La réunion à Minsk, «Printemps sur granite», COVID-19

La réunion à Minsk, «Printemps sur granite», COVID-19
le 23 mars 2020.

Donbass: La situation dans la zone du conflit

Les troupes armées russes continuent de violer la trêve dans la zone de conflit à l’est de l’Ukraine. L’ennemi a tiré sur les troupes ukrainiennes avec des mortiers de calibre 82mm, interdits par les Accords de Minsk, il a été également fait usage de missiles antitanks, de lance-grenades, de mitrailleuses lourdes et d’armes de petit calibre.

Le 17 et le 18 mars, l’ennemi a tiré à deux reprises sur la zone du retrait des armes №3 Bohdanivka-Petrivka, en déployant des lance-grenades et des armes de petit calibre. Les forces ukrainiennes n’ont pas riposté, respectant strictement le cessez-le-feu.


La réunion à Minsk du 25 mars aura lieu à distance en raison de l’épidémie

La prochaine réunion du Groupe des contacts tripartite pour le règlement pacifique de la situation dans le Donbass était fixée pour le 25 mars. Les parties ont prévu de signer un accord sur la création d’un Conseil consultatif avec la participation de représentants des régions occupées des régions de Donetsk et de Lougansk.

Un accord sur la création d’un conseil consultatif a été conclu le 11 mars à Minsk par Andriy Yermak, chef de l’Office présidentiel d’Ukraine, et le vice-président de l’administration présidentielle de la Russie Dmitry Kozak. Cette décision a provoqué une vague de critiques à Kyiv, elle a en effet été interprétée comme le début de négociations directes avec les autorités d’occupation dans les zones non contrôlées par le gouvernement ukrainien.

Les négociations prévues pour le 25 mars se dérouleront par visioconférence en raison de la pandémie de coronavirus. Cette information a été communiquée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Biélorussie, Anatoly Glaz. Il y a lieu de croire qu’aucun document ne sera signé au cours de cette réunion.


«Printemps sur granite»: une manifestation est en cours depuis 10 jours, face au bureau présidentiel

Alors que tout le pays est placé en quarantaine, une action de protestation contre les résultats de la dernière rencontre à Minsk, en particulier contre la création d’un conseil consultatif, continue devant l’Office du président.

L’action a rassemblé des vétérans de la guerre russo-ukrainienne, des bénévoles, des volontaires, des militants et des activistes.

L’initiatrice de l’action est Yaryna Chornoguz, médecin ukrainienne, volontaire du bataillon des Hospitaliers. Yaryna est diplômée en philologie et élève une petite fille. La jeune femme a passé beaucoup de temps sur la ligne de front et a perdu son amant il y a deux mois, abattu par un tireur d’élite.

Les participants à l’action ont surnommé leur rassemblement de protestation permanent « Printemps sur granit ». Le nom de l’action la relie à la mémoire de la « Révolution du granit » de 1990, lorsque les étudiants ont réussi à changer le système d’État du pays, à obtenir les démissions de hauts dignitaires et l’indépendance de l’Ukraine. Les activistes communiquent beaucoup sur les réseaux sociaux

Les manifestants se rassemblent nuit et jour devant le bureau du président, tout en respectant les normes sanitaires de la quarantaine et sans appeler à des manifestations de masse.
Contre le retrait des troupes. Les participants au rassemblement s’opposent activement à la politique de retrait des troupes ukrainiennes.

«Pour nous, la terre sur laquelle Zelensky organise le retrait l’armée ukrainienne n’est pas qu’une parcelle de territoire. C’est la terre où nos frères, amis, proches ont été tués. Ces morts ne sont pas pour nous une simple donnée dans un bulletin d’information, mais des vies perdues, pour toujours. Notre ennemi, la Russie, doit en payer le prix », lit-on dans le manifeste.

Contre la création du Conseil consultatif. En outre, le manifeste énonce une position claire sur l’accord visant à créer un conseil consultatif à Minsk le 11 mars 2020, qui ouvre effectivement un dialogue direct avec les autorités d’occupation des pseudos Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk et reconnaît le pays occupant, la Russie, comme un «observateur du processus de paix». «Nous considérons ceci comme un point de non-retour, une véritable voie vers la perte de souveraineté de l’Ukraine», affirment les auteurs du manifeste.

“Se battre pour son pays est un art”. “Volodymyr Zelenskyi doit arrêter cette politique d’apaisement de la Russie qui n’est autre qu’une politique pro-russe, attisant cette guerre hybride contre l’Ukraine menée une marionnette. C’est une politique naïve de “pacification”, répondant aux exigences de l’ennemi (…). Se battre pour son pays est un art que le président Zelenskyi ne possède pas”.

Une manifestation purement pacifique. «Nous sommes convaincus que les balles et les armes sont bonnes pour le front, dans la capitale la contestation ne peut être que pacifique. Chacun de nous protestera ici, indéfiniment, nous sommes unis par l’idée d’une Ukraine démocratique indépendante, capable de se battre de manière autonome, de se défendre. Nous pensons qu’en dépit des efforts des médias pro-russes pour nous diviser, nous sommes en mesure de nous unir autour d’une manifestation pacifique pour que Volodymyr Zelensky change de cap concernant la Russie ou quitte ses fonctions».

Exigences des manifestants. Parmi les revendications des manifestants on retrouve le retrait de la signature du chef de l’Office du président Andriy Yermak en vertu des accords portant création du Conseil consultatif, ainsi que la démission d’Andriy Yermak du poste de chef de l’Office du président et l’ouverture d’une poursuite pénale à son encontre en vertu de l’article 111 du code pénal de l’Ukraine au motif de la «Trahison» pour avoir signé le document susmentionné lors d’une réunion du Groupe de contact tripartite à Minsk le 11 mars 2020. La suspension du retrait des troupes ukrainiennes est également réclamée, tout comme la révocation du ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, la cessation de la répression contre les volontaires (en particulier, Andriy Antonenko, Yulia Kuzmenko et Yana Dugar, qui sont en garde à vue pour l’accusation du meurtre du journaliste Pavel Cheremet).


Comment l’Ukraine lutte-t-elle contre le COVID-19?
Actuellement, 99 cas de coronavirus ont été officiellement enregistrés en Ukraine, dont 3 décès.

La quarantaine dans le pays continue: toutes les écoles sont fermées, les réunions de masse sont interdites, les aéroports, les gares et les gares routiers sont fermés, les transports en commun suspendus, les frontières sont fermées pour les étrangers. Les autorités locales de Kyiv et d’autres grandes villes ont fermé tous les établissements publics, à l’exception des supermarchés, des pharmacies et des hôpitaux.

Dans le même temps, le pays n’a pas encore effectué de tests de coronavirus de masse : des tests en provenance de Chine sont attendus. Le 23 mars, 50 000 systèmes de test de réaction en chaîne par polymérase (PCR) et 150 000 kits de test rapide de coronavirus ont été livrés par avion militaire en provenance de Chine et expédiés au Centre de la Santé publique.

Les tests obtenus seront distribués aujourd’hui dans toutes les régions du pays. Les régions recevront des tests proportionnellement au nombre de personnes qui habitent dans chaque région. Chaque région recevra entre 18 et 50 kits de tests. En théorie, un kit de tests est conçu pour 100, en pratique, il suffira pour tester au moins 70 personnes.

Pour plus d’informations sur la propagation du coronavirus en Ukraine, suivez la chroniqued’UkraineWorld constamment mise à jour.

Partager sur les réseaux sociaux

Twitter