement militaire suédois, on affirme que les superprofits pétroliers n’ont pas permis de redresser l’économie russe, qui reste en difficulté.

C’est ce qu’a déclaré son chef, Thomas Nilsson, dans un commentaire au Financial Times, relayé par European Pravda.

Selon Nilsson, pour combler le déficit budgétaire, le Kremlin a besoin que le prix du pétrole Urals reste au-dessus de 100 dollars le baril pendant un an. Pour résoudre les autres problèmes économiques, ce niveau devrait être maintenu encore plus longtemps.

Il a ajouté que la Russie aura encore plus de difficultés à financer son invasion de l’Ukraine, qui dure depuis déjà cinq ans, si le cessez-le-feu entre les États-Unis, Israël et l’Iran se maintient et que les prix du pétrole se stabilisent.

«Ils ont toujours un problème systémique. Produire du matériel de guerre qui est ensuite détruit sur le champ de bataille n’est pas un modèle de croissance durable », a-t-il souligné.

Nilsson a également indiqué que les difficultés économiques touchent désormais le secteur de la défense, principal moteur de la croissance russe, alors que le secteur civil est en crise. Moscou redirige les financements vers des domaines où la guerre évolue, notamment les systèmes sans pilote et les armes à longue portée. Mais en dehors du secteur des drones, le complexe militaro-industriel russe est déficitaire, miné par la corruption et dépendant des crédits des banques publiques.

Selon les renseignements suédois, la Russie manipule systématiquement ses données pour tromper les alliés occidentaux de l’Ukraine et donner l’impression que son économie résiste aux dépenses militaires massives et aux sanctions.

Toujours selon Nilsson, la situation réelle est encore pire: la banque centrale russe sous-estime l’inflation, qui se rapprocherait en réalité du taux directeur de 15 %, et non des 5,86 % officiels.

Les services suédois pointent aussi certains indicateurs financiers laissant craindre une future crise bancaire en Russie.

« Si vous avez construit un système comme celui de Poutine, vous pouvez ignorer à quel point la situation économique est mauvaise. Mais même avec les informations biaisées qu’il reçoit, il ne pourra pas y échapper », a-t-il conclu.

Pour rappel, début février, le Service fédéral de renseignement allemand estimait que les dépenses militaires russes pourraient représenter la moitié du budget de l’État et environ 10 % du PIB. De son côté, le Bureau de protection de la Constitution de Lettonie indiquait que, même en interne, la Russie reconnaît que les sanctions lui causent et continueront de lui causer des pertes importantes.