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La poursuite pénale contre moi est une persécution arbitraire en raison de ma position sur la corruption dans le Bureau du Procureur Général – Vitaliy Kasko

Полювання на екс-заступника Генпрокурора Віталія Каська. УКМЦ-11-04-16

Kiev le 11 avril  2016. Hier, le 10 avril, tard le soir, quelques personnes ont essayé de présenter des «documents sur suspicion» à Vitaliy Kasko, ancien adjoint du Procureur Général, juste à la sortie du Théâtre Ivan Franko à Kiev. Ces gens ont refusé de montrer leurs papiers à M.Kasko et n’ont décliné leur identité qu’à à la demande du groupe d’enquête spéciale qui est arrivé sur place plus tard. Ces inconnus ont également endommagé la voiture de M. Kasko. Sur place, des individus costauds en tenue de sport filmaient tout ce qui se passait sur leurs portables. «C’est un exemple classique de la manière dont  les normes de la procédure pénale peuvent être violées à chaque pas. Ils ont prétendu avoir énoncé le motif de suspicion, mais en fait ils ne l’avaient pas fait. Conformément à la législation, ces personnes n’avaient pas autorité pour énoncer un motif de suspicion à un avocat. Ils m’ont attendu tard le soir, et de la peinture a été déversée sur ma voiture. Jusque là, je n’avais reçu aucune convocation  pour me présenter au Bureau du Procureur Général», a déclaré Vitaliy Kasko lors d’une conférence de presse à l’Ukraine Crisis Media Center. Kasko a rappelé que le jour de sa démission il a annoncé son intention de continuer à travailler comme avocat et que cela était connu au Bureau du Procureur Général. «J’ai été pris en filature malgré que je ne fasse l’objet d’aucune procédure dans aucune poursuite pénale. C’est une violation grave des droits constitutionnels de l’homme et des droits de l’avocat», a souligné l’ancien adjoint du Procureur Général.

Selon Yevgen Grouchovets, l’avocat de M. Kasko, les inconnus près du théâtre «ont crié qu’il devait se présenter à une l’audition ce matin à 11 heures» et ont laissé cette note – les «documents» confirmant leurs propos- sur le pare-brise de sa voiture. Selon lui, il n’est pas exclu qu’une perquisition ait lieu à son domicile ou à celui de ses proches. A son avis, cette pression a pour but de le provoquer et de le pousser à des actions répréhensibles. M. Kasko a souligné que tous les soupçons énoncés dans les «documents» qui lui ont été présentés étaient injustifiés. Selon certaines informations, ces documents pourraient être publiés en accès libre, ce qui est illégal. «Le seul but de tout cela est de ternir ma réputation. Il s’agit d’une persécution arbitraire en raison de  ma position sur la réforme du Bureau du Procureur Général et pour ce que j’ai dit sur la corruption dans le Bureau et sur certaines personnes  haut placées dans le pays», affirme Vitaliy Kasko.  «A mon avis, les gens qui occupent actuellement des emplois clés dans le Bureau du Procureur Général sont de réels héritiers de la politique de l’ancien Procureur Général Pchonka [qui remplissait cette fonction pendant les évènements de Maidan – commentaire de l’UCMC]. Récemment ils représentaient le camp des partisans de l’ancien Procureur Général Chokine.  Ces gens n’ont peur que d’une seule chose – ils ont peur de changements dans le Bureau du Procureur Général, ils ont peur de devoir partir après la réforme. Ils me considèrent comme un danger parce que j’ai toujours exprimé mon opinion à haute voix», a ajouté M. Kasko.

Cette poursuite pénale a une motivation politique, parce que M. Kasko a désigné parmi les fonctionnaires corrompus le Président ukrainien Porochenko et M. Kononenko, un des leaders du parti politique «Bloc de Petro Porochenko», pense Aleksandre Bantchouk, expert du Centre des réformes politiques et judiciaires. A son avis,  il faut se préparer au fait qu’il sera obligatoire de donner des gages de soumission. «De cette façon, ils veulent tuer toutes les initiatives dans le domaine de la réforme des autorités policières: ils montrent ce qui arrivera à celui qui osera introduire des changements sans autorisation des dirigeants politiques et, de plus, qui osera les critiquer», a souligné M. Bantchouk.