Trois scénarios pour le président Zelensky, Culture

Trois scénarios pour le président Zelensky, Culture
le 22 avril 2019.

Situation dans la zone du conflit

Le 22 avril, la trêve a été violée à 9 reprises. Dans la région de Louhansk, les combattants pro-russes ont déployé des lance-grenades et des armes de chasse à Katerynivka, des armes des chasse à Stanytsia Louhanska, des mortiers de calibre 82mm et des lance-grenades à Novoolexandrivka.
Dans la région de Donetsk, les troupes russes ont tiré avec des lance-grenades, des mitrailleuses lourdes et des armes de chasse aux abords de Pavlopil.


Trois scénarios pour le président Zelensky

Les résultats du sondage national à la sortie des urnes montrent que le showman Volodymyr Zelensky a remporté le second tour de l’élection présidentielle de 2019. Au total, 73,2% des électeurs ukrainiens ont voté pour Volodymyr Zelensky. Le chef de l’Etat actuel, Petro Poroshenko, a obtenu 25,3% du soutien électoral.

La question de ce qui attend le pays intéresse à la fois les Ukrainiens et la communauté internationale. Avec l’aide d’experts, l’édition ukrainienne de «Novoe Vremia» a identifié trois variantes de ce que pourrait devenir le président Volodymyr Zelensky. L’UCMC publie les principales thèses de cette étude avec des coupures mineures.

Le premier et le plus probable des scénarios: «un président faible»

L’essentiel. Volodymyr Zelensky ne pourra pas guider le pays sur son propre chemin et, en fait, continuera à avancer par inertie le long des rails actuels, s’écartant de plus en plus. Pour cette raison, selon le politologue Volodymyr Fesenko, personne ne comprendra le vecteur général du mouvement.

La faiblesse de l’équipe Zelensky se reflètera à tous les niveaux – le sixième président se distinguera par des décisions autonomes concernant les nominations sur les postes clés. Les postes, même importants, seront occupés par n’importe qui, prédit l’analyste politique Vitaly Kulik. Et les flux financiers seront partagés par Igor Kolomoisky, l’homme d’affaires proche de Zelensky.

En politique étrangère, le nouveau président sera incertain. Il ne mettra pas l’accent sur l’adhésion du pays à l’OTAN afin de maintenir son soutien à l’est. Mais il n’osera pas clore les contacts avec l’Alliance.

Les relations avec la Russie ne devraient pas changer. «Le nouveau président a l’intention de mettre en place des stratégies neutres dans leur essence. C’est-à-dire qu’il ne faut pas s’attendre à une rhétorique aussi courageuse que celle de Porochenko. Volodymyr Zelensky évitera de rencontrer le président Vladimir Poutine et le Premier ministre Dmitri Medvedev de toutes les manières possibles », a déclaré Koulik avec confiance.

La politique interne. Dans la politique interne, une faction ou un groupe du parti «le Serviteur du peuple» apparaîtra dans l’assemblée parlementaire actuelle (d’ici l’automne), mais ce groupe comprendra divers «transfuges». Le nombre des députés au sein de cette faction ne sera pas suffisant pour prendre des décisions importantes, mais cela permettra d’exprimer la position du président depuis la tribune du parlement.

Dans l’économie, si rien ne change et que la Maison-Blanche américaine continue de «superviser» le gouvernement officiel de Kyiv, tout restera comme avant. Bien que le programme du FMI soit opérationnel dans le pays, l’économie ne sera pas exposée à de puissants chocs. Peut-être que la croissance déjà modeste se relentira?
En résumé. Dans le scénario du «président faible», le pouvoir d’État passera progressivement de l’élection présidentielle à la république.


 

Scénario pessimiste: «Le chaos»
L’essentiel. Le président nouvellement élu, Volodymyr Zelensky, commencera à mettre en place différentes réformes, mais n’en réussira aucune. «Il en fera un peu de-ci de-là. Ce sera un mouvement chaotique partout et nulle part à la fois et pour un pays qui a besoin de réformes ce sera une agonie douloureuse», a déclaré le politologue Kulik.

En raison de l’absence de succès, le parti «Serviteur du peuple» ne pourrait pas avoir la majorité à la Verkhovna Rada et les véritables leviers du pouvoir passeront à un parlement contrôlé par les opposants de Zelensky.

La politique intérieure. Selon le politologue Petro Olechtchuk, le président Zelensky, victime de son inexpérience, tombera dans le piège des procédures bureaucratiques. Le résultat sera un «marais bureaucratique». Dans l’environnement de Zelensky, la lutte pour l’influence commencera et le gouvernement, tirant parti de la faiblesse du chef de l’État, commencera à tirer la couverture à lui, dans le souci de se préparer aux élections législatives.

«L’impuissance du président créera des désillusions et ses résultats seront modestes aux élections législatives», affirme Olechtchuk. Dans une telle situation, Zelensky peut oublier pouvoir former un gouvernement qui lui soit acquis.

Une majorité anti-présidentielle sera formée à la Rada. Et toute la politique dans le pays sera réduite à la confrontation entre le président et la Rada. De plus, grâce aux lois adoptées en matière de destitution, Zelensky sera au bord de la résiliation anticipée de son pouvoir.

La politique étrangère. Les experts sont convaincus que la probabilité que la Russie commence à agir de manière agressive dans le Donbass reste faible, mais existe quand même. Il n’y a que la pression externe qui pourra arrêter le Kremlin. Mais la crise politique interne dans le pays étant assurée, cela conduira le pays au chaos en matière de gestion.

Plus réaliste, selon Olechtchuk, il existe aussi le «piège de Donetsk». Moscou fera du chantage officiel à Kyiv avec l’escalade du conflit à l’est, proposant de «se réconcilier» à ses conditions.
Finalement, au cours des pourparlers, Poutine réussira à convaincre Zelensky d’introduire une mission de paix contenant des Russes sur les territoires occupés et d’accorder une autonomie aux pseudos Républiques. Cela entraînera une explosion de mécontentement dans la société ukrainienne et conduira à la déstabilisation du pays. Et cette option conduira également à la destitution du président.

L’économie. Si le «groupe Kolomoisky» conditionnel commence vraiment à récupérer le pouvoir, cela détruira l’image positive aux yeux des partenaires étrangers.

Avec un tel résultat, la coopération avec le FMI cessera. Et cela signifie le défaut de paiement. Cette année, le gouvernement a alloué 400 milliards de UAH pour le service de la dette, mais le pic des remboursement des prêts extérieurs viendra en 2020. Sans l’aide du fonds, l’économie du pays ne peut pas faire face à cette charge.

Et, comme le souligne l’analyste, ce scénario reste positif et repose sur l’hypothèse que l’économie mondiale ira bien. Sinon, l’Ukraine sera en plein désastre.

En résumé. Zelensky sera destitué de son poste de chef de l’État. L’économie se dirigera vers le défaut de paiement. La situation dans le pays sera semblable à celle qui a existé pendant quelques semaines après le Maidan, lorsque le pouvoir était aux mains de la majorité dans la Verkhovna Rada, et la stabilité relative n’est apparue qu’avec l’élection d’un nouveau président.


Le scénario positif: «Le serviteur du peuple»
L’essentiel. Les experts n’excluent pas que Volodymyr Zelensky puisse se révéler un réformateur efficace et déterminé.

La politique étrangère. Zelensky parvient à se mettre d’accord avec l’Occident sur un nouveau soutien plus étendu dans la confrontation avec la Russie.

La politique intérieure. Dans un scénario positif, le président nouvellement élu réussit à dissoudre le parlement dans les premières semaines de son séjour rue Bankova.

Zelensky lance un programme de «projets nationaux de lois » et lors d’élections anticipées, avant l’été, il dispose d’une majorité stable à la Rada.

De plus, le nouveau président crée un gouvernement loyal avec des experts étrangers et des personnes crédibles aux États-Unis. Sur la base de la légitimité du président, ces nouveaux dirigeants effectuent un certain nombre de réformes importantes, notamment: sortir l’économie de l’ombre, mettre en route des mesures visant à accroître l’attractivité des investissements.

Kolomoisky et Ko n’obtiennent aucune «préférence» spéciale de la part des autorités et poursuivent de manière indépendante leurs poursuites judiciaires concernant le cas de PrivatBanque.

L’économie. Selon l’économiste Monin, à la suite des premiers succès du président, les investissements pourront arriver dans le pays. Les prix des matières premières vont augmenter. Donc, on pourra s’attendre à une reprise de l’économie d’ici le troisième trimestre de 2019.

«Si le Parlement impose une taxe sur les capitaux retirés à partir de 2020, l’accélération de la croissance économique pourra alors être lancée. Et le travail fructueux de l’équipe de Zelensky sur le front de la lutte contre la corruption va déclencher l’arrivée d’investissements étrangers, gage de prospérité pour les indicateurs économiques», a déclaré l’expert.

Selon Fursa, Zelensky pourrait prendre une décision honnête: créer un Service d’enquêtes financières qui serait un signal positif pour les entreprises. «Ce serait un véritable exploit qui pourrait être qualifié de percée», estime l’expert.

En résumé. Même un scénario positif ne signifie pas que Zelensky bénéficiera d’un soutien important dans la société.

Selon le dernier sondage de l’Institut de sociologie de Kyiv, les principales exigences des personnes interrogées concernant le nouveau président sont les suivantes: 39,1% des Ukrainiens veulent la réduction des tarifs des services publics, 35,5% attendent la levée de l’immunité des députés, des juges, du président, 32,4% optent pour commencer ou accélérer les enquêtes sur les crimes de corruption les plus flagrants. En même temps, Zelensky, en tant que président, sera en mesure de remplir la deuxième condition et partiellement la troisième. La première est au-delà de ses capacités.

Par conséquent, le showman, devenu chef d’Etat, devra travailler d’arrache-pied pour conserver la présidence pendant la totalité des cinq années du mandat. Zelensky se concentrera sur la communication avec la population. «Ce sera sa politique: des émissions en direct sur les réseaux sociaux, des conversations franches, estiment le politologue Fesenko. «Ce sera important pour lui de faire condamner les coupables dans les crimes qui ont fait du bruit et de confirmer la croissance du niveau de vie pour rester à flot».

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