Menu

«Manana» – un paradis terrestre pour les animaux: une famille a sauvé des centaines de chats et de chiens d‘une mort certaine

En Ukraine les bénévoles et les défenseurs des animaux recueillent des animaux chez eux. Après les avoir stérilisés et soignés, ils les donnent aux personnes qui souhaitent les accueillir ou les confient à des refuges privés, où ils peuvent mener une vie dans le confort et la sécurité.

Chacun de ces refuges a été fondé avec amour et sollicitude pour nos « frères cadets » à quatre pattes, mais le refuge « Manana » reste tout de même un abri exceptionnel.

« Manana » a été créé par une seule famille et est financé exclusivement sur leurs propres revenus. Svitlana et Petro disposent d’une jolie maison et d’un grand terrain près d’un lac et d’une forêt.

La famille a décidé de créer chez elle un vrai paradis pour les chats et les chiens. On peut y voir des parcs grillagés et des cages, mais les chiens n’y passent que la nuit.

Pendant la journée ils courent librement, ils se baignent dans le lac, jouent ensemble ou dorment à l’ombre des arbres.

Presque tous ces animaux ont été trouvés dans la rue et tous ont subi des mauvais traitements de la part des êtres humains.

«Un jour nous avons trouvé deux petits chiens à proximité de notre village», raconte Petro. «Ils avaient été attachés à un arbre par un fil barbelé, l’un sans oeil et le ventre ouvert, l’autre avec des branchettes épineuses d’acacia dans le vagin et l’anus. Nous les avons détachés et les avons emmenés à la clinique vétérinaire. On les a soignés pendant très longtemps et heureusement on a réussi à les sauver. Un de ces chiens habite maintenant dans une très bonne famille à Lviv, qui s’occupe bien de lui. Un autre de nos pupilles habite lui aussi à Lviv maintenant. C’est un dalmatien, de race et très joli. Nous l’avons aperçu une nuit, près de la route. On a pensé d’abord qu’il s’était perdu, mais quand on l’a attrapé, nous avons été épouvantés : il avait deux plaies sanguinolentes à la place des yeux. Imaginez-vous, ses maîtres avaient tout simplement abandonné dans la rue ce chien presque aveugle! On l’a opéré, sa vision a été partiellement restituée, mais il avait besoin d’un traitement médical assez délicat. Nous doutions de pouvoir trouver une personne prête à accueillir un animal qui avait besoin de traitements et de soins particuliers, mais on a trouvé ces gens. C’est une famille de personnes déplacées de Crimée qui ont déménagé à Lviv, y ont créé une affaire et ont même acheté une maison…»

Svitlana s’est jointe à la  conversation:

«Ces chiens sont très heureux de trouver une nouvelle maison, ils sont très reconnaisssants aux gens qui les ont sauvés. Une fois j’ai aperçu deux chiots chassés par des corbeaux, nous les avons soignés pendant très longtemps. Un des chiots, appelé Baron, habite maintenant chez nous. Il est déjà grand et beau, avec un pelage chocolat très rare. Quelques années ont déjà passé, mais jusqu’à aujourd’hui, il ne me quitte pas d’une semelle et m’apporte mes pantoufles. Malheureusement, la plupart des animaux qui ont survécu à la douleur et à la trahison ne croient plus aux hommes et ne les laissent jamais s’approcher d’eux ».

Nous sommes sortis dans la cour où on voit courir une dizaine de chiens de taille et de pelage différents.

Un beau chien roux au nez rose et à la longue queue, appelé César, s’approche de nous.

César et sa sœur Albine habitent dans le refuge depuis janvier 2014. Ils ont été jetés, encore petits, dans la rue en plein hiver alors qu’il gelait très fort.

«C’était tard dans la soirée. Petro et moi, nous regardions la télé lorsque nous avons entendu un gémissement. D’abord j’ai pensé que ce bruit venait de la télé, on a baissé le son, mais cela continuait. Alors nous avons compris que c’était la voix d’un animal qui souffrait», raconte Svitlana.  «Il était presque minuit, mais nous avons réussi à les trouver. On a aperçu des chiots vraiment mignons, pris dans la glace par le gel. Nous les avons emportés à la maison, nous les avons déglacés et baignés dans l’eau chaude. Pauvres hères, ils étaient tellement sales que l’eau est devenue complétement brune, et ils avaient plein de puces… La petite Albine était très malade, elle a passé plus d’un mois chez le vétérinaire, on lui faisait des piqûres d’antibiotiques. Les vétérinaires ont même proposé de l’euthanasier, mais j’ai décidé de lutter jusqu’au bout. Maintenant ce sont des chiens superbes et en très bonne santé», dit elle.

Notre excursion continue. «Ce chien blanc et roux s’appelle Elia, elle a un an et demi. Nous l’avons aperçu dans la forêt, âgée peut-être d’un mois. On l’a traitée aussi pendant très longtemps. Et voilà Lada, elle a trois ans. Un jour  nous avons vu des gamins jouer au football, ils l’utilisaient comme ballon. Elle était tout petite. Ce chien blanc s’appelle Snijka, elle était à un doigt de la mort, accidentée sur la route. Elle a été renversée par une voiture. Nous l’avons apportée à la maison, nous l’avons soignée. Puis, quand tout allait bien, on s’est aperçu qu’elle était plus gravement atteinte qu’il n’y paraissait. Des complications graves sont survenues et elle a commencé à perdre la vue. Ses yeux étaient tous blancs, elle ne voyait déjà plus rien… Ce cauchemar a duré quarante jours. Maintenant Snijka est en bonne santé, elle a retrouvé la vue».

Un chien affectueux et confiant court autour de nous. Quand on pose la main sur sa tête, on sent une petite boule sous la peau. C’est un plomb. Quand Assia était petite, on a abattu sa mère. On a aussi tiré sur les chiots, mais ces derniers ont réussi à se cacher. Selon Svitlana, quand ils sont allés chercher les petits, c’est Assia qui leur a montré le lieu où tous les chiots s’étaient cachés.

Ici les chiens ont tout pour être heureux : assez d’espace pour se promener, des amis pour jouer ensemble, des maîtres affectueux et des bols toujours pleins de nourriture.

 «Nous vivons et travaillons pour nos chiens. Je préfère rester le ventre vide, mais donner à manger aux chiens », avoue Petro. «Je suis choqué quand j’entends parler de gens qui fondent des refuges pour animaux et qui en prennent beaucoup chez eux, mais utilisent les dons pour leurs propres besoins, et les chiens ne mangent que des céréales avec des épluchures, des choux et des orties».

Svitlana et Petro supportent l’essentiel des dépenses d’entretien de «Manana». Tout l’argent qu’ils gagnent est dépensé pour l’entretien, les soins des animaux et leur nourriture.

Ironie du sort, la plupart des dons vient de l’est de l’Ukraine. Sergiy, un volontaire de Donetsk, aide le refuge «Manana» beaucoup plus que les gens de la région de Kiev.

«Nous avons placé des annonces appelant à aider notre refuge ou à adopter un chat ou un chien. Mais le plus souvent les gens nous appellent pour demander que l’on prenne leur animal. Récemment un jeune homme m’a appelée pour me demander d’accueillir son rat blanc, parce qu’il n’avait pas le temps de s’occuper de lui. Hier on nous a demandé de prendre six cochons d’Inde. Mais comment pouvons-nous les accueillir alors que nous avons tant de chats et de chiens ? Ce sont des carnivores, ils peuvent les dévorer. Les cochons d’Inde seraient obligés de vivre toujours enfermés et dans l’angoisse».

En ce qui concerne les chats, nous n’en avons vu aucun dans la cour – leur royaume est la maison et la terrasse avec vue sur le lac.

Quand on se met à table pour une tasse de thé, ils se promènent tout près, mais ils ne s’approchent pas des inconnus. Rien d’étrange : chacun a une histoire triste semblable à celle des chiens.

Par exemple, Khoma, un chat laineux, grand et beau, a été trouvé complétement chauve près du marché local. Il est difficile d’imaginer ce qu’on lui a fait subir auparavant, mais même maintenant, plusieurs années après, il se méfie des gens et n’aime pas sortir de la maison.

Vasya, grand chat laineux s’est comporté de la même manière que Khoma.

Svitlana l’a trouvé en hiver il y a trois ans.

«Je roulais en voiture le long de la route. Tout à coup, j’ai vu une voiture s’arrêter. Un homme est sorti en portant un petit chaton par la peau du cou. J’avais une sorte de mauvais pressentiment, alors j’ai levé le pied. A ce moment-là, d’un coup de pied il a poussé le chaton dans une congère. J’ai couru vers ce pauvre hère avant qu’il ne s’enfuie et l’ai attrapé. Je ne sais pas ce qu’il faisait avec lui avant de le jeter dans la neige, mais toute l’année suivante il n’est jamais sorti de sa chambre et n’a laissé personne l’approcher».

Tandis que Svitlana raconte cette histoire, une petite chatte grise s’approche de nous. Elle n’a pas peur et nous permet même de la caresser. Selon Petro, Simba est la plus active et la plus belliqueuse de tous les chats qui habitent chez eux, malgré qu’elle soit la plus petite.

«Ce qu’elle déteste le plus, c’est quand on parle fort. Si elle entend une voix forte, elle attaque celui qui parle en lui donnant des coups de patte sur la bouche».

Pendant huit années, depuis la fondation du refuge, Svitlana et Petro ont sauvé des centaines de chats et de chiens de la mort et d’un triste destin.

La plupart des animaux qui se sont retrouvés une fois dans le refuge «Manana» préfèrent y rester pour toujours. Mais ce n’est pas parce que personne ne veut les prendre – il arrive souvent qu’ils ne veulent pas vivre ailleurs. «Vous savez, il y a eu de nombreux cas où les gens ont pris un chien et puis nous ont appelé en disant que l‘animal avait un comportement étrange – il déchirait tout autour de lui ou, au contraire, restait dans son coin sans bouger. Alors je suis venue et j’ai compris que ce chien s’ennuyait de nous. Quand on l’a repris à «Manana », il est redevenu comme avant», raconte Svitlana.

La page Facebook et les coordonnées bancaires :

https://www.facebook.com/manana.kiev?fref=ts

Compte bancaire de Privat Banque 5168 7553 9530 9871, Сивура Л.П, “Приватбанк” (en hryvnia),

Compte bancaire de Privat Banque 5168 7572 6332 2549, Сивура Л.П., “Приватбанк” (en dollar).

WebMoney:
Z309290275076 WMZ-porte-monnaie (USD)
E330129330116 WME-porte-monnaie (EUR)
U275883271115 WMU-porte-monnaie (UAH)
R195775936526 (WMR – rouble russe)
K325743101687 (WMK -Tenge kazakh)

Svitlana:
+38 (098) 507-05-05
+38 (050) 658-02-05

Olena Gorkova

L’article original en ukrainien est disponible sur Ukraїnska Pravda