Le projet de loi sur les sanctions contre la Russie porté par Lindsey Graham a été assoupli après des négociations avec la Maison-Blanche — Reuters.
Soumy, Odesa et la région de Dnipropetrovsk sous le feu des attaques : au moins huit morts.
L’Ukraine et l’Union européenne ont conclu un «Drone Deal», annonce von der Leyen.
Soumy, Odesa et la région de Dnipropetrovsk sous le feu des attaques: au moins huit morts
Les forces russes ont largué six bombes aériennes guidées (KAB) sur la ville de Soumy. L’attaque a fait trois morts et 17 blessés, dont un adolescent de 16 ans.
Selon les informations actualisées, deux des victimes sont un homme et une femme. Une troisième personne a subi des blessures si graves que son identité et son sexe n’ont pas encore pu être établis. Les autorités poursuivent le processus d’identification.
Le nombre de blessés est monté à 17. Parmi eux figure un garçon de 16 ans. Lui ainsi que deux autres blessés graves ont été opérés en urgence.
Par ailleurs, les forces russes ont attaqué Odesa, où trois personnes ont été tuées.
Le chef de l’administration militaire de la ville d’Odesa, Serhiy Lysak, a indiqué que plusieurs immeubles d’habitation avaient été endommagés. De son côté, le gouverneur de la région d’Odesa, Oleh Kiper, a précisé que la région subissait une cinquième nuit consécutive d’attaques massives combinant missiles et drones.
Enfin, des attaques russes contre les régions de Dnipropetrovsk et de Zaporijjia ont coûté la vie à deux chauffeurs de poids lourds. Quatre autres personnes ont été blessées, dont un garçon de 13 ans.
Selon le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk, Oleksandr Hanja, un chauffeur routier de 62 ans a été tué lors d’une frappe russe sur une route de la communauté de Sofiïvka.
Dans la communauté de Hleïouvaté, un garçon de 13 ans et une femme de 69 ans ont été blessés. Ils ont reçu les soins médicaux nécessaires.
Dans la région de Zaporijjia, un drone russe de type FPV a frappé un camion près de Kalynivka, tuant son conducteur.
Les forces russes ont également lancé des drones d’attaque contre Zaporijjia et Vilniansk. Deux femmes ont été blessées et sont prises en charge par les services médicaux.
L’Ukraine et l’Union européenne ont conclu un « Drone Deal », annonce von der Leyen
L’Ukraine et l’Union européenne ont conclu un accord de coopération dans le domaine de l’industrie de défense, baptisé Drone Deal. L’annonce a été faite le 15 juillet par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors des célébrations de la Journée de l’État ukrainien, rapporte Ukrinform.
«L’Ukraine est, à bien des égards, passée du statut d’acheteur à celui de fournisseur de sécurité pour l’Europe. Cela exige également une nouvelle manière de coopérer. C’est pourquoi je suis heureuse, Volodymyr, de lancer avec vous un nouveau partenariat entre l’Union européenne et l’Ukraine dans le domaine de l’industrie de défense. Ce que nous signons aujourd’hui, c’est notre propre Drone Deal», a déclaré la présidente de la Commission européenne.
Elle a souligné que l’Ukraine avait acquis une expérience de combat unique, notamment dans l’utilisation des drones et des technologies de lutte antidrones. Selon Ursula von der Leyen, l’Union européenne et l’Ukraine doivent mettre en commun ces compétences afin de répondre aux défis sécuritaires auxquels l’Europe est confrontée.
«Nous disposons de sites de production sûrs et fiables qui peuvent contribuer à accroître les capacités de fabrication», a-t-elle expliqué.
La présidente de la Commission européenne a ajouté que cet accord enverrait «un signal clair indiquant que le moment est venu d’investir en Ukraine et dans notre sécurité commune».
Le 1er juillet, le gouvernement ukrainien a approuvé le premier mécanisme transparent d’exportation contrôlée des armements et des technologies de défense ukrainiens vers les pays partenaires.
La Première ministre de l’époque, Ioulia Svyrydenko, et le ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, avaient précisé que ce nouveau dispositif serait mis en œuvre pendant la durée de la loi martiale dans le cadre du format Drone Deal.
Le 2 juillet, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Roustem Oumerov, a annoncé que six accords avaient déjà été signés dans ce cadre. Plus de vingt autres pays travaillent actuellement à rejoindre cette initiative.
Selon The Guardian, l’Ukraine espère conclure d’ici la fin de l’année d’importants accords de coopération en matière de défense avec au moins sept pays de l’OTAN, illustrant sa volonté de devenir non seulement bénéficiaire, mais aussi fournisseur d’équipements militaires et d’expertise.
Le projet de loi sur les sanctions contre la Russie porté par Lindsey Graham a été assoupli à l’issue de négociations avec la Maison-Blanche, rapporte Reuters
Le 14 juillet, des sénateurs américains ont présenté une version révisée du projet de loi sur les sanctions contre la Russie, porté à l’origine par le défunt sénateur Lindsey Graham. Cette nouvelle version atténue la menace de droits de douane visant la Chine, l’Inde et d’autres grands importateurs de pétrole et de gaz russes, qui figurait dans le texte initial, rapporte Reuters.
Le projet de loi prévoit d’imposer des sanctions contre des responsables russes et d’utiliser des droits de douane pour faire pression sur la Chine et l’Inde afin qu’elles réduisent leur dépendance aux hydrocarbures russes.
Par rapport à la version initiale, présentée en avril 2025 par Lindsey Graham et le sénateur démocrate Richard Blumenthal, les droits de douane proposés pour les pays achetant du pétrole et du gaz naturel russes sont ramenés de 500 % à 100 %. Le texte prévoit également une exemption pour les pays qui importent moins de 15% des exportations russes de gaz naturel et qui prennent des mesures significatives pour réduire cette dépendance. Le Japon, la France, la Hongrie et la Belgique pourraient ainsi échapper à ces sanctions.
«Selon des sources proches du dossier, ce projet de loi constitue un compromis soutenu par les républicains, les démocrates et la Maison-Blanche», écrit The Wall Street Journal.
Des collaborateurs de sénateurs ont indiqué que les cinq principaux acheteurs de pétrole russe sont la Chine, l’Inde, la Slovaquie, la Hongrie et l’Azerbaïdjan, tandis que les principaux importateurs de gaz naturel russe sont la Chine, la France, le Japon, la Hongrie et la Belgique.
Le projet de loi prévoit également des sanctions contre la flotte fantôme de pétroliers russes, les institutions financières russes, y compris la Banque centrale de Russie, ainsi que les principaux projets énergétiques publics du pays, notamment Yamal LNG et Arctic LNG 1, 2 et 3.
La nouvelle version du texte permettrait au président Donald Trump de lever les sanctions s’il estime que cela est conforme aux intérêts nationaux des États-Unis, selon Reuters.
«C’est le seul projet de loi qui bénéficie actuellement d’un large soutien et probablement le seul qui ira jusqu’au bout et exercera sur la Russie la pression que nous souhaitons tous», a déclaré, sous couvert d’anonymat, un collaborateur d’un sénateur. Selon lui, les négociations avec Donald Trump sur ce texte ont duré plusieurs mois.
Le 14 juillet, Donald Trump a déclaré à des journalistes à la Maison-Blanche que des sanctions contre l’Iran et le Hezbollah pourraient être ajoutées au projet de loi. Le sénateur Richard Blumenthal a toutefois estimé qu’il ne fallait pas élargir le texte :
«Nous devons faire avancer ce projet de loi, et non l’ouvrir, à mon avis, à d’autres cibles potentielles».
Selon The Wall Street Journal, qui cite des analystes, l’adoption de cette loi marquerait la première fois que le Congrès américain autoriserait l’utilisation des droits de douane comme instrument géopolitique.
Certains analystes interrogés par le journal craignent toutefois que Donald Trump n’utilise pas les vastes pouvoirs prévus par le texte de la manière envisagée par le Sénat. L’ancien haut responsable américain chargé des sanctions, Edward Fishman, estime que Trump pourrait s’en servir pour mener des guerres commerciales «contre ses alliés comme contre ses adversaires».
«Je pense que la Maison-Blanche a fini par soutenir ce projet de loi parce qu’elle a compris qu’il offrirait à Trump une marge de manœuvre beaucoup plus importante en matière de droits de douane », a déclaré Fishman.
